Papandréou : Nous sommes les représentants des citoyens, non des ministères

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C'est avec cette étonnante phrase, à la fois déni de la fonction ministérielle et confusion avec celle de la députation, que le premier ministre, Georges Papandréou, a présidé vendredi la première réunion du nouveau Conseil des ministres à Thessalonique, et non pas à Athènes en raison de l'inauguration de la Foire internationale de Thessalonique (FIT), un déplacement massif et couteaux qui n'a pas manqué d'être épinglé par les médias et la population en cette période de austérité extrême imposée aux simples citoyens pour résorber les déficits d'un Etat coûteux.

M. Papandréou a souhaité marquer la différence de ton avec les années précédentes et soulignant que la présence du gouvernement ne sera pas simplement pure formalité - une annonce de promesses et d'engagements comme par le passé -, mais le signe du travail et des efforts pour sortir de la crise et changer la Grèce. Mais la réalité est que le premier ministre n'avait d'autres promesses à annoncer qu'une nouvelle charge d'impôts et taxes à venir cet hiver.

"Nous sommes venus ici pour travailler et si quelqu'un ne le comprend pas, il ne comprend pas l'effort laborieux pour sortir le pays de la crise", a dit M. Papandréou dans son allocution au Conseil des ministres, alors que se référant au remaniement ministériel de cette semaine, le chef du gouvernement a noté que la nouvelle équipe aura à régler des problèmes et supprimer des obstacles, allant de la correction insuffisante de l'administration publique jusqu'à des solutions sur des questions exigeant une coordination interministérielle.

M. Papandréou s'est adressé aux ministres pour leur rappeler qu'ils doivent aller au-delà des questions internes des ministères, se tourner en fait vers les citoyens. "Nous sommes, a-t-il affirmé, les représentants des citoyens et non de nos ministères. Notre force, ce sont les forces créatrices et saines du pays. Il faut mettre fin à toutes les pratiques du passé dans tout ce qu'elles nous ont blessés".

En dernier, le premier ministre a rappelé que Thessalonique et la FIT étaient devenus le tremplin traditionnel des grandes déclarations sur des travaux qui ne se matérialisaient jamais, soulignant que "les habitants de Thessalonique se sont fatigués de belles paroles et de projets non réalisés".

L'allocution du premier ministre lors de l'inauguration officielle de la FIT samedi soir permettra en tout cas aux Thessaloniciens de donner une autre réponse, puisque les manifestations de protestation s'annoncent massives. Les divers défilés partiront en ordre dispersé vers 18h00 pour converger à 20h00 - heure du début du discours de M. Papandréou - place Hanth (Χανθ).

L'opposition n'a pas manqué l'occasion d'ironiser sur la légèreté de M. Papandréou.

Le porte-parole de la Nouvelle Démocratie (ND), Panos Panagiotopoulos, en commentaire des déclarations du premier ministre en réunion du Conseil des ministres, s'est demandé si le chef du gouvernement "a conscience qu'il est hors de la réalité ou s'il cherche à provoquer l'opinion publique".

i-GR/ANA-MPA

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