Donner du mou sur la dette, enterrer l'austérité: après plusieurs prix Nobel d'économie, c'est Barack Obama qui se rallie à la Grèce. Le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras, issu du parti de gauche radicale Syriza, a reçu dimanche un soutien de taille en la personne du président américain: «On ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression», a déclaré Obama sur CNN. «A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes», a-t-il poursuivi.
La Grèce traîne une dette représentant quelque 175% de son Produit intérieur brut (PIB), autrement dit: il faudrait pour la rembourser y consacrer pendant presque deux ans toute la richesse générée dans le pays. Cette proportion effraie les marchés et empêche Athènes de se financer de manière autonome.
Pour Obama comme pour de nombreux économistes, le plus efficace pour comprimer ce fameux ratio dette/PIB est donc d'augmenter le PIB grâce à une robuste croissance. Et non de consacrer chaque année au désendettement des excédents budgétaires péniblement dégagés, comme l'avait accepté l'ancien gouvernement grec.