Inauguration de la nouvelle Bibliothèque d'Alexandrie

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Soutenue par l'Unesco, la Bibliotheca Alexandria a été inaugurée cette semaine en grande pompe. Dans les plans de la construction, dans la ville historique de l'Alexandrie en Egypte, un petit coin a été réservé aux Grecs en hommage à l'héritage d'Alexandre le Grand. L'occasion de faire entendre les sons grecs et les vers du grand poète Constantin Cavafy, originaire de la ville.

C'est sur la musique de Dimitris Papadimitriou qu'Eleftheria Arvanitaki, Alkinoos Ioannidis, Tassos Apostolou, Foteini Darra et Thodoris Vouzikakos ont interprété les poèmes de Kavafis. L'orchestre symphonique de la radio-télévision grecque était dirigée par Andreas Pylarinos.

Peu avant le Président de la communauté grecque d'Alexandrie, Charalambos Katsimpris, a inauguré la statue d'Alexandre le Grand sur la place du même nom, en présence des centaines de grecs qui habitent toujours la ville.

La veille, mercredi 16 octobre, c'était le jour de l'inauguration officielle de la Bibliothèque en présence du Président égyptien Hosni Moubarak et de nombreuses personnalités dont le Président français Jacques Chirac accompagné de son épouse Bernadette, la reine d'Espagne Sofia de Grèce, le Président roumain Ion Iliescu, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, Boutros Boutros-Ghali ainsi que plusieurs ministres, et gens des lettres et de la culture, dont 14 prix Nobel, venant du monde entier. Côté grec, le Président Costis Stephanopoulos, les ministres des Affaires Etrangères Georges Papandréou et de la Culture Evangelos Venizelos, ainsi que le maire d'Athènes, Dimitris Avramopoulos, assistaient aux cérémonies.

"En célébrant aujourd'hui la renaissance de la Bibliothèque d'Alexandrie, nous voulons ranimer un patrimoine humain dans cette partie du monde", a déclaré M. Moubarak, dans son allocution inaugurale rappelant que la Bibliothèque était "un phare de connaissance et un centre de rencontre des civilisations", et appelant à ce que "le dialogue culturel [soit] un substitut à la violence dans notre monde en proie aux conflits".

Erigée sur la corniche d'Alexandrie, près du site où se trouvait le bâtiment antique, la Bibliotheca Alexandria ambitionne de réunir huit millions de volumes d'ici cinq ans en provenance du patrimoine mondial. Sur sa façade de granit sont gravées les lettres des alphabets du monde entier.

La Bibliotheca Alexadrina construite sur initiative de l'Unesco se veut le continuateur de l'esprit de la fameuse Grande Bibliothèque de l'antiquité.

"Une fenêtre du monde sur l'Egypte, une fenêtre de l'Egypte sur le monde, un instrument pour faire face au défi numérique et un centre de dialogue entre les peuples", note-t-on dans les propos du premier directeur de la Bibliotheca, Ismail Serageldin.

Un grand absent dans l'énumération de ces missions, le savoir. Espérons que les enjeux modernes de nationalisme, de relations diplomatiques et de médiatisation n'absorberont pas l'esprit d'universalité de l'ancêtre du projet actuel qui avait contribué à la renommée d'Alexandrie antique 16 siècles plutôt avant que la Bibliothèque ne cède sous les flammes lors de l'insurrection contre César en 48 av. J.-C. Ce qui a pu être sauvé a été à nouveau incendié par les chrétiens en 380, puis par les Arabes en 642.

Il n'en demeure pas moins que le projet actuel est un centre indispensable pour regrouper les travaux sur l'Ancienne Bibliothèque et les recherches sur la ville mythique comme sur l'ensemble du monde Egyptien. En ce sens la Bibliotheca Alexandrina sera un outil incontournable. Vient ensuite la seconde mission concernant la Méditerranée, l'Afrique et le monde Arabe, quoique dans le dernier cas la Bibliotheca risque de se trouver en concurrence avec d'autres projets.

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