Mobilisation record pour la défense des caisses de retraite.

manifestation à athènes
Ils étaient près de 100.000 aux Champs de Mars (Pedion Areos), à Athènes, à répondre présents à la manifestation de protestation contre le projet de reforme des caisses de retraite grecques. Des grands rassemblements ont également eu lieu à Thessalonique (15.000) et dans les autres grandes villes pendant la journée de grève générale, hier. Selon les syndicats et les premières estimations des médias locaux, c'était une des mobilisations les plus importantes de l'après-guerre.

Le gouvernement qui sentait l'ampleur de la mobilisation avait annoncé dès mercredi soir le "gel" du projet de loi, mais les syndicats forts de leur succès appellent déjà à une deuxième journée d'action le 17 mai prochain et menacent avec une nouvelle grève générale.

La Grèce doit résoudre l'inextricable équation qui se pose à la plupart des pays européens avec des retraités de plus en plus nombreux pour des actifs qui eux le sont de moins en moins tout en entrant plus tardivement dans le marché de travail et cotisant donc moins longtemps. Le problème est d'autant plus crucial en Grèce dont les caisses de retraite sont déjà lourdement endettées. Depuis vingt ans, les gouvernements successifs ont dû, d'une part, augmenter les retraites pour les amener à un niveau décent et, d'autre part, ils ont vu dans ces caisses un excellent levier électoral : la rémunération des retraités était si bas que chaque augmentation équivalait plusieurs points de popularité.

Après avoir repoussé les échéances du réexamen du financement des caisses, le gouvernement est aujourd'hui acculé à prendre des mesures drastiques : il propose un départ en retraite à l'âge de 65 ans pour tous, la fin des privilèges catégoriels et un nouveau calcul des cotisations de toute évidence moins favorable pour les salariés.

Or, si certaines catégories jouissaient vraiment de situations privilégiées, des nombreux grecs travaillent encore de manière précaire et dans des métiers "lourds" comme le bâtiment et l'agriculture ou encore dans des usines dont les conditions de travail rappellent davantage le tiers-monde que l'Europe moderne. Pour ces catégories, le départ en retraite était vécu comme un soulagement mérité. Selon les observations du Centre ouvrier de Thessalonique, la grève dans les secteurs industriels à été suivie à près de 100%.

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