Calendes grecques (kalanta), les chants des fêtes

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Νικηφόρος Λύτρας, Ο τυμπανιστής, 1872
Νικηφόρος Λύτρας, Ο τυμπανιστής, 1872

Les calendes (nf, en grec κάλαντα [kàlanta], du latin Calendae qui signifie début du mois) sont des chants qui annoncent un évènement religieux. Les calendes sont en général chantées par les enfants, qui passent de maison en maison souhaiter la bonne fête et attendent en retour une petite récompense. La plupart des kalanta concernent la période allant de la veille de Noël à l'Épiphanie, mais pas seulement. Les calendes annoncent ainsi la naissance de Jésus, l'arrivée de Saint Basile (personnage dont les attributs sont proches de ceux du Père Noël, mais qui est un vrai Saint), de la Bonne Année et de l'Épiphanie ou encore la résurrection de St Lazare.

Leurs origines remontent à l'antiquité grecque avec la coutume de ειρεσιώνης (branches d'olivier ou de laurier attachées avec de la laine). Homère écrit sur les enfants qui allaient de maison en maison au moment des "numénies", le jour de la nouvelle lune, et chantaient pour annoncer l'arrivée du printemps et souhaiter la bonne récolte. Aujourd’hui encore, les calendes se terminent par la même phrase : Σ' αυτό το σπίτι πού ήρθαμε του πλουσιονοικοκύρη... Dans cette maison où nous sommes venus, du maître prospère... et ils continuent avec leurs voeux de paix, de santé, de joie, de richesse, etc.

L'insolence, aussi, des enfants est restée la même qu'aux temps d'Homère : "Ει μεν τι δώσεις ει δε μη, ουχ εστήξομεν ου γαρ συνοικήσοντες ενθάδ' ήλθομεν" Que tu nous donnes quelque chose ou pas, nous n'allons pas nous éterniser, parce que nous ne sommes pas venus cohabiter ici, chantaient-ils, si le maître de la maison tardait à faire son apparition et à récompenser les enfants avec quelques fruits secs ou un peu de miel. La version contemporaine finit par un premier avertissement à la maîtresse de la maison: "Αντε θεία κρύωσα μες το φούρνο τρύπωσα" Allez ma tante j'ai froid et j'entre dans ton fourneau ; puis, si le temps se fait trop long : "Σ' αυτό το σπίτι πού ήρθαμε γεμάτο καλιακούδια, τα μισά γεννούν, τα μισά κλωτσούν, τα μισά σε βγάζουν τα μάτια" Dans cette maison où nous sommes venus, pleine de lutins; qui pour moitié engendrent, pour moitié donnent des coups de pieds et pour l'autre moitié te crèvent les yeux !, chantent-on toujours dans les villages de Thessalie.

A l'arrivée du christianisme, ces chants païens ont été interdits par l'église comme idolâtres. Mais, malgré l'hostilité des Pères de l'église, les calendes ont fini par s'incorporer dans la tradition populaire et par faire bon ménage avec la tradition chrétienne. C'est ainsi qu'elles se sont perpétuées quasiment intactes dans leur forme jusqu'à nos jours. Avec la monétarisation du troc dans les campagnes, les dons en noix, amandes et autres friandises, ont laissé la place à des pièces d'argent. C'est désormais le mode de vie urbain qui constitue la principale cause de raréfaction de ces chants.

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