Vu du ciel, le premier aperçu nocturne de Lesbos, tandis que l'avion en provenance d'Athènes décrit une boucle au nord de cette île grecque, est un bateau puissamment éclairé avec, rivé à son flanc, un bateau pneumatique vidé de ses occupants. Morteza a été recueilli de la même façon.
L'annonce n'aurait pu mieux tomber : mardi, le gouvernement grec s'est enfin engagé à transférer 2 000 migrants de l'île de Lesbos vers la Grèce continentale d'ici la fin du mois.
L'île grecque de Lesbos était privée jeudi de médias locaux du fait d'une grève des journalistes contre des violences d'extrême droite les visant, sur fond de tensions alimentées par le confinement sur l'île de plus de 10'000 exilés.
Ils veulent dénoncer la surpopulation. Les employés du camp migratoire de Moria à Lesbos, la plus peuplée des îles grecques, ont annoncé vendredi 7 septembre une grève du zèle à partir de samedi, et un arrêt de travail lundi.
EN IMAGES - L'île grecque de Lesbos était en 2015 le symbole de la crise migratoire en Méditerranée. Trois ans plus tard, les tentatives de départ empruntent d'autres routes et les plages sont redevenues un territoire fréquenté par les touristes.
Alexis Tsipras a défendu, jeudi 3 mai, à Lesbos, l'accord migratoire controversé conclu entre l'UE et la Turquie, tout en essayant d'apaiser la colère sur cette île où sont bloqués près de 9 000 réfugiés et migrants.
Sur un mur, un graffiti « Bienvenue en prison » donne le ton. Au milieu des champs d'oliviers de Lesbos, le camp de Moria est entouré de barbelés, surveillé par la police, interdit théoriquement aux journalistes.
Maires et habitants des îles grecques en mer Egée où plus de 15.000 réfugiés et migrants sont entassés dans des camps insalubres sont venus manifester mardi à Athènes pour réclamer leur transfert en Grèce continentale.