La Grèce veut rattraper son retard numérique avec "la fibre optique à la maison"

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Le ministre des Transports et Communications, Evripidis Stylianidis, a présenté mercredi le projet de loi concernant "La fibre optique à la maison", qui constituera l'outil fondamental devant conduire la Grèce de la position de lanterne rouge à l'avant-plan des nouvelles technologies au niveau européen.

"Nous sommes le premier pays en Europe, le premier Etat membre de l'UE qui développe un système de cette sorte sur l'ensemble du territoire national", a affirmé le ministre.

Le budget de cet ouvrage avoisine 2,1 milliards € - dont 700 millions de participation nationale sur 7 ans - et l'objectif est de progresser selon le modèle des partenariats entre secteurs public et privé, a précisé M. Stylianidis, soulignant que cette initiative du ministère conduit à un bond numérique et constitue une infrastructure de pointe pour les 30 prochaines années.

M. Stylianidis a encore précisé que deux millions de familles et entreprises grecques dans 54 villes du pays sur l'ensemble des 186 départements sont réunies par un cable de fibre optique, créant ainsi de nouvelles voies numériques de l'information en augmentant de façon spectaculaire la rapidité de transfert des données, en réduisant les coûts et en améliorant la qualité et la crédibilité par rapport aux infrastructures existantes.

Il est vrai que la Grèce est plus proche des performances enregistrées par les nouveaux pays de l'Union que par les membres historiques. En 2008, avec 88% de la population ayant accès à l'ADSL, elle partage la 22e position avec la Lettonie et se situe tout juste devant la Slovaquie, quand 20 pays affichent une couverture ADSL supérieure à 90%, la France, le Danemark et le Luxembourg ayant eux accompli une couverture à 100% ! Et encore, en zonez rurales, l'accessibilité ADSL en Grèce tombe à 55%, quand 17 pays ont atteint un niveau supérieur à 80%. Quant aux ménages, seuls 22% sont réellement connectés avec une liaison à large bande, plongeant la Grèce à la 25e position juste devant la Bulgarie (21%) et la Roumanie (13%). La situation n'est guère meilleure du côté des entreprises où seules 71% (22e position sur les 27 membres) disposent d'une connexion à large bande, alors que 16 pays affichent un score supérieur à 80%.

En conséquence, la Grèce se trouve en avant dernière position (33%), juste devant le Roumanie (26%), dans le pourcentage de la population utilisant régulièrement Internet (au moins une fois par semaine). 18 pays affichent des niveaux supérieurs à 50%. Quant aux Grecs utilisant les services d'eGovernement (remplissage de formulaires administratifs en ligne), ils ne sont que 4% (devant les Bulgares et les Roumains), alors que 15 pays affichent des niveaux supérieurs à 10%, les Pays-Bas étant en tête avec 32% de la population, la France se situant 4e avec 25% de la population.

Le rattrapage de la qualité des infrastructures à l'horizon 2016, donc, ne fera pas de la Grèce le champion de l'utilisation du Net, comme espère le ministre. La plupart des pays occidentaux de l'Union européenne se sont donné des objectifs plus concrets et à plus court terme. La Finlande, par exemple, s'est fixé un objectif de 1 Mb/s comme obligation de service universel d'ici à 2010 et de 100 Mb/s d'ici à 2015. L'Allemagne prévoit d'assurer la couverture de tout son territoire en haut débit d'ici à 2010, et de garantir un débit minimal de 50 Mb/s à 75 % des foyers allemands d'ici 2014. Plusieurs États membres mettent également l'accent sur la nécessité de disposer de connexions haut débit à des prix abordables. La France veut ainsi parvenir d'ici 2012 à une couverture haut débit intégrale à un tarif mensuel ne dépassant pas 35 euros. Le Portugal se concentre quant à lui sur les infrastructures à fibres optiques, les services à haut débit de pointe et les réseaux de recherche à grande vitesse.

Le rapport de la Commission européenne sur la compétitivité numérique publié aujourd'hui révèle que le secteur numérique européen a réalisé des progrès importants depuis 2005: 56 % des Européens utilisent maintenant l'Internet de façon régulière, 80 % d'entre eux le font en ayant recours à une connexion à haut débit (contre seulement un tiers en 2004), ce qui fait de l'Europe le numéro un mondial de l'Internet à haut débit. L'Europe est le premier continent véritablement sans fil dans le monde, avec un nombre d'abonnés à un réseau de téléphonie mobile supérieur au nombre de citoyens (taux d'utilisation de 119 %).

"La Grèce a connu de bons progrès dans le domaine de la large bande au cours des dernières années. Toutefois, la société de l'information en Grèce est encore en retard par rapport à l'évolution générale de l'Union européenne. Si les scores du secteur de l'e-business sont autour de la moyenne européenne, pour tous les autres indicateurs, il y a un sérieux écart entre la Grèce et la grande majorité des autres pays", note le rapport de la Commission.

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