Ce premier dimanche de mai est la fête la plus importante pour les Grecs orthodoxes. Un rendez-vous religieux, familial et national, qui met les abats d'agneau à l'honneur.
La boucherie ne désemplit pas, et M. Costas se frotte les mains. Dimanche 1er mai, c'est jour de fête. Les Grecs célèbrent Pâques, ou la résurrection du Christ, un événement et une réunion de famille bien plus importants que Noël pour les chrétiens orthodoxes. Et, comme chaque année, M. Costas a fait venir de son Péloponnèse natal des centaines d'agneaux qui seront sacrifiés dimanche. Un épais nuage odorant de viande grillée devrait alors recouvrir entièrement la Grèce.
Soupe d'abats en rentrant de l'église
«?Monsieur Costas, vous m'avez mis de côté de bons abats bien frais?? Elles sont comment vos tripes???», demande, toute de noir vêtue, la vieille Evdokia, une habituée de cette boucherie du quartier de Pangrati, en plein c?ur d'Athènes. «?Ça, c'est pour la magiritsa. Dis, la Française?: tu manges bien de la magiritsa???» Pas question de dire non. L'offense serait trop grande.
Cette soupe d'abats, préparée pendant de longues...
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