Bush à Simitis: Prenez exemple du Pakistan !

Le Premier ministre grec Costas Simitis a pris aujourd'hui l'avion de retour en Grèce après trois jours de visite aux Etats-Unis où entre autres il a été reçu par le Président Bush. Ayant reçu un satisfecit américain devant les caméras pour la politique de rapprochement avec la Turquie et la participation de la Grèce à l'effort contre le réseau d'Al Qaida, M. Simitis a laissé éclater sa colère pour le traitement accordé par la presse grecque à son voyage. "La Grèce n'est pas venue pour passer un interrogatoire", a-t-il insisté manifestement irrité, "il y a eu une discussion entre amis. En aucun cas il ne nous a été dicté ce que nous devrions faire".

Différence de priorités.

Toutefois la pression médiatique, mais aussi diplomatique était bien là. Les américains, bien que reconnaissants des efforts grecs dans la coopération internationale contre les réseaux terroristes des islamistes, attendaient des explications sur la lutte contre leur mouton noir, l'organisation terroriste locale "17 novembre", responsable de plusieurs dizaines d'attentats meurtriers visant particulièrement les intérêts américains en Grèce, ainsi que sur l'antiaméricanisme ambiant en Grèce dont les Etats-Unis soupçonnent le gouvernement socialiste grec d'entretenir sciemment.

Le Premier ministre grec s'attendait à discuter en priorité de la question chypriote, de la situation dans les Balkans et du rôle de la Turquie dans les négociations en cours entre l'Otant et la Défense commune européenne. Il a dû se plier aux priorités de Washinghton qui portaient sur la lutte contre le terrorisme et le rapprochement général dans les relations greco-turques.

"La Grèce doit prendre exemple sur le Pakistan"

Durant l'entretien de 45 minutes entre Simitis et Bush, le Président américain a demandé le plein soutien du peuple grec dans la lutte contre le terrorisme. "Regardez le Pakistan", aurait suggéré Georges. W. Bush à son hôte grec, selon le quotidien athénien "Ta Nea". "Les peurs initiales pour les réactions de la population à l'intérieur du pays ont été dépassées parce que le gouvernement pakistanais a pris dès le départ une position claire dans la lutte contre le terrorisme. Quant le gouvernement est fort et constant, le peuple comprend la réalité", a été la "leçon" de M. Bush qui s'attend à ce que la Grèce agisse aussi en conséquence. M. Simitis a promit que la Grèce travaille "dur et systématiquement et cela donnera bientôt des résultats positifs".

Bush découvre l'euro

M. Simitis a par ailleurs insisté sur le fait que les investissements sur la Sécurité des Jeux Olympiques d'Athènes en 2004 sont indépendants des progrès sur l'arrestation des suspects de la "17N". Remettant un T-shirt avec le logo des JO, Costas Simitis a invité George W. Bush à venir assister aux JO, mais le Président américain était davantage intrigué par la découverte de la nouvelle monnaie européenne avec la poignée d'euros que lui a remis M. Simitis, le Premier ministre grec étant le premier chef d'Etat européen à se rendre à Washington depuis la mise en circulation de la monnaie unique.

Présence militaire: un parapluie de sécurité

Devant la presse américaine, le Premier ministre grec a qualifié la présence militaire américaine dans les Balkans de "parapluie de sécurité et de régulation". Sondages à l'appui, il a essayé de démentir les allégations sur la condescendance de l'opinion publique grecque avec le terrorisme.

Selon M. Simitis, le seul point de discorde avec les Etats-Unis se trouve au niveau des relations de la Défense commune européenne avec l'Otant et du rôle joué par la Turquie dans les négociations en cours sur le sujet. Membre de l'Otan mais pas de l'Union européenne, la Turquie réclame un droit de regard sur les activités de la Défense européenne dans la Méditerranée. Un vœu soutenu par les Etats-Unis et la Grande Bretagne mais rejeté par les partenaires européens sur demande pressante de la Grèce.

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