Certains s’obstinent à trouver dans la nature, où régnerait la « loi du plus fort », l’inspiration ou la justification de leurs actes, explique, dans une tribune au « Monde », le philosophe. Ma
Dans son essai The Lowest Animal (« l'animal inférieur ») (1896), l'écrivain américain Mark Twain raconte l'histoire d'un comte anglais qui chassait le bison dans les grandes plaines américaines. A midi, sa horde a déjà abattu 72 bisons.Ses serviteurs prélèvent un morceau sur l'une des bêtes, le grillent à point et servent à leur maître un parfait filet mignon. Tout ce beau monde s'en retourne alors à son hôtel à Lincoln, dans l'Etat du Nebraska, laissant 71 carcasses entières pourrir sur place, plus une à peine entamée. Afin de déterminer ce qui distingue un animal sanguinaire d'un humain civilisé, Twain visite le jardin zoologique de Londres et fait introduire sept veaux dans la cage de l'anaconda.
« Le reptile, raconte l'éthologiste expérimental,se précipita immédiatement sur l'un des veaux et l'avala, puis s'allongea, satisfait. Il ne montra dès lors plus aucun intérêt pour les six autres veaux, ni aucune disposition à leur faire du mal. » Moralité de la fable : un aristocrate anglais est barbare, un serpent brésilien est rationnel.La nature connaît la violence gratuite, et même le…