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L'opposition apporte son soutien au gouvernement pour les reformes "douloureuses"

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By iNFO-GRECE ,

Alors qu'une semaine décisive s'ouvre pour l'économie grecque, avec l'avis de la Commission européenne sur le Pacte de stabilité et de croissance de la Grèce attendu mercredi, le premier ministre, Georges Papandréou, est intervenu lundi devant le parlement pour demander aux chefs des partis politiques un consensus national pour sortir le pays de la crise ; appel entendu par le leader du principal parti de l'opposition ND, Antonis Samaras, qui demande toutefois au premier ministre de presser le pas.

M. Papandréou a présidé dimanche après-midi une réunion élargie sur l'économie, notamment sur le bilan des recettes du budget de l'Etat en janvier, considéré comme un test majeur dont pourrait dépendre même une accélération éventuelle des mesures décidées initialement pour le redressement de l'économie grecque.

Le premier ministre devrait en savoir un peu plus sur les intensions des partenaires européens après sa rencontre, mardi à Athènes, avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, attendu lundi soir à Athènes dans le cadre de ses visites protocolaires programmées pour les 100 premiers jours de son mandat.

A Bruxelles, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Amelia Torres, a rappelé que le Programme de stabilité et de croissance de la Grèce est ambitieux mais réaliste, soulignant toutefois la possibilité de risques pouvant surgir dans son application, dans le cas d'une conjoncture économique plus défavorable que prévu.

Dans les recommandations de la Commission européenne qui seront annoncées mercredi, il sera question d'un suivi étroit de la situation économique en Grèce, alors qu'il sera demandé au gouvernement de présenter un projet de solutions alternatives, à savoir de nouvelles mesures dans le cas de risques, voire le cas échéant d'un dérapage de certains objectifs du Programme.

Mme Torres a rappelé par ailleurs que la Commission européenne décidera, tant sur la procédure du déficit excessif conformément à l'art. 126 par. 9, que sur la crédibilité des données statistiques grecques, et proposera en outre l'adoption des réformes structurelles indispensables au redressement de la compétitivité de l'économie grecque.

Une perspectives à laquelle le gouvernement a commencé à préparer l'opinion publique, le Secrétaire général du ministère des Finances, Ilias Plaskovitis, reconnaissant qu'il y aura des mesures supplémentaires dans le domaine des dépenses, s'il n'y pas les résultats attendus sur le front des recettes, lors d'une intervention lundi à un congrès du quotidien "Apogevmatini" sur le thème "Banques et économie - Le prochain pas".

Les mesures supplémentaires, si elles sont jugées nécessaires, seront prises au cours du premier trimestre de l'année et non avec les initiatives structurelles à la fin de l'année, a conclut M. Plaskovitis.

Papandréou appelle à un consensus national pour sortir le pays de la crise

C'est dans ce contexte que le premier ministre, Georges Papandréou, a pris la parole lundi soir en débat parlementaire extraordinaire sur la lutte contre la corruption convoqué à l'initiative du président de la ND, Antonis Samaras.

"Notre intention est de débarrasser la Grèce de l'étau de la tutelle et de la spéculation", a déclaré M. Papandréou. "Du sentiment d'injustice que nous ressentons à juste titre, faisons en une force de changement, de réorganisation de notre pays. Nous n'avons pas le luxe de micro-règlements et de micro-revendications. Nous n'avons pas les marges pour supporter des barrages (routiers) et des grèves prolongées", a dit le premier ministre à l'adresse des agriculteurs qui bloquent les routes pour la deuxième semaine.

A ce point, M. Papandréou a accusé la ND, lorsqu'elle était au pouvoir, d'avoir laissé la Grèce rétrograder chaque année dans le classement des indices de corruption, ainsi que des indices de la compétitivité de l'économie, mais il a appelé les chefs de tous les partis politiques à soutenir l'action du gouvernement dans un effort national de sortir le pays de la crise.

"Notre pays se trouve dans l'œil du cyclone", a-t-il dit notamment, montrant du doigt la spéculation internationale, dont il estime que la Grèce est devenue la cible. "La Grèce est devenue le maillon faible de la zone euro. Chaque jour, les conditions de recours à l'emprunt deviennent pires", a poursuivi M. Papandréou, pour souligner qu'il y va d'une obligation nationale de faire échec dans les actes à tous les efforts visant à pousser le pays dans le précipice. "Le gouvernement est décidé à faire tout ce qui est nécessaire pour ne pas permettre que le danger devienne réalité", a-t-il dit.

Enfin, M. Papandréou a répondu à la proposition de la ND pour la mise en place d'une commission interpartis contre la corruption en préconisant le renforcement de l'actuelle commission des Institutions et de la Transparence du Parlement.

Samaras : Enfin, décollez, Monsieur le premier ministre !

Le président de la ND, Antonis Samaras, dans son intervention lundi au Parlement, a lancé un appel à l'unité contre la corruption, tout en acceptant parallèlement la proposition du premier ministre, Georges Papandréou, pour des rencontres séparées avec les chefs des partis politiques.

M. Samaras a appelé le parti gouvernemental à ne pas donner des leçons de responsabilité à la ND, rappelant à M. Papandréou, qu'à propos des mobilisations des agriculteurs l'année dernière il n'a pas hésité à accueillir les agriculteurs de Crète au Pirée en les encourageant ainsi à se rendre à Athènes sur leurs tracteurs, après avoir qualifié de "miettes" les 500 millions que donnait la ND et promettant, lui, le double !

Le président de la ND a accusé également le gouvernement d'entretenir un climat d'incertitude avec ses déclarations, prenant pour exemple le premier ministre qui, d'une part, fait état d'"un risque de faillite" et, d'autre part, un ministre qui affirme qu'"il ne reste pas un sou dans les caisses de sécurité sociale". "Vous créez un sentiment injustifié de panique, pour vous interroger ensuite sur la hausse des spread et l'attaque des spéculateurs sur les marchés internationaux, pourquoi nous empruntons de plus en plus cher", a dénoncé M. Samaras.

M. Samaras est convenu que la Grèce traverse la crise la plus importante des dernières décennies, et a assuré le gouvernement du plein soutien de la ND aux mesures difficiles et même douloureuses si elles sont justifiées et justes, pointant toutefois la faiblesse de l'actuel gouvernement à faire face à la crise. "Aujourd'hui nous prenons l'initiative d'une action commune contre la corruption. Cela ne dépend que de vous de nous avoir à vos côtés sur les grands sujets", a-t-il dit en direction du premier ministre, le pressant d'accélérer le rythme des reformes. "Enfin, décollez, Monsieur le premier ministre ! Lancez les reformes. Vous tardez trop ! Vous perdez du temps et de la crédibilité. Et plus vous perdez du temps et de la crédibilité, plus les déficits, que vous êtes appelé à affronter, grandissent", a-t-il lancé.

Le KKE appelle à "un barrage populaire puissant"

C'est dans un tout autre esprit que c'est inscrit l'intervention du KKE (parti communistes) dont la Secrétaire générale, Aléka Papariga, a rejeté la proposition du premier ministre pour un consensus et le soutien de la politique gouvernementale pour faire face à la crise économique, acceptant toutefois l'invitation de M. Papandréou pour des rencontres bilatérales avec les chefs des partis. "Il n'entre pas dans la pratique du KKE de refuser de telles rencontres et à plus forte raison de pouvoir y exposer avec transparence nos positions. Toutefois nous devons préciser qu'il n'existe aucun consensus en ce qui concerne l'union de nos forces pour soutenir la politique économique du gouvernement", a dit M. Papandréou.

Un peu plus tôt, un communiqué du KKE appelait le peuple grec à dresser un "barrage populaire puissant", à l'instar des barrages routiers des agriculteurs en pleine mobilisation, pour faire front aux "mesures anti-populaires sauvages" du gouvernement et de l'UE.

i-GR/ANA-MPA

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