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Metin Arditi : « Constantinople, c’est à la fois Athènes, Rome et Jérusalem qui se donnent rendez-vous à Byzance »

Published in Le Figaro on
Metin Arditi. JF PAGA/Grasset
Légende

Metin Arditi. JF PAGA/Grasset

UN HOMME, UNE VOIX - Le romancier suisse vient de publier le dernier tome de sa Trilogie de Constantinople. Il y décrit la nostalgie des minorités contraintes de fuir la Turquie après le pogrome de 1955.

Lorsqu'il vient à Paris, et il y vient souvent, Metin Arditi descend au Ritz. C'est ainsi et il n'a pas à s'en excuser. Né dans une famille juive de Turquie, émigré en Suisse, il y a suivi de brillantes études avant de faire fortune dans l'immobilier. Parce qu'il se fait une haute idée du devoir qui incombe à chacun, il estime que sa richesse l'oblige plus que d'autres. Ainsi est-il devenu mécène, à travers la fondation qui porte son nom et distribue chaque année une quinzaine de prix richement dotés - dont le prix Constantinople qui couronne un écrivain œuvrant pour le rapprochement entre les deux rives du Bosphore.

Le Bosphore, justement. Ce détroit, souvent considéré comme une frontière entre l'Orient et l'Occident, se retrouve à la fois dans le titre et au cœur du nouveau roman d'Arditi. On le sait : depuis Adam, l'homme est possédé par la nostalgie du jardin d'Éden dont il a été chassé. Aux yeux d'Arditi, Istanbul apparaît comme une métaphore de ce paradis perdu, malgré les tracasseries…