Les Grecs de Corse : la Duchesse d'Abrantès, Napoléon et les Comnène

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Histoire de la corse

Les Grecs du Magne installés à Paomia. — Une colonie florissante. — Etat d'esprit des Corses: les Grecs expulsés.

En 1676 des Grecs du Magne, dans l'ancien Péloponnèse, fatigués de la tyrannie des Turcs, demandèrent à Gênes un territoire pour eux, leurs femmes et leurs enfants.

Le Sénat génois accepta et les établit en Corse.

Tel est le fait premier et, réduit à ces termes, il ne peut manquer de surprendre.

Car enfin, si les Turcs tyrannisaient les Grecs, les Génois tyrannisaient les Corses.

En quittant le Péloponnèse pour s'installer dans une île soumise à la domination génoise, les Grecs n'allaient faire, semble-t-il, que changer de tyrannie.

Il n'en devait pas être ainsi, et ce n'est point par les Génois que les Grecs allaient souffrir.

Leur démarche s'explique tout d'abord par la politique traditionnelle de Gênes dans la Méditerranée orientale : de très anciennes relations commerciales s'étaient nouées avec les Grecs, tandis que les Ottomans avaient toujours manifesté la plus violente hostilité à ses entreprises, même pacifiques.

Les Turcs voulaient « la Méditerranée orientale aux Turcs » et, ils avaient profité des embarras de Gênes, occupée à
vaincre la révolte de Sampiero, non seulement pour reprendre File de Chio, où des Génois s'étaient jadis installés, mais encore pour paraître en Corse
même comme alliés de Henri II.

Ainsi, ennemis séculaires des Turcs, les Génois devaient tout naturellement paraître sympathiques aux Grecs : déjà, en 1663 et en 1671, des projets de capitulations
avaient même été ébauchés entre leurs envoyés et les représentants de la Sérénissime République.

Mais la politique corse des Génois fait comprendre mieux encore l'accueil qu'ils réservèrent aux délégués grecs.

Leur domination dans l'île demeurait précaire.

Exploitée, pressurée, la Corse s'était d'abord révoltée ; mais toutes ses tentatives d'indépendance avaient été réprimées : elle languissait dans un profond engourdissement.

Les impôts avaient été tels, écrit Filippini, que « dans toute la Corse il n'y eut terre, roche, étang, marais, forêt, buisson, lieu sauvage, rien enfin qui ne reçût son
estimation ».

Les Corses, dont il ne faut pas accuser a priori l'indolence, s'étaient découragés de travailler : ils se réfugiaient dans la haute montagne .

L'île, improductive et mal soumise, devenait pour la République une possession inutile, un poids mort.

Pour résoudre la crise économique qu'ils avaient eux-mêmes créée et pour ne plus se heurter à des résistances nationales, les Génois cherchèrent à dénationaliser le pays en introduisant des éléments étrangers.

« Les étrangers en Corse et les Corses hors de Corse! » telle fut la solution, élégante et simpliste, que les Génois prétendirent donner à la question corse.

Dès le milieu du XVI siècle, vers 1519, et sous le gouvernement d'Auguste Doria, ils avaient envoyé une première colonie de cent familles génoises à Porto-Vecchio, au fond d'un admirable golfe qui s'ouvre, entre des collines verdoyantes, sur la côte sud-orientale.

Le site était splendide et les ressources abondaient : des vignobles, des champs d'oliviers, de grands bois de chênes-liège, une mer poissonneuse...

Mais ce premier essai de colonisation ligurienne avait échoué, parce que l'air est dans cette région très malsain.

Aujourd'hui encore les hautes maisons, bordant des ruelles tortueuses, sont, à cause des fièvres, abandonnées chaque année, de juin à octobre, par la plupart des habitants.

Tout autour de la ville on remarque de magnifiques blocs de porphyre rose : c'est sur cette base inébranlable qu'avaient été construites les an- ciennes fortifications, dont un bastion est encore debout.

Les Turcs de l'amiral Dragut, débarquant en 1553 avec 60 galères, les franchirent « en passant » et ils avaient achevé la ruine de Porto Vecchio.

Lorsque des Grecs vinrent, un siècle plus tard,montagnards du Taygète, marins de Vitylo,demander asile à la République, celle-ci tenta de reprendre dans de meilleures conditions une oeuvre qui lui tenait à coeur.

Et quelle magnifique occasion pour elle de se laver de certaines accusations qui la froissaient d'autant plus qu'elles étaient plus justifiées!

Elle allait accueillir des hommes chargés d'impôts, réduits, comme dit Pommereul, « à l'état de la plus dure et de la plus abjecte servitude ».

Qui donc après cela oserait l'accuser de maltraiter et d'opprimer les Corses?

Le 1" janvier 1676 un descendant de la famille impériale des Comnène, Jean Stéphanopoli, débarquait à Gênes avec 730 compagnons après une pénible traversée de 97 jours.

Il avait profité, le 23 septembre 1675, de la présence d'un navire français, le Sauveur, capitaine Daniel, dans le port de Vitylo. Tous étaient partis, confiants dans l'avenir; leur évoque, M*"" Parthenios, était avec eux, ainsi que plusieurs membres du clergé.

La République les accueillit avec joie. Elle leur offrit le petit territoire de Paomia, qui s'étend « en forme de queue de paon » sur une hauteur de 600 mètres dominant la côte occidentale de la Corse, entre le golfe de Porto et celui de Sagone.

Le climat était sain, mais le sol inculte.

Jean Stephanopoli, chargé d'aller reconnaître le terrain, le déclara favorable et un traité fut conclu le 18 mars 1676.

Les émigrants devaient recevoir en toute propriété les territoires de Paomia, Ruvida et Salogna ; la République s'engageait en outre à pourvoir à leur premier établissement et à respecter leur religion et leurs institutions municipales.

De leur côté ils devenaient sujets de Gênes, à qui ils devaient prêter serment de fidélité et payer, en plus de la dîme, cinq livres d'imposition annuelle par feu.

A la fin d'avril, les Grecs furent transportés à Paomia et répartis, par les soins de Marc-Aurèle Rossi, dans les hameaux de Salici, Corona, Pancone, Rondolino et Monte Rosso.

Ils furent divisés en neuf escouades, ayant chacune un chef désigné par le suffrage de ses concitoyens.

Gênes accorda aux quatre « conducteurs » de la colonie, — Apostolo, Jean, Nicolas et Constantin Stephanopoli, le titre de chefs privilégiés, comportant le privilège personnel de porter des armes à feu et l'exemption de la taille.

La colonie était administrée par un directeur génois nommé pour deux ans : le premier directeur de Paomia fut Pierre Giustiniani, auquel succéda le colonel Buti.

Les colons se mirent au travail avec ardeur.

Gênes leur avait fourni des habitations, des instruments d'agriculture, des bestiaux, de l'argent et des grains.

Leur « industrie naturelle » lit le reste et sut rapidement transformer une région inculte en un excellent pays.

Ils défrichèrent les maquis, greffèrent les nombreux sauvageons qui poussent ici spontanément.

L'historien Limperani, qui visita Paomia au commencement du XVIII" siècle,
fut émerveillé des résultats obtenus par les Grecs : leur village était certainement un des plus jolis et des mieux cultivés de la Corse.

Les insulaires regardèrent avec surprise ces étrangers qui venaient s'installer chez eux. « La fortune des Grecs et leurs talents, écrit Pommereui, devinrent l'objet de la jalousie des Corses, qui tentèrent plusieurs fois de les détruire et de dévaster leurs nouvelles cultures. »

Voilà qui est vite dit et faussement interprété.

Les Corses et particulièrement les habitants du voisinage, les gens de Vico et du Niolo, virent les Grecs d'un très mauvais oeil, la chose est évidente, mais il n'est pas besoin d'invoquer la jalousie.

Pour être mécontents, il suffi- sait aux Corses de voir clair dans le jeu des Génois et d'y dénoncer ce qu'il recelait en effet une tentative de dénationalisation.

Comment aimer des étrangers, seraient-ils animés des meilleures intentions, quand leur présence est imposée par des oppresseurs ?

Les Génois venaient d'introduire en Corse, non pas sans doute les premiers éléments d'un Etat dans l'Etat, mais un groupe d'hommes attachés à eux par les liens de la reconnaissance et qui leur ménageraient un contact permanent avec l'île, un point d'appui solide en cas de rébellion, un prétexte pour intervenir en Corse si leurs protégés étaient molestés.

Entre Grecs et Corses il y eut dès le premier jour — il ne pouvait pas ne pas y en avoir — un malentendu difficile a dissiper et qui allait peser d'un poids très lourd sur le développement et la prospérité de la colonie naissante.

Lorsque la grande insurrection contre Gênes éclata en 1729, unissant dans un môme sentiment d'indignation, dans une même aspiration vers l'indépendance, le peuple entier des deux côtés des monts, les gens de Vico sommèrent les Grecs de se joindre à eux.

Mais les Grecs n'avaient eu qu'à se louer de la République Sérénissime : ils refusèrent de la trahir.

Alors Vicolésiens et Niolains envahirent Paomia et, malgré une vive résistance à la tour d'Ormigna, ils désarmèrent les habitants (avril 1731).

La ville fut saccagée et les champs dévastés.

Mais les Corses laissèrent aux habitants la vie sauve.

Ils ne voulaient que détruire l'oeuvre des Génois, ils ne pouvaient reprocher aux Grecs leur fidélité et leur loyalisme : ils les laissèrent partir
pour Ajaccio. Le séjour à Paomia avait duré 55 ans.

Dans la Corse insurgée contre leurs maîtres et leurs bienfaiteurs, les exilés, ballottés a tous les vents, sans ressources et souvent sans abri, mènent une existence lamentable et douloureuse.

Au moment de la conquête française, ils songeaient à s'établir en Espagne.

Marbeuf les fixa en Corse : accomplissant une mesure de justice et de pitié, songeant à rendre l'île « riche et industrieuse », il fit construire 120 maisons non loin des anciens défrichements de Paomia et, parmi les cultures, dans un cadre de collines dorées, Cargèse la Blanche se fonda.

Après bien des péripéties (qui durèrent jusqu'en 1814, une histoire plus paisible commença pour la ravissante bourgade grecque, cramponnée à la terre dont on a voulu lant de fois l'expulser.

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LA DUCHESSE D'ABRANTÈS, NAPOLÉON ET LES COMNÈNE

AU CHEF DES MANIOTES.

Quartier général, Milan, 12 thermidor an V (30 juillet 1797).

Le consul de la République française à Trieste m'a instruit de l'attention qu'avait eue Votre Seigneurie de m'envoyer une députation pour me faire connaître le désir qu'elle avait de voir dans son port des bâtiments français de l'armée d'Italie.

Les Français estiment le petit, mais brave peuple maniote, qui, seul de l'ancienne Grèce, a su conserver sa liberté. Dans toutes les circonstances qui pourront se présenter, ils lui donneront toujours des marques de leur protection et prendront un soin particulier de favoriser ses bâtiments et tous ses citoyens.

Je prie Votre Seigneurie d'accueillir agréablement les porteurs de la présente, qui ont le plus grand désir de voir de plus près les dignes descendants de Sparte, auxquels il n'a manqué, pour être aussi renommés que leurs ancêtres, que de se trouver sur un plus vaste théâtre.

La première fois que quelques-uns des parents de Votre Seigneurie auront occasion de venir en Italie, je la prie de vouloir bien me les adresser ; j'aurai un vrai plaisir à leur donner des marques de l'estime que j'ai pour votre personne et vos compatriotes.

Bonaparte

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venant du livre Correspondance de Napoléon Ier

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Napoleon avait des rapports etroits avec la communautee grecque de Cargese,la Duchesse D'ABRANTES en parle dans ses memoires

LA DUCHESSE D'ABRANTÈS, NAPOLÉON ET LES COMNÈNE

Laure Junot, duchesse d'Abrantès, disait descendre par sa mère de l'illustre famille des Comnène, empereurs de Byzance, puis de Trébisonde.

Aussi fut-elle vivement émue de lire dans le Mémorial de Sainte-Hélène l'attaque de Napoléon contre sa famille : « M. de Vergennes, voulant faire une princesse grecque de sa femme, on fut chercher un fermier en Corse, pour en faire un des derniers empereurs d'Orient. »

Ce « fermier » était Démétrius Stéphanopoli, oncle de la duchesse (frère de sa mère), à qui Louis XVI avait accordé par Lettres patentes le droit de porter le nom prestigieux de Comnène.

S'élevant contre l'allégation du Mémorial, Laure d'Abrantès a consacré deux chapitres de ses vivants Mémoires à la réfuter.

Après plus d'un siècle, les avis demeuraient partagés quand le déchiffrement, par M.Fleuriot de Langle, des Carnets de Sainte-Hélène du Maréchal Bertrand, remit tout en question.

Napoléon s'y montre, en effet, moins affirmatif que dubitatif.

En mai­juin 1818 soit deux ans après la conversation notée par Las Cases le 13 juillet 1816

Bertrand rapporte que la lecture de l'Histoire du Bas Empire donna à Napoléon l'occasion d'évoquer les Comnène : « Les Comnène établis en Corse étaient-ils réellement descendants des Comnène de Constantinople ?

Ce serait vraiment une chose curieuse, et je regrette de ne pas l'avoir cherché, d'avoir trop légèrement rejeté cela, sur les dires de mon vieil oncle [l'archidiacre] et de ma mère.

Au fond, quelles preuves avait-on contre eux ? Ils étaient pauvres.

La mère de Mme d'Abrantès était femme de chambre chez Madame. Cela ne prouve rien. »

Napoléon n'ayant aucune certitude sur le problème, il reste à l'expliquer en s'appuyant sur des faits incontestables, c'est-à-dire en écartant, comme pouvant être partial, le témoignage de la duchesse d'Abrantès.

On sait qu'une colonie, composée de Grecs émigrés de Morée, s'installa en Corse, à Paomia, en 1676, sous les auspices de la République de Gênes.

Cette colonie était conduite par plusieurs familles portant le nom de Stephanopoulos (italianisé en Stephanopoli) et sans doute apparentées entre elles.

Les Stephanopoli fournirent les principaux chefs de la colonie tout au long de son histoire.

C'est ainsi qu'un des quatre premiers chefs fut Constantin IV Stephanopoli ; son fils Théodore IV lui succéda le 21 avril 1681 ; son petit-fils Giovanni VI succéda à son père le 5 septembre 1729.

Ce Giovanni fut le père de Constantin V, qui eut plusieurs enfants, en particulier Démétrius et Louise-Marie, surnommée Panoria à cause de sa grande beauté.

Mlle Clairon rapporte que « lorsqu'elle arriva à Paris avec son habit grec, c'était un astre de beauté ».

Panoria épousa, en juin 1768, un Français, Charles Nicolas Martin de Permon, qui avait accompagné l'armée française en Corse et se trouvait alors secrétaire du Comte de Narbonne.
Ce sera le père de la duchesse d'Abrantès.

Ces Stephanopoli étaient-ils de pauvres fermiers, comme le prétend le Mémorial ?

Démétrius soutiendra que son père était officier, capitaine de cavalerie au Régiment de Cavalerie légère de Corse.

Le capitaine Constantin Comnène n'a pas de dossier sous cette appellation, car, à cette époque, il ne portait que le nom de Stephanopoli ; mais on trouve aux Archives de la Guerre le dossier du capitaine Constantin Stephanopoli, et des documents le concernant sous la référence « Cavalerie légère de Corse >.

En voici des extraits. A la date du 6 janvier 1762, on peut lire :

« Il a été rendu compte à Monseigneur le 6 janvier 1762 que M. le duc de Villars et M. le marquis de Castries représentaient que le Sr Constantino de Steffanopoly, capitaine, les Srs Dimo et Apostolino Steffanopoly ses frères, lieutenants, et le Sr Suzzony Corvetto, ne pouvaient subsister en France avec les appointements de réforme qui leur avaient été accordés en passant présents aux revues de la garnison Antibes-Savoie :

« 600 L au Sr Constantino de Steffanopoly, capitaine. « 300 L à chacun des dits Dimo et Apostolino ses frères, lieutenants.
« 300 L au Sr Suzzony Corvetto, « et qu'ils demandaient qu'ils eussent la liberté de se retirer en Corse leur patrie avec la jouissance de leur traitement. »

En marge, sont inscrits ces mots : « Et Monseigneur a mis Bon ». Les trois frères étaient donc, non des fermiers, mais des officiers.

Ils avaient participé à la campagne des troupes françaises en Corse, dans le régiment de cavalerie légère, formé en 1758 par M. de Vallière.

La campagne finie, ils avaient tenu garnison en France.

Ce compte rendu confirme les dires de Démétrius, et l'on n'a aucune raison de douter qu'une commission de capitaine de cavalerie ait été accordée à son père Constantin, comme il l'affirme, le 9 avril 1758, bien que nous n'ayions pu retrouver l'original du brevet dont une copie se trouve dans les papiers de Chérin.

Les frères Stephanopoli étaient donc considérés comme nobles, les emplois d'officiers étant réservés par les règlements militaires à ceux-ci.

La demande des trois frères étant agréée, ils revinrent en Corse. Les pièces suivantes montrent que Constantin et Dimo moururent en avril 1772 à Ajaccio.

Leurs veuves demandent, le 25 avril 1772, que les pensions leur soient continuées, ce qui est accordé par le Roi le 2 juin 1772.

Voici la demande de la veuve de Constantin :
« A Mgr le marquis de Monteynard, Ministre de la Guerre. « Le Sr Constantin Stefanopoli, fils du principal chef de la colonie grecque, réformé du Régiment de cavalerie légère de Corse, jouissant en cette qualité d'une pension de 600 L, vient de mourir.

« La dame, sa veuve, chargée de six enfants ou petits-enfants, est à vos pieds, vous suppliant de lui continuer sa pension accordée aux services de feu son mari, seule et unique ressource qui lui reste aujourd'huy pour vivre et élever ses enfants, jusqu'à ce qu'il ait plû à Sa Majesté de faire rentrer les familles grecques en possession des biens de leurs pères à Paomia.
Ceux des ancêtres de la suppliante et de feu son mary, considérables par des concessions accordées en différents temps par la République de Gênes à quelques chefs de la colonie, avaient encore été augmentés par des acquisitions particulières, fruit de leur travail et de leur économie.

« Une veuve et six enfants d'un capitaine de cavalerie au service du Roy, privés de leur patrimoine par des malheurs qui consacrent la fidélité de leur nation à leur souverain, vous supplient de leur éviter l'humiliation d'être à la charité du public et ne cesseront de faire leurs voeux pour votre conservation.

« Vedova Constantino Stefanopoli ».

La pauvreté de cette famille en 1772 s'explique par le fait que les Grecs avaient été chassés, lors de l'insurrection Corse de 1729-1731, des terres qui leur avaient été concédées à Paomia par Gênes et contraints de se réfugier à Ajaccio en abandonnant tout leur patrimoine.

La République avait formé en 1734 trois compagnies de Grecs pour réprimer la rébellion : le commandement de ces compagnies fut confié à trois Stephanopoli : Théodore, Jean, grand-père de Démétrius, et Michel.

On connaît leur solde : 35 livres génoises par mois pour un capitaine. En 1758, les Grecs passèrent au service de la France, dans le régiment de Vallière.

Ces soldes ne paraissent pas avoir été suffisantes pour que les chefs puissent tenir à Ajaccio le rang qu'ils avaient à Paomia.

La duchesse d'Abrantès n'a pas caché la pauvreté de sa mère : « Elevée fort durement en Corse, ignorant jusqu'à l'existence des objets de luxe qui faisaient alors partie de la toilette d'une femme... »

Panoria dira plus tard à ses enfants : « Votre père m'a épousée sans rien ; je lui dois tout. »

Est-ce à dire qu'elle ait été femme de chambre de Letizia Bonaparte, comme le dit Napoléon ?

Le fait est contesté par Letizia elle-même.

Dans une lettre à la reine Hortense, alors duchesse de Saint-Leu, du 30 décembre 1831, Madame Mère écrit en effet : « En Corse, nous nous connaissions à peine. »

Si l'on en croit la duchesse, Constantin Stephanopoli supportait difficilement sa situation humiliante de retraité et voulait que son nom s'éteignît en ses enfants : il destina ses fils à la prêtrise.

L'aîné, Jean-Etienne, quitta le métier des armes pour devenir prêtre ; Démétrius fut envoyé, sans doute en 1768, à Rome, au Collège de la Propaganda Fide, où il étudia jusqu'à la mort de son père en 1772, mais sans être ordonné ; enfin, Georges, du fait de sa jeunesse, échappa à cette destinée, tandis que Panoria épousait Permon, un roturier.

A son retour en Corse, Démétrius végéta dans des emplois peu lucratifs : d'abord commis à la Conservation des Bois, avec un traitement de 600 L, puis avocat.

C'est alors que se produisirent des dissensions dans la colonie grecque : le nouveau territoire de Cargèse devait être partagé également entre toutes les familles, selon les instructions de Terray.

Ce principe lésait les intérêts des familles qui avaient eu de grandes possessions à Paomia; d'où la protestation de la veuve de Constantin et de ses fils, qui se refusèrent à s'installer à Cargèse et réclamèrent une indemnité de dépossession.

Du fait de la violence de son opposition, Démétrius fut exilé trois mois à Bonifacio. Permon et sa femme vinrent à Paris en 1775 soutenir la revendication familiale ; Démétrius les rejoignit en 1776.

Leurs démarches aboutirent à un double résultat : un arrêt du Roi du 16 janvier 1777 accordait à la famille la concession d'un domaine de 3 000 arpents à Chiavari, — alors que les colons de Cargèse n'avaient que 20 arpents par famille, — mais elle n'en tira finalement aucun profit, ce domaine étant composé de marécages insalubres que Démétrius s'efforça en vain d'assainir.

En second lieu, Démétrius obtint pour lui-même en 1779 un brevet, purement honorifique d'ailleurs, de capitaine de cavalerie, en son nom de Démétrius Stephanopoli Comnène, des Protogeros de Lacédémone.

En effet, dans leurs revendications, la veuve et les fils de Constantin indiquent que leurs ancêtres avaient dans le Magne la qualification de Protogeros, c'est-à-dire Premier Sénateur ; le 17 juillet 1776, Démétrius signe une lettre du nom suivant : Démétrio Stephanopoli de Protogero.

Mais c'est dans la commission de capitaine de cavalerie qu'apparaît pour la première fois le nom de Comnène, sans que cela soit justifié.

Ce n'est qu'en 1781 qu'il soumet à Chérin, généalogiste du Roi, ses titres.

Il obtient, par Lettres patentes de Louis XVI d'avril 1782 la reconnaissance du droit de porter le nom que lui ont transmis ses ancêtres de Byzance et de Trébisonde, ainsi que de recevoir les honneurs dus à sa noblesse.

De fait, il est autorisé à monter dans les carrosses du Roi le 23 juin 1782.

La famille royale signe son contrat de mariage avec Mlle de la Chaussée de Boucherville, et sa femme est présentée à la Cour le 27 novembre 1785 par la comtesse de La Tour d'Auvergne. Tous ces événements sont relatés par la Gazette de France.

Nombre d'auteurs ont été surpris de ces honneurs exceptionnels ; les contemporains le furent sans doute aussi.

Ils étaient naturels si Démétrius descendait effectivement des empereurs de Byzance.

Soit que le fait parût invraisemblable, soit que ces honneurs aient suscité la jalousie, on supposa des causes secrètes et des interventions occultes.

C'est ici que commence l'affaire Vergennes-Comnène.
*
Sur cette affaire, le récit du Mémorial manque de logique : on voit mal comment le fait de faire d'un fermier corse un Comnène pouvait rendre princesse grecque la femme de Vergennes, alors ministre de Louis XVI.

C'est dans les Mémoires inédits du comte Colchen que l'on en trouve une explication :

« Madame de Vergennes, telle que me l'a raconté le vieux Balthazar Gratian (?) à Marseille, négociant établi à Constantinople au temps où M. de Vergennes y était ambassadeur : une femme jolie, fille d'un cordonnier grec et veuve d'un charlatan qui vendait des drogues sur les planches dans les rues de Constantinople...

L'ambassadeur en devient amoureux et en a deux enfants... Il finit par l'épouser et reconnaît pour ses fils les deux enfants qu'il en a eu.

La nation française à Constantinople, choquée de cette alliance, rompt tout rapport avec l'ambassadeur.

La Cour le rappelle. Il reste en disgrâce. Les talents qu'on lui connaît le font désigner en 1771 pour aller en Suède coopérer à la révolution qui s'y préparait et qui a eu lieu en 1722.

Appelé depuis au Ministère (des Affaires étrangères), il se concilie l'estime et l'affection du Roy qui lui confère les prérogatives et les honneurs du premier ministre.

Sa femme cependant ne jouissait nullement de la considération à laquelle l'élévation de son mari devait la faire prétendre.

C'était pour Madame de Vergennes un sujet de chagrin que personne n'ignorait et qui n'avait pu échapper à Demetrio Stefanopoli qui, en sa qualité de Grec, était parvenu à se faire introduire chez Madame de Vergennes.

« Les Grecs, qui se sont réfugiés en Corse, il y a environ 140 ans, ont la prétention d'avoir une illustre origine.

De cette prétention aux preuves qui pourraient la justifier, il y avait loin. Demetrio n'est pas effrayé de la difficulté.

Il se bâtit une généalogie qui le fait descendre en ligne directe d'Alexis Comnène empereur d'Orient et il y fait figurer les prétendus ancêtres de Madame de Vergennes.

C'est muni de cette pièce qu'il se présente un jour chez M. de Vergennes, réclamant l'intérêt auquel l'illustration de son origine commune aux ancêtres de Madame de Vergennes paraissait lui donner quelque droit.

La surprise de M. de Vergennes est grande. Il veut avoir des explications ; on les lui donne. Il a l'air de n'en être pas très satisfait. Cependant il consent à renvoyer la généalogie et les pièces justificatives à M. d'Hozier avec ordre de faire un rapport.

M. d'Hozier, comme on le conçoit, trouve la généalogie très bien établie. Il fait son rapport. Lettres patentes du Roy qui déclarent Demetrio Stefanopoli descendant de l'empereur Alexis Comnène et lui confèrent la qualité de comte Comnène.

Celui-ci monte en conséquence dans les carosses du Roy : on lui assigne une pension de 40 000 L. Quant à Mme de Vergennes, elle est présentée à la cour, admise à y jouir des honneurs de duchesse » .

Une partie des Mémoires inédits du Comte Colchen ont été publiés dans La Revue par le comte Hughes de Montbas. Ce passage est encore inédit.

Ce récit, qui paraît fort bien documenté, comporte du vrai, mais aussi du faux.

Le vrai est qu'il y eut effectivement une cabale contre Vergennes lorsqu'il fut nommé ministre et qu'on l'attaqua en la personne de sa femme.

L'abbé Georgel l'atteste dans ses Mémoires : il raconte les amours constantinopolitaines de Vergennes, son mariage, et ajoute : « Tous ces faits une fois connus à Versailles, on chercha à dissuader la reine de se laisser présenter la comtesse de Vergennes, et l'humiliation de ce défaut de présentation devait nécessairement empêcher le comte de Vergennes de continuer ses fonctions à la cour. »

En revanche, le récit du comte Colchen présente des lacunes et quelques erreurs flagrantes.

A l'époque où Démétrius soumit ses titres, le généalogiste du Roi était Chérin, et non d'Hozier

Dans le dossier de Chérin relatif à Démétrius et dans la généalogie qui y est présentée, il n'y a aucune allusion à Mme de Vergennes et à sa prétendue parenté avec Démétrius.

Les lettres patentes en faveur de Démétrius datent de 1782 : or il y avait huit ans déjà que Mme de Vergennes jouissait des honneurs de la cour.

Enfin, nous le verrons plus loin, Mme de Vergennes n'était nullement la fille d'un cordonnier, et pas même d'un Grec, comme l'avait prétendu l'informateur marseillais de Colchen.

Notre argument principal est qu'il est chronologiquement impossible que la reconnaissance de Démétrius comme un Comnène en 1782 ait pu influencer en quoi que ce soit la présentation à la cour de Mme de Vergennes en 1774.

Il n'est pas moins possible que Vergennes ait pu faire pression, pour cette raison, sur Chérin, dans l'hypothèse où cet intègre généalogiste aurait été influençable.

Pour compléter notre démonstration, il reste à donner la véritable raison de la présentation de Mme de Vergennes.

Elle est révélée par l'abbé Georgel.

Ce fut grâce à une intervention de l'impératrice Marie-Thérèse, consultée par sa fille Marie-Antoinette, que la cabale de Maurepas contre Vergennes fut déjouée et sa femme présentée à la cour.

Cette version peut paraître surprenante, elle est pourtant véridique et confirmée par la correspondance entre l'impératrice Marie-Thérèse et son ambassadeur en France le comte de Mercy-Argenteau.

Celui-ci écrit en effet à l'impératrice le 28 septembre 1774 :

« J'ai exposé dans ma dépêche d'office la difficulté qui existe relativement à la comtesse de Vergennes. Je dois soumettre aux hautes lumières de Votre Majesté l'usage qu'elle jugera à propos de faire de cette circonstance vis-à-vis de la reine.

Je vois le comte de Maurepas et tout son parti occupé à faire croire que c'est la reine qui s'oppose à cette présentation.

Il n'est pas du bon service de Sa Majesté que cette idée s'établisse, parce que jusqu'à présent le ministre des affaires étrangères s'est conduit d'une façon à marquer son désir d'obtenir les bontés et la protection de la reine, et que si Sa Majesté lui était contraire, elle ne ferait par là qu'appuyer les vues d'un parti duquel elle a quelques motifs de se défier, ce qui serait contraire à toute bonne politique. Je m'attends que le comte de Vergennes m'en parlera, mais je serai très circonspect dans mes propos et mes démarches, jusqu'à ce que je me trouve instruit des volontés de Votre Majesté dans un point qui peut devenir délicat et donner matière à bien des tracasse­ries. »

Marie-Thérèse comprend tout le parti qu'elle peut tirer de cette situation et répond le 13 octobre à son ambassadeur : « Il ne conviendrait aucunement que ma fille fût mêlée dans l'affaire de la présentation de Mme de Vergennes ; je m'en remets à votre circonspection ordinaire (s'il y a des exemples que des femmes pareilles ont eu l'accès, j'avoue, on ne devrait refuser celle-ci). »

Mercy-Argenteau saisit la parenthèse à demi-mot et effectue ses démarches, de telle sorte qu'il peut écrire en novembre : « Lors­que la reine demanda au roi que la comtesse de Vergennes fût présentée, ce monarque répondit avec sa douceur et sa complaisance ordinaires qu'il n'avait rien à refuser à son auguste épouse.

La reine fit venir le comte de Vergennes et lui annonça avec toute la grâce possible l'effet de ses bontés.

Je dois juger de l'impression qu'elles ont faite sur ce ministre par les termes dont il s'en est expliqué vis-à-vis de moi, en me disant qu'il devait le bonheur de son existence à la reine et à la protection de Votre Majesté. »

La véritable explication de la faveur dont bénéficia Mme de Vergennes est donc une raison diplomatique.

Du coup les allégations du Mémorial, et les explications de Colchen peuvent être écartées.

On peut ajouter qu'en 1774 Démétrius était au fin fond de la Corse et que Mme de Vergennes n'était pas la fille d'un cordonnier grec, mais d'un gentilhomme savoisien originaire de Chambéry, du nom de Henri de Viviers ; elle était veuve d'un chirurgien de Péra, faubourg de Constantinople, nommé Testa.

Marsangy précise que dans l'acte de naissance de son fils aîné, elle porte le nom de Anna Duvivier Testa et que dans l'acte de décès de Vergennes elle se nomme Anne de Viviers ; son frère y signe sous le nom de Chevalier de Viviers. Il reste possible que sa mère LA DUCHESSE d'ABRANTES, fût Grecque, mais aucun document ne permet de penser que Démétrius ait prétendu avoir quelque parenté avec elle.

On doit également tenir pour suspecte la version présentée par Cousen, dit « Comte de Courchamps », dans ses Mémoires (apocryphes) de la marquise de Créqui : « A propos de l'île de Corse, je vous dirai qu'on avait parlé d'une famille qui prétendait avoir le droit de faire revivre le nom de Comnène.

On commença par dire que cette fumée d'ambition pouvait être soufflée par M. Gravier de Vergennes, attendu qu'une demoiselle phanariote, qu'il avait épousée pendant son ambassade à Constantinople, avait, je ne sais comment, des rapports d'alliance ou de parenté avec cette famille corse dont il est question...

Je ne sais trop ce qu'il arriva des manoeuvres de M. de Vergennes ou des recherches de M. Chérin ; mais toujours fut-il que ce M. Stephanopoulo eut l'honneur d'être présenté au roi sous le nom de Comte de Comnène...

Je ne voudrais pourtant pas décider sur une prétention que je n'ai peut­être pas bien examinée, parce qu'elle était sans importance. »

En définitive, il paraît bien que la seule explication de l'octroi des Lettres patentes à Démétrius soit la validité des documents présentés par Chérin à Louis XVI.

On ne voit pas ce dernier, fort exigeant en matière de noblesse, Vergennes, parfait honnête homme, et Chérin, si pointilleux, couvrir tous trois une imposture.

Un historien, trop souvent pris en défaut, prétend également que « si les Stephanopoli avaient prétendu, en Corse, à se singulariser en se réclamant d'une origine impériale, ils auraient prêté à rire.

Et ils ne s'y risquèrent sans doute jamais. »

Mais si ! L'historien Cambiagi, dans son Historia del Regno di Corsica, qui date de 1770, consacre un chapitre entier à la généalogie de la famille Stephanopoli depuis l'empereur Alexis Comnène, et à l'histoire de cette famille en Laconie et en Corse, et ceci d'après les récits et les documents mêmes des Grecs de Corse.

La chose était donc parfaitement connue, traditionnelle, et personne n'en riait.

Démétrius, en demandant la reconnaissance de son nom de Comnène, ne faisait que réclamer l'officialisation d'une tradition maintenue dans la colonie grecque.

Bien plus, le consul de Grèce en France, E. Yémeniz, dans un article paru dans La Revue des Deux Mondes du 1" mars 1865, sur Le Magne et les Maniotes, atteste qu'il a retrouvé cette tradition dans le Magne en 1856, lorsqu'il le visita.

Comme le disait Napoléon à Bertrand : « Au fond, quelles preuves a-t-on contre eux ? Ils étaient pauvres... Cela ne prouve rien. »

HERVÉ ROUSSEAU

http://www.revuedesdeuxmondes.fr/prod/fi...

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Re: LA DUCHESSE D'ABRANTÈS, NAPOLÉON ET LES COMNÈNE

Si il y a bien un livre qui donne des cheveux gris au specialiste sur Napoleon c est le livre de la Duchesse d Abrantes

MEMOIRES DE LA DUCHESSE D'ABRANTES

Petit extrait

Je veux maintenant raconter comment la famille Bonaparte était avec la mienne ; comment l'amitié les unissait, et comment aussi des liens de parenté existent entre nous ; car il est assez curieux de dire que l'origine de Bonaparte est très probablement grecque. Ce sujet est assez intéressant pour faire l'objet d'un nouveau chapitre.

Des recherches d'érudition sur des hommes qui n'ont joué qu'un rôle ordinaire dans l'histoire ne sont pas très-importantes ; mais il est d'un haut intérêt de suivre dans toutes ses ramifications la généalogie de celui qui a rempli le monde de son nom , lorsque surtout cet homme est Napoléon !

Lorsque Constantin Comnène aborda en Corse , en 1676 , à la tète de la colonie grecque , il avait avec lui plusieurs fils, dont l'un s'appelait Calomeros. Ce fils fut envoyé par lui à Florence pour
remplir près du grand-duc de Toscane une mission délicate.

Constantin Comnène mourut avant son retour.

Le grand-duc garda le jeune Grec près de lui ; et , renonçant à la Corse , Calomeros s'établit en Toscane.

Calomeros , traduit littéralement, signifie belia parte ou buona parte. Le nom de ce Calomeros a donc été italianise'.

Pour en revenir à mon sujet , je dirai donc qu'un Calomeros revint d'Italie , de toscane même , et s'établit en Corse , où ses descendans se perpétuèrent et formèrent la famille Buonaparte.

Maintenant la question est de savoir si le Calomeros partant et le Calomeros revenant ont une filiation directe.

Ce qui est certain , ce sont les deux faits , du départ de l'un et du retour de l'autre. Une particularité assez singulière , c'est que les Comnène , en parlant des Bonaparte, ne se servent jamais, dans leur idiome, que du nom grec pour les désigner , Calomeros ou Calomeri ou Calomeriai , selon qu'ils parlent d'un seul, ou de plusieurs collectivement. Une grande amitie unissait les deux
familles.

http://www.archive.org/stream/mmoiresdem...

http://books.google.gr/books?id=1AqP4k0u...

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Le rapport entre Napoleon et les grecs de Corse est ambigue,dela depuis sa Corse natale comme aussi de la presence grecque dans son expedition d Egypte,de son voyage peu avant cette expedition en Laconie,dans le pays des maniotes au Peloponese,ainsi que de la volonte de Napoleon de faire les iles Ioniennes,une republique independante,qui fut le premier etat grec de l epoque moderne

Ce qui est le plus etrange concernant Napoleon c est sa These de fin d etude a l ecole militaire dont le titre est

«Memoires sur l’education des jeunes Maniotes»

J ai eu beau chercher sur le Net,je n ai pas trouver ce travail scolaire de Napoleon a l epoque de son apprentissage du metier des armes

Il compare l’education des jeunes Maniotes a l education des jeunes spartiates de l antiquite selon les sources qui relattent cette these de Bonaparte lors de ses etudes militaires

Etrange cette proximite et interet de Bonaparte pour les maniotes de Corse et des maniotes du peloponese,sans parler des grecs d Alexandrie,allies des francais lors de l expedition d Egypte et de l independance de la republique Ionienne

Bonne lecture

Ta leme