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Après les premières arrestations spectaculaires, l'enquête sur la 17N peine à avancer

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By iNFO-GRECE ,

Décidément, le spectacle est (déjà) fini. Le démantèlement tant annoncé de la dernière organisation de terrorisme politique semble se limiter à l'arrestation d'une dizaine de personnes de second rang, exception faite d'Alexandros Giotopoulos, présumé chef de l'organisation qui refuse toujours de reconnaître sa participation. Cela devrait bien arranger l'entreprise de démystification entreprise par le gouvernement pour faire changer l'image de la 17N du terrorisme politique à la simple organisation criminelle.


Il faut beaucoup de foi pour croire que 21 assassinats de diplomates étrangers dont des agents de la CIA et des attachés militaires, des personnalités du monde politique et économique grec et des incursions dans les camps militaires pour se réapprovisionner en armement, c'était finalement de la poudre aux yeux pour justifier des banals brigandages de banques. Mais les Grecs ne manquent pas de foi, surtout quand il s'agit de préserver l'image d'une bonne partie de la gauche et notamment du populaire parti socialiste grec, le Pasok, des dommages latéraux inévitables par les cousinages idéologiques avec l'extrême gauche dont se réclament les terroristes et les alliances –sans doutes inévitables- du temps de la lutte contre la dictature avec au moins la première génération des terroristes de "17N".

Avouons-le tout de même, pour aussi compréhensible qu'il soit, que le procédé de cette "démystification" est vulgaire et ne fait que sous-estimer l'intelligence de nos compatriotes. Donc, voilà les dernières nouvelles du front (de la lutte antiterroriste) c'est un certain "Lucas", de son vrai nom Dimitris Koufontinas qui manque toujours à l'appel. Koufontinas, onoma kai prama, Dimitri le Sourd, selon l'étymologie de son nom, est soupçonné d'être le lien entre les donneurs d'ordre et les exécutants de la 17N. Alors la police met rien de mois que 45.000 policiers, autant dire l'ensemble de ses effectifs, à ses trousses une photo du coupable en poche, un mois après avoir établi le rôle de "Lucas" dans l'organigramme de la 17N, prévenant ses hommes, comme s'il en était besoin, que l'homme est dangereux et qu'il pourrait porter des armes ! Avec les premiers succès début juillet, la Police grecque avait commencé à gagner fièrement ses galons, elle risque de les perdre aussi rapidement.

En attendant, des inconnus se proclamant de la 17N reconnaissent les pertes et menacent avec des prises d'otages. Leur texte envoyé à Eleftherotypia, le quotidien où étaient envoyées habituellement les revendications de la 17N, est qualifié de farce par le gouvernement.

La semaine suivante, un important vol d'armes a lieu dans une caserne de l'armée grecque à l'île de Kos dans le Dodécanèse. Rififi en plusieurs points similaire à un autre vol d'armes attribué et revendiqué par la 17N en 1989, il est cette fois le fait de… trafiquants d'armes, selon le porte-parole du gouvernement. Comme si les trafiquants d'armes avaient besoin de braver les autorités grecques au moment où celles-ci sont censées être les plus vigilantes pour retirer 17 (!) pistolets. Pour faire avancer l'enquête, on reconstitue le vol de la caserne, on fait passer les appelés présents dans le camp la nuit du vol par le trou ouvert par les cabrioleurs dans le mur du dépôt. Les gros qui ne passent pas, sont éliminés et le tour est joué ! On poste un garde à 120 mètres, on fait abattre un morceau du mur en plein jour et on constate que le bruit ne pouvait être audible par le garde. Peu importe si le vol a eu lieu en pleine nuit où les cigales se taisent et que le garde est censé se trouver à 20 mètres seulement du dépôt. Trois coups de fil pour revendiquer le vol au nom de la 17N, des plaisantins !

Hier encore, un inconnu se disant de la première génération de la 17N, celle des fondateurs, fait parvenir une revendication écrite à la chaîne de TV Alter, il revendique toutes les actions de la 17N de 74 à 83, avant de différentier sa position accusant les services secrets d'avoir perverti les buts initiaux ; "nous avons découvert avec retard que l'organisation était rongée par les services secrets", écrit-il notamment. Pour authentifier la déclaration, l'auteur laisse ses empreintes digitales sur le texte prétendant qu'elles sont identiques avec celles trouvées sur le texte de la première revendication de la 17N transmise par Jean-Paul Sartre au quotidien français Libération en 1974. Mais sans "le tampon traditionnel" de la 17N la déclaration est qualifiée de "farce de mauvais goût". Cependant, l'auteur du texte ne manque pas de proférer quelques menaces contre "le cerveau obscur du Pasok".

Les pistes s'embrouillent à nouveau. Et l'Amérique qui semblait s'accommoder des premiers succès de la police grecque rehausse le ton. Dans une interview publiée hier par le quotidien Eleftherotypia, l'ambassadeur des Etats-Unis à Athènes Thomas Miller prévient "nous n'avons pas finit avec le terrorisme". M. Miller demande à ce que "tous les membres et collaborateurs de la 17N et des autres organisations terroristes en Grèce soient arrêtés et condamnés avant de fermer l'affaire". Selon les informations disponibles à ce jour, M. Miller n'exclue pas que "l'avenir réserve d'autres surprises".

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