La classe politique grecque a condamné unanime les incidents survenus dans plusieurs villes grecques en marge du match de football Albanie-Grèce. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole, aussi bien que le parti socialiste grec, pour l'opposition, ont fait référence au grand combat emporté par la Grèce dans l'organisation des Jeux Olympiques, pour condamner les dérives du nationalisme footbalistique.
"Le gouvernement condamne sans réserve et de la façon la plus catégorique les incidents violents qui ont eu lieu samedi en marge du match de football entre les équipes nationales de Grèce et d'Albanie", a déclaré dimanche le ministre d'Etat et porte-parole du gouvernement, Theodoros Roussopoulos.
"Les actes de violences sont étrangers à l'idéal de l'athlétisme, au climat de fête et de fraternité entre les hommes et les peuples, ainsi qu'il en a été prouve avec l'organisation des Jeux Olympiques en Grèce", a-t-il insisté.
Ces incidents "constituent les séquelles d'une autre époque, d'une conception malsaine et d'une idéologie raciste qui n'ont aucun rapport avec la Grèce de 2004", indiquait le communiqué publié dimanche par le PASOK (parti socialiste) qui estimait aussi qu'une Grèce qui peut désormais gagner les plus grands combats, se doit parallèlement de condamner de tels incidents inacceptables.
De son côté, le parti de Synaspismos (gauche communiste) estime qu'"après les combats de rues, les affrontements violents et plus particulièrement la mort tragique d'un jeune Albanais à Zakinthos, il ne suffit plus de condamner sans réserves le climat de nationalisme et d'intolérance qui conduit des personnes ou des groupes a de tels actes, et [il est nécessaire que] les instigateurs de ces délits prennent conscience de leurs responsabilités".
Samedi soir, après la défaite de l'équipe nationale grecque de football en Albanie, plusieurs centaines d'immigrés albanais ont manifesté dans les centres des grandes villes grecques pour fêter la victoire de leur équipe. Le match qui s'est déroulé à Tirana dans un climat d'exacerbation nationaliste albanaise, a été suivi par une surenchère des groupuscules nationalistes grecs conduisant à des affrontements avec des supporters albanais dans plusieurs villes grecques. Un jeune Albanais de 20 ans est mort samedi à Zakinthos des suites des blessures provoquées par les coups de couteau que lui a porte un jeune Grec de 22 ans, né à Chicago, qui a également blessé les deux compagnons de la victime, alors qu'à Thessalonique et à Athènes, où d'autres personnes ont dû être hospitalisées pour blessures au cours d'affrontements, la police a procédé à l'arrestation de plusieurs personnes.
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