La Grèce dément à demi-mot négocier avec la Chine le rachat de sa dette

papandreou provopoul

Le ministère grec des Finances a démenti mercredi les rumeurs parties de la publication du Financial Times à propos d'une proposition chinoise d'entrée dans le capital de la Banque Nationale de Grèce (BNG) et de la négociation d'un paquet de 25 milliards d'euros d'obligations de l'Etat grec.

Le ministère rappelle le succès du placement des obligations à cinq ans, la veille, sur les marchés internationaux, mais reconnaît, néanmoins, chercher à diversifier les sources de financement de la dette de la Grèce.

"Dans le cadre de l'emprunt du pays, il y a une recherche de diversification des sources", indique le communiqué du ministère, confirmant ce que le ministre des Finances, avait annoncé la semaine dernière (iNFO-GRECE, 22/01/2009), à savoir un road show en février dans les pays asiatiques et aux Etats-Unis concernant éventuellement des émissions de dettes de la Grèce libellées en devises étrangères et non plus en euros.

Or, des nombreux observateurs estiment que la Grèce est de fait sortie de l'Euro, étant donné que les taux servis pour réussir le placement obligataire la veille était du même niveau qu'avant l'entrée du pays dans la zone Euro, alors que toute intervention de soutien de ses partenaires européens ou de la Banque Centrale Européenne est exclue.

Cependant, le communiqué du ministère grec des Finances prend soin de souligner que aucune mission de négociation n'avait été confiée à Goldman Sachs et que pour l'instant aucune négociation n'est engagée ni sur la dette, ni sur une entrée d'une banque chinoise comme actionnaire stratégique de la BNG, ni sur une session de bien publics grecs. Pour le ministère grec il y a eu méprise sur les déclarations de M. Papaconstantinou.

Le matin le Financial Times rapportait les efforts d'Athènes de convaincre Pékin pour l'achat d'obligations à hauteur de 25 milliards d'Euro. La banque américaine Goldman Sachs négocierait, pour le compte du gouvernement grec, avec la State Administration of Foreign Exchange (SAFE), qui gère les dépôts en change de la Chine, selon le journal.

Des informations similaires étaient publiées dans la presse chinoise, selon laquelle les négociations n'auraient pas abouti parce qu'Athènes aurait rejeté la proposition de Goldman Sachs de vendre une part de la Banque Nationale de Grèce à la Banque de Chine. Ces informations ont été démenties tant par la SAFE que par la BNG.

En d'autre temps, un intérêt chinois pour les banques grecques aurait fait s'envoler leur prix, mais dans l'état actuel, les marchés craignent une braderie qui rajouterait sur les doutes quant à leur situation financière de la Grèce. Résultat la Bourse d'Athènes a plongé de 3,89% (indice général), l'indice des grandes capitalisations cédant 4,68% et les bancaires 5,89%. L'actualité grecque a pesé également sur les marchés internationaux : à Paris le Cac 40 a reculé de 1,24, le Footsie à Londres de 1,13% et le Dax à Francfort de 0,45%.

La Chine montre un vif intérêt pour des investissements en Grèce ces dernières années. Les deux pays se sont rapprochés à l'occasion des JO d'Athènes et de Pékin. En novembre 2008, lors d'une visite du président chinois à Athènes, la Grèce a signé la cession de l'exploitation et de la gestion du port du Pirée au groupe chinois Cisco Pacific pour une durée de 35 ans. La Chine n'a pas caché son intérêt d'obtenir aussi l'exploitation du deuxième port grec, Salonique.

i-GR/ANA-MPA

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