Le dur réveil de la marine grecque. Le zèle français provoque un mini-incident diplomatique

bateau prestige

Un pétrolier grec, Kriti Filoxenia, à simple coque traversant la Manche chargé de fuel lourd et se dirigeant vers la Méditerranée a été expulsé la veille de Noël de la Zone Exclusive Economique par la Préfecture Maritime de l'Atlantique, provoquant la réaction du Ministère grec de la Marine marchande.

Les Grecs disposent de la première marine marchande du monde, qui, tout comme eux-mêmes, est dispersée en plusieurs pavillons étrangers, mais la Grèce, elle, tout comme avec sa diaspora, n'a vu jusqu'ici qu'une tirelire de revenus faciles, se souciant peu de l'état de la flotte. La comparaison s'arrête ici, car si les Grecs de l'étranger sont parmi les immigrés les plus enviés dans leurs différents pays d'accueil, la flotte grecque, qu'elle batte pavillon grec ou pavillon étranger, jouit d'une réputation exécrable. Pas un naufrage ou une marée noire que l'on ne pense à une compagnie grecque au bout d'une chaîne de pavillons de complaisance et de sociétés off-shores. Le préjugé est alors facile, mais justifiable.

C'est ce qui est arrivé au Kriti Filoxenia, un pétrolier à simple coque construit en 1986 qui s'est fait expulser la veille de Noël de la Zone Exclusive Economique (ZEE) de la France. Le bateau était parti de Norvège avec 42.000 tonnes de fuel lourd, il venait de traverser la Manche et se dirigeait vers la Méditerranée.

Après le naufrage du pétrolier Prestige au large de l'Espagne à la mi-novembre, provoquant une marée noire sans précédent, la France et l'Espagne avaient décidé lors du sommet franco-espagnol de Malaga (sud de l'Espagne), le 26 novembre, de bannir dès le lendemain tout bateau de plus de 15 ans à coque unique transportant des produits à risques, qui entrerait dans leur zone exclusive des 200 milles.

Les mauvaises conditions météorologiques mardi à l'ouest du Cap Ortégal et dans le golfe de Gascogne ont incité le préfet maritime de la Manche d'abord, puis celui de l'Atlantique à radicaliser l'application de cette décision en demandant au Kriti Filoxenia de sortir de la zone exclusive française, "ce qu'il a fait", ajoute-t-on du côté du Ministère français des Transports.

Mais Avin International, la société propriétaire du Kriti Filoxenia, a saisi le Ministère de la Marine marchande en Grèce, qui à son tour a protesté auprès de son homologue français indiquant que la mesure de la Préfecture Maritime de l'Atlantique était exagérée et contraire au droit international et au droit communautaire de l'UE, soulignant que la société propriétaire est "importante et réputée".

Le 3 décembre 2002, dans le cadre des accords de Malaga, le préfet maritime de l'Atlantique avait déjà ordonné le contrôle, au large d'Ouessant, du pétrolier Enalios Titan, un pétrolier à simple coque de vingt quatre ans d'age sous pavillon Maltais, transportant 87000 tonnes de fuel lourd de Lettonie vers Singapour. Malgré la régularité de l'état du bateau, le navire a été accompagné à l'extérieur de la ZEE française par la frégate Germinal de la marine nationale.

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