Provocations turques en Egée : Simitis met l'avenir européen des voisins dans la balance, la Turquie dément

"Les règlements internationaux sont valables pour tous", a déclare depuis La Haye mardi le Premier ministre grec et président du Conseil de l'UE, Costas Simitis, commentant l'escalade de provocations turques en Egée ces derniers jours. Dans les déclarations, qui ont suivi ses entretiens avec son homologue néerlandais, Jan Peter Balkenende, M. Simitis a fait remarquer que les manœuvres militaires qui ont lieu actuellement en Turquie ne respectent pas le droit international sur les frontières aériennes et maritimes.


"Si Ankara souhaite adhérer à l'UE, il faudra qu'elle prenne en considération qu'il existe des règlements internationaux contraignants pour tous. S'ils ne sont pas respectes, alors il est possible que nous nous ayons à faire à des situations dangereuses qu'il faudra éviter", a dit M. Simitis, qui poursuit depuis mardi, sa tournée des capitales européennes en vue du Sommet de Thessalonique la semaine prochaine.

Le Premier ministre néerlandais, parlant, pour sa part, de la marche européenne de la Turquie, a souligné que la candidature de ce pays présente des différences en comparaison avec celles de la Bulgarie et de la Roumanie, allusion probablement à la géographie et à la culture.

A Athènes, le porte-parole du gouvernement, Christos Protopapas, a estimé que ''la partie turque s'adonnant à des provocations incessantes, nous ne nous engagerons pas dans la voie de la polarisation artificielle. La réalité établie par les militaires turcs sera transmise à l'UE et à l'OTAN et les dirigeants turcs doivent prendre conscience que l'orientation européenne du pays dépend de son comportement'', rappellent par ailleurs que "adhèrent seulement a l'UE les pays qui observent l'attitude d'un pays européen''.

M. Protopapas a fait remarquer qu'en Turquie "il existe un gouvernement qui proclame les principes de la paix et de la coopération et un régime militariste turc qui cultive la polarisation, l'intransigeance et le fanatisme". Le porte-parole a rappelé que le gouvernement grec veut la paix et la coopération avec la Turquie, soutient la promotion des mesures de confiance, le règlement de la question chypriote et l'orientation européenne de la Turquie.

Démenti turc

Un peu plus tôt, les forces armées turques ont qualifie de provocation les affirmations du gouvernement grec selon lesquelles deux F-16 turcs se seraient dangereusement approches d'un avion d'OA lundi, soutenant que cette information est totalement fausse. ''Le vol d'un avion à une distance de 10km ne signifie nullement une violation ou une tentative d'intimidation'', a voulu minimiser l'état-major général des forces armées turques, qui réaffirme les positions connues de la Turquie de contestation du FIR d'Athènes et de l'espace aérien en Egée.

Plus particulièrement, concernant le FIR d'Athènes, l'état-major turc soutient que "la région en question n'est pas une région souveraine, mais sa de responsabilité se limite aux seuls contrôles des vols d'avions civils." Selon les règles internationales, "les avions (militaires) qui traversent cette région ne sont pas tenus à déclarer leur plan de vol. Cette responsabilité incombe uniquement aux avions civils", estime l'armée turque.

De son côté, le ministre grec de la Défense nationale, Yannos Papantoniou, a exprimé l'espoir que la Turquie respectera le mémorandum Papoulias - Yilmaz sur le comportement militaire en période touristique, notant également que la question qui reste sans réponse est ''qui détient réellement le pouvoir dans le pays voisin ?'' Le ministre grec a assuré que la Grèce fait face à toute provocation avec fermeté et sang-froid.

iNFO-GRECE/ANA

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