En que que riche, l'homme d'État fut sévèrement imposé. Il finança notamment les pièces d'Eschyle. © leemage
« Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? » s'interrogeait l'historien Paul Veyne. « Les Grecs anciens payaient-ils des impôts ? » peut s'interroger le contemporain troublé par le prélèvement à la source. La réponse est oui. Ras-le-bol des taxes et des procès, fait même dire en 414 avant J.-C. le grand dramaturge comique Aristophane aux protagonistes de ses « Oiseaux », qui « foutent le camp loin de la ville » en quête d'« un endroit pour y passer tranquillement » leur vie. À Athènes, en effet, on taxe. Sur les transactions, notamment. Mais attention, pas d'impôt direct régulier payé par les citoyens : il est acquitté par les métèques, c'est le « metoikion » (μετοίκιον). Rappelons d'ailleurs, en passant, que « métèque » n'est pas un terme péjoratif : signifiant étymologiquement « qui vit avec », il désigne les étrangers résidant dans la Cité.
En cas d'événement exceptionnel, cependant - une guerre, par exemple -, un impôt direct était levé, on l'appelle l'« eisphora » (εiσφορά). Il est fondé sur le capital. Aux très riches revenait aussi la prise en charge de la « liturgie ». Rien de proprement religieux : λειτουργία, c'est littéralement ce qui est « accompli pour le...