Ecoles grecques de Paris. Une année de foutue !

Terrible malchance que celle qui frappe les écoles publiques grecques de Paris et notamment celle de Paris-Sud. Pour une raison ou une autre, les journées de cours depuis la rentrée de septembre ont du mal à se compter sur les doigts des deux mains. Pour le plus grand bonheur des enfants, et pour la colère des parents, les vacances de février ont été suivies par deux semaines de congrès supplémentaires. Quant à la reprise des cours elle reste pour le moment… incertaine.


Car, depuis l'éboulement survenu le 15 février dans la cour de l'école primaire Auguste-Perret à Paris suite aux travaux sur la nouvelle ligne de métro Météor, les enfants sont accueillis à l'école de la rue Küss au 13e arrondissement. Les classes de grec qui occupaient ces locaux chaque mercredi ont dû du coup libérer les lieux.

Cela ne serait qu'un moindre mal si d'une part les familles étaient informées convenablement et si une solution se profilait pour les semaines à venir. Or, l'information fut minimal, les enseignants ont dû appeler eux-mêmes aux familles mercredi matin pour leur annoncer que les cours n'auraient pas lieux l'après-midi. Or, les familles qui dans beaucoup de cas ont les deux parents qui travaillent, s'organisent souvent dès la veille pour assurer le transport des enfants ; l'école de la rue Küss couvrant les arrondissements sud de la capitale et le centre de Paris. Mais surtout aucune explication n'était avancée, ce qui de toute façon n'est pas du ressort des enseignants.

A l'Ambassade de Grèce où nous avons joint le Conseiller à l'Education M. Dimopoulos, on était bien embarrassés pour annoncer un nouveau local, d'autant que la date de retour des enfants de l'Ecole Auguste-Perret dans leurs propres locaux n'est pas encore fixée. Différentes solutions étaient à l'étude, nous a-t-on dit, mais toutes présentaient d'importants inconvénients. Une réunion devait se tenir mercredi après-midi 5 mars entre le Conseiller et les enseignants.

Ces solutions consistent principalement au recours aux bâtiments de l'Eglise et à ceux de la Cité Universitaire Internationale. Or, les locaux le mieux appropriés de l'Eglise orthodoxe se trouvent au Foyer Hellénique des Jeunes à Châtenay-Malabry. Peu de familles auraient la possibilité d'y conduire leurs enfants, ce qui leur demanderait de consacrer l'après-midi en entier. Quant aux locaux de la métropole, dans les annexes de l'Eglise de Saint Stéphane dans le 16e arrondissement, il semblerait que des parents, emprunts de laïcité à la française, seraient réticents d'y envoyer leurs enfants, d'autres avanceraient des raisons sanitaires, les locaux étant en sous-sol.

Mais on se demande pourquoi les locaux de la Maison de la Grèce, propriété de l'Etat grec rue Mesnil dans le 16e arrondissement, n'ont pas été réquisitionnés pour accueillir les classes de l'école Küss. Certes, les enfants seraient un peu à l'étroit, mais cela aurait le mérite de ne pas interrompre le fonctionnement de l'Ecole.

La Communauté Hellénique de Paris, la Communauté chypriote et… les Services Education de l'ambassade qui y sont hébergés actuellement pourraient bien se pousser un peu, le temps que la situation se normalise.

Nous avons voulu le vérifier avec le Président de la Communauté Hellénique de Paris, Andres Tsapis, qui nous a confirmé qu'effectivement plusieurs salles étaient disponibles en sous-sol, mais qu'aussi la Communauté se proposait de mettre à disposition une des deux salles qu'elle occupe au deuxième étage. M. Tsapis devait aussi s'entretenir avec les responsables de la mairie du XIIe arrondissement pour examiner la situation.

Mais, nous posons la question si même la salle des réceptions de la Maison de la Grèce ne peut être utilisée de manière provisoire, vu que la plupart du temps elle reste inoccupée. L'occupation ne durerait de toute façon que le mercredi après-midi. Mais le dossier semble pour l'instant faire l'objet d'un traitement davantage bureaucratique que d'une attention d'urgence. Bientôt ce sera les vacances de Printemps (françaises) suivies des Pacques grecques, de quoi se rêver déjà en vacances d'été !.

Deux semaines de congés supplémentaires pour les jeunes grecs ce ne serait pas quelque chose de dramatique si déjà depuis le début de l'année toute une série de perturbations n'était intervenue dans le fonctionnement de l'Ecole. Il est de notoriété que les enseignants cumulent, non en théorie mais dans les faits, les deux calendriers de vacances, le grec et le français, mais à sens unique, celui des plus grands congès. Idem pour les jours fériés et les fêtes nationales.

C'est ainsi que les écoles ont commencé en septembre bien après la rentrée des classes françaises. Mais en plus, là où les enseignants français font une rentrée une semaine plutôt pour s'acquitter des tâches administratives, les écoles grecques démarrent l'année dans une inorganisation totale et au moins deux semaines s'écoulent avant de prendre les inscriptions, repartir les classes et établir le programme. Ce qui nous amène fin septembre et déjà les enseignants ont dû partir en Grèce pour pouvoir voter aux élections locales à deux tours (donc deux semaines de fermeture des écoles), pour un vote qui est certes obligatoire, mais que nous supposons que les procédures de vote par correspondance ou par procuration doivent bien exister au pays de la démocratie et de la modernité prônée par le gouvernement. Vu le prix prohibitif des lignes régulières, tous ces voyages doivent aussi s'accommoder des conditions des vols charter, c'est-à-dire des semaines complètes d'absence pour un acte citoyen de quelques minutes !

Au retour des enseignants, il est de nouveau temps de repartir en vacances, cette fois à cause de la Toussaint française. Il faut dire que le calendrier scolaire français suit un rythme de dix jours de congés toutes les sept semaines de programme. Mais, dix jours qui pour les Grecs font deux semaines complètes. Là où en contre-partie les congés d'été des établissements français sont plus courts, l'année se terminant selon les zones entre fin juin et, de plus en plus, en première semaine de juillet, les écoles grecques qui comme on a vu commencent quand septembre est déjà bien entamé, se terminent d'habitude avant la fin juin.

Un scénario qui,  à quelques variantes près, se répète d'année en année et qui ne contribue pas à la réputation des écoles. Mais l'essentiel, c'est que l'image que retirent les enfants qui les fréquentent, est celle d'un "truc" où "on ne fout jamais rien". Les familles le savent bien, mais sans choix, elles se résignent à continuer à y envoyer leurs enfants, puisque "même s'ils n'y apprennent qu'un mot, une sonorité, une chanson, c'est mieux que rien du tout". Mais est-ce bien cette école minimale qu'on souhaite ? Les autorités grecques de Paris devraient saisir l'urgence et la gravité de la situation, si tant est qu'elles se préoccupent du devenir des jeunes grecs de deuxième ou de troisième génération et de la pratique d'une langue que les familles, lorsqu'elles sont composées de couples d'origine mixte, ne pratiquent pas forcement au foyer.

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