Ariane à Naxos, à Strasbourg jusqu'au 8 novembre, à Mulhouse les 20 et 22 novembre et à Colmar le 29 novembre. L'Opéra national du Rhin
CRITIQUE - Pour l’ouverture de la première saison à l’Opéra national du Rhin, sa directrice, Chrysoline Dupont, a demandé à Myriam Marzouki de mettre en scène l’œuvre du compositeur allemand. Une déception tant son propos est déconnecté.
Une des tendances lourdes de cette rentrée lyrique est la féminisation. À commencer par les directrices : après Alexandra Lacroix à Nantes et juste avant Antonella Zedda à Dijon, c'est Chrysoline Dupont qui vient d'ouvrir sa première saison à la tête de l'Opéra national du Rhin. Et les trois ont fait appel à une metteuse en scène venue du théâtre, comme à Rouen, déjà fin septembre.
Cette ouverture est salutaire, mais ne présuppose en rien que la réussite sera au rendez-vous ! Ainsi est-on sorti bien déçu de la première d'Ariane à Naxos dans la lecture de Myriam Marzouki à Strasbourg. Le chef-d'œuvre de Strauss est un opéra sur l'opéra, mais aussi sur les rapports entre l'art et la vie, doublé d'un parcours initiatique. Myriam Marzouki n'explore pas cette complexité, préférant y plaquer une action parallèle. L'action est transposée dans la Grèce des années 1960, sur fond d'avènement de la dictature des colonels : voici des miliciens inquiétants, qui molestent des manifestants…