Retraites : syndicats et gouvernement s'entendent autour d'un leurre.

Comme attendu, le Conseil de la GSEE (Confédération Générale des Travailleurs de Grèce) a procédé, lors de sa réunion hier, à la proclamation d'une nouvelle journée de grève générale le 17 mai prochain pour appuyer ses revendications concernant la reforme des caisses de retraite entreprise par le gouvernement. Le gouvernement de son côté multiplie les appels au dialogue mais les marges laissées par les syndicats paraissent plus que jamais étroites.


L'ADEDY (fonctionnaires) et les syndicats des commerçants et artisans soutiennent les actions de la GSEE dont le président a posé comme condition préalable au dialogue avec le gouvernement l'abandon de l'augmentation de l'âge d'entrée en retraite, le renoncement à la diminution du montant des pensions et la non-dérogation au principe de 25 annuités de cotisation. Autant dire qu'il s'agit d'une retraite pure et simple du projet de reforme.

C'est en tout cas ce que le gouvernement semble avoir compris puisque aussi bien le Premier ministre, M. Simitis, que le ministre de l'Economie, M. Giannos Papantonniou, mettent désormais l'accent sur le fait qu'on dispose maintenant du temps devant soi pour trouver une solution, le problème de financement des caisses ne devant se poser qu'après 2010. Le ministre de l'Economie estimant que le financement pourrait se faire par réduction de la dette publique ; c'est justement la demande des syndicats.

Le problème des retraites sera au centre des discussions du Comité gouvernemental, qui se réunit aujourd'hui, et de l'Assemblée Nationale demain.

Si la marche arrière du ministre de l'Economie permet de rapprocher les points de vue avec les syndicats, il n'empêche que le rapprochement se fait sur un leurre commun vu que les caisses sont déjà vides. Considérer qu'on pourrait continuer pendant 10 ans sans rien changer, c'est se mentir et surtout mentir à l'ensemble des grecs. Reporter la reforme des caisses de retraite est certainement une mesure populaire qui permettrait la reconduite du Pasok au pouvoir, mais il retrouverait alors la même situation en plus dramatique comme l'avait averti le même ministre de l'Economie avant la première grève générale du 26 avril dernier.

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