Port de Naoussa, Paros, Cyclades. LAURENT FABRE
En deux décennies, l’île a changé de visage : des poulpes qui sèchent au soleil aux cartes de cocktails façon Mykonos, des tavernes de pêcheurs aux suites à 800 € la nuit. L’île «familiale» des Cyclades a basculé dans le club fermé des destinations chic, au risque de perdre son âme. Entre mykonisation assumée, colère des habitants et poches d’authenticité préservées, Paros est-elle en train de devenir le laboratoire explosif du surtourisme en Grèce ?
Fermez les yeux et imaginez… Il y a vingt ans, sur le petit port de pêche de Naoussa. On peut encore observer de vieux Grecs burinés par le soleil, affairés à décrocher quelques sardines de leurs filets de pêches jaunes. Les poulpes sèchent au soleil sur des grands fils tendus au-dessus de la tête des touristes qui dégustent un verre d'Ouzo à moins de deux euros et une salade grecque à quatre. Une veuve habillée de noir vous salue, d'un sourire sans dent: «Yassas !». Le paradis. Les Cyclades.
Retour en 2026… Et ça pique. Le port de Naoussa est devenu un repère à influenceuses qui posent en tenues minimales dans ce décor de carte postale. Les commerçants l'ont bien compris, les prix se sont envolés. Les bars et restaurants traditionnels ont laissé place à de très chics bars à cocktails dignes de St Tropez… ou Mykonos, l'île voisine de…