Le mot “fava” désigne à la fois le pois cassé cultivé sur l’île grecque et la tartinade dont il est l’ingrédient principal. Le journal espagnol “El País” nous emmène dans les Cyclades.
Quelques précisions avant de commencer. Ne croyez pas que je me sois trompé en écrivant fava avec un v. Il ne s'agit pas d'une variété exotique de la très connue faba des Asturies, ce haricot sec de l'espèce phaseolus vulgaris qui a le statut d'indication géographique protégée (IGP). La fava dont je vous parle est une sorte de pois provenant de la lathyrus clymenum, une plante qui pousse à près de 3 000 kilomètres de l'Espagne. Plus précisément sur l'île volcanique grecque de Santorin, dans la mer Égée, où l'UE lui a octroyé la protection de l'AOP (appellation d'origine protégée). Pour finir de vous convaincre qu'il s'agit de deux choses bien différentes, il suffit de jeter un œil à la forme et à la couleur de la fava. Elle n'est pas blanche comme la faba des Asturies et n'a rien à voir avec un petit pois, puisqu'elle est jaune et en forme de disque, et ressemble donc davantage à une lentille.
La fava, qui pour nous est un ingrédient presque inconnu, a pourtant une histoire millénaire. Certains assurent qu'elle est déjà mentionnée dans une tragédie perdue d'Eschyle, le célèbre dramaturge qui vivait…