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Corfou, l’île aux trésors

Published in L'Opinion on
À l'est, la plage de Timoni est la plus petite. À l'ouest, la plage de Limni accueille les kayakeurs et les touristes venant en bateau-taxi.  -  © Sarah Sergent
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À l'est, la plage de Timoni est la plus petite. À l'ouest, la plage de Limni accueille les kayakeurs et les touristes venant en bateau-taxi.  -  © Sarah Sergent

Des trésors, il y en a partout, sur le littoral comme dans les terres. Nul besoin d’une carte pour les débusquer mais d’un GPS et d’une toute petite voiture pour circuler sur des routes étroites et gagner facilement la montagne. L’extrême beauté de cette île ionienne consiste en effet en une variété

Oubliez le cliché des villages blancs et de leurs volets bleus sur fond de nature désertique ! Les villages corfiotes sont colorés, abondamment fleuris, immergés dans de vastes oliveraies et hérissés de cyprès qui semblent toucher le ciel. Mais pour quelle raison Corfou arbore-t-elle un visage aux antipodes des autres îles grecques ? Parce que son histoire est différente… Débarqués en 1386, les Vénitiens y restèrent quatre siècles, plantèrent en l'occurrence les oliviers qui firent la réputation de l'huile corfiote et marquèrent profondément l'architecture. Les Français prirent la relève en 1797 et en 1807 après une parenthèse russo-turque. Les Anglais y instaurèrent un protectorat de 1814 à 1864. Et on pourrait remonter à l'Antiquité gréco-romaine, dont il reste en revanche peu de traces. Les amateurs d'archéologie seront déçus. Pour le moins, du fait d'une situation stratégique au carrefour de l'Orient et de l'Occident, Corfou a toujours été un comptoir commercial prospère, d'où ces multiples influences.

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Corfou, la capitale éponyme, s'est développée à l'intérieur de remparts impressionnants. Pour embrasser ses splendides bâtisses au badigeon rose-pêche, coiffées de tuiles patinées par le soleil, rendez-vous sur la Fortezza Nuova, sur la colline ! Et pour redescendre de ce perchoir extraordinaire, il faut emprunter cette ruelle pentue qui longe le monastère de Tenedos avec sa coupole rose caractéristique pour entrer dans le quartier juif « Evraïki », un bazar à ciel ouvert dont les arcades ondulent avec élégance rue Velissariou. On glisse ensuite d'un quartier à l'autre jusqu'à la Mourágia en passant par le Kampielo, en s'émerveillant de ces placettes pittoresques où sortent les terrasses des cafés, de ces églises orthodoxes d'où s'échappent les volutes d'encens, de ces fontaines salvatrices au cœur de l'été, de ces bougainvilliers exubérants et de ces scènes du quotidien qui semblent surgir du passé… De leurs balcons, comme autrefois, des grands-mères sans âge descendent encore leur panier au bout d'une corde au passage du boulanger.

Pour rejoindre le Vieux Fort, on traverse la Spianáda, bordée par le Liston, une galerie à portique construite par les Français au début du XIXe s., sur le modèle de la rue de Rivoli. Le palais Saint-Michel et Saint-Georges ferme la partie nord de l'esplanade. Les jardins de ce bel édifice néo-classique font face à la plage de Faliraki où accédait jadis la famille royale par l'escalier de la Reine. Quelle vue encore une fois ! On s'attarde ensuite dans le poétique Durrell Bosketo, ancien « Jardin des Écrivains et des Philhellènes ». La tradition veut qu'on touche le nez des bustes des frères Durrell ayant vécu sur l'île de 1935 à 39, censés porter bonheur. Le Vieux Fort s'avance dans la mer. On y accède en enjambant d'anciens fossés pour se retrouver dans une cour dominée par un promontoire verdoyant où se dresse un phare qui guidait autrefois les galères de la flotte vénitienne. Enfin, du côté sud, l'église d'Agios Georgios datant des Britanniques, apparaît sous la forme d'un temple antique sublime.

Cette vieille ville offre tant de perspectives, tant visuelles que récréatives, sans oublier le shopping. À vous de les découvrir en espérant vous avoir l'eau à la bouche ! Il est temps cette fois de vous emmener en bord de mer…

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De Nissaki à Kassiopi, la route de la corniche est aussi captivante que sinueuse. De nombreux belvédères permettent de plonger vos yeux dans les baies cachées en contrebas. Kassiopi est un immense coup de cœur ! Sa marina, son jardin public, son église, ses cafés, ses restaurants et ses boutiques tiennent dans un mouchoir de poche. Les vestiges d'une citadelle veillent sur le village. Du côté de la digue, un chemin serpente entre rochers, oliviers et figuiers de barbarie jusqu'à une crique ravissante. Du côté opposé, une route littorale mène aux plages immaculées de Mpataria et de Pipitos. Hormis les galets, d'une extrême blancheur soit dit en passant, leurs eaux turquoise entourées de rochers monumentaux et de palmiers n'ont rien à envier à celles de l'océan Indien. Qui plus est, les fonds sont d'une telle transparence ! On en profite en surface en kayak ou en dessous pour faire du snorkeling.

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À quelques kilomètres de la petite station balnéaire, une route panoramique toujours aussi fascinante rallie Kassiopi au mont Pantokrator, en passant par le bourg de Loutsès et la ville fantôme d'Old Perithia. Au bout de lacets mémorables, la récompense est de taille, à 906 mètres d'altitude, avec une vue hypnotique sur une grande partie de l'île, une ouverture sur les îles Diapontiques au nord-ouest, sur la côte albanaise à l'est, jusqu'aux montagnes de l'Épire au sud-est. Pour les Corfiotes, ce sommet est sacré car le monastère du Haut-Pantokrator dont les origines remontent au XIVe s., est l'un des plus vénérables. La voûte en berceau du catholicon avec son palimpseste de fresques exceptionnelles est d'époque. Le Christ en majesté dans sa mandorle et les scènes de sa vie sont magnifiques. L'iconostase remonte, elle, à la fin du XVIIIe s. Ses icônes sont recouvertes d'un revêtement en argent repoussé ou doré, comme dans la tradition byzantine. Un seul moine vit ici en hiver. Il faut dire qu'à cette saison, le lieu est battu par des vents redoutables. Il faut avoir le sens du sacrifice ! Mieux vaut venir en été et en particulier le 6 août, à l'occasion de la fête de la Transfiguration de Jésus, où les pèlerins affluent malgré les 8 km d'ascension et un dénivelé de 500 mètres !

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Grâce à son relief, Corfou cumule des belvédères tous aussi spectaculaires les uns que les autres, comme l'Achilleion de l'impératrice Sissi et le trône du Kaiser à Pelekas à l'est, le Cap d'Asprokavos au sud, le cap Drastis et l'ancienne citadelle d'Angelókastro à l'ouest. Cette dernière donne sur la baie de Paleokastritsa, un site magnétique. Le village du même nom s'étire sur 3 km en arrière des criques et plages. Les plus accessibles sont celle de Spyridon, éblouissante et scénique, et d'Agios Petros, une plage de sable idéale pour la baignade. À savoir, il y a peu de plages de sable sur l'île, mais elles n'en sont pas moins belles.

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Pour vous faire une idée, le mieux est de monter à bord d'un des bateaux de Corfu Explore Boats pour explorer cette baie paradisiaque et bien davantage, au départ du petit port d'Alipa. Ces dégradés de bleu et de vert, ce Blue Eye, le tombant, ces rochers plantés comme des pics au milieu de nulle part, les magnifiques falaises de craie de la plage de Mavrogouli, le paradis de Chomi beach, les oiseaux, les tortues, les dauphins, la flore sous-marine font de cette croisière, en français s'il vous plaît, un moment extatique. Et pour clore cette demi-journée entre mer et ciel, le monastère de la Très Sainte Mère de Dieu de Paleokastritsa, perché à 30 mètres de hauteur de ce paradis terrestre, vous tend les bras. Avec ses courettes successives, ses arches, ses carrés fleuris et sa terrasse avec vue, le lieu est un enchantement. Le chèvrefeuille embaume. La cloche retentit et les moines, de leur voix grave, entonnent des chants qui mettent la chair de poule.

Un dernier vertige ? Direction le village d'Afionas et le promontoire d'Arillas face à un superbe chapelet d'îlots ! Au soleil couchant, c'est un must. Mais the place to see se trouve en réalité à 15 minutes de marche, au bout d'un sentier escarpé et jonché de ronces. À mi-parcours, une pancarte indique le belvédère. En arrivant au bout de la falaise, il vous reste encore deux rochers à escalader pour atteindre une micro- plateforme d'observation et contempler enfin 150 mètres plus bas, deux plages étourdissantes, séparées par un isthme de terre. À l'est, la plage de Timoni est la plus petite. À l'ouest, la plage de Limni accueille les kayakeurs et les touristes venant en bateau-taxi. Nos plages jumelles mélangent sable et gravier. On se baigne plus volontiers à Limni car l'eau y est plus chaude et la clarté des fonds tapissés de posidonies est une chance pour les fans de snorkeling ou d'apnée.

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Pour plus d'informations : www.discovergreece.com/fr/ionian-island…

Un récit de voyage raconté par Sarah Sergent, journaliste Voyage avec Vue

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