Trois bombes ont explosé ce matin dans un commissariat de Kalithea, une banlieue d’Athènes. Du pain béni pour la presse internationale qui a pu faire ses gros titres au jour symbolique J-100 de l'ouverture des Jeux Olympiques d'Athènes. Les Grecs auraient préféré que se soit un jour festif, une annonce de l'avancée des préparatifs et ils comptaient bien afficher leur assurance face aux menaces terroristes qui malgré qu'hypothétiques pèsent sur l'organisation. Les bombes étaient-elles destinées à surprendre où à tuer ? Les réponses officielles, autorisées ou non, ont été contradictoires à l'annonce de l'information.
Ces bombes ont explosé successivement. La première à 4h55, quatre minutes avant la seconde. La troisième est intervenue 30 minutes plus tard. Des mesures d’évacuation et de sécurité renforcée avaient pourtant été prévues après un coup de téléphone prévenant un grand quotidien grec ainsi que la police. Mais l’arrière bâtiment n’a peut-être pas été assez protégé. Il n’y a pas de victimes mais de lourds dégâts matériels.
Cet attentat n’a pas été revendiqué mais on suppose qu’il s’agit du groupuscule d’extrême gauche « lutte révolutionnaire » qui avait posé trois bombes, en septembre dernier, selon le même mode opérationnel et qui est radicalement opposé au dispositif de sécurité mis en place pour l’été. Les mesures de sécurité dans le centre ville sont, en effet, de plus en plus visibles. Quelques 283 caméras ont été mises en places et de nombreux policiers armés circulent en permanence pour surveiller la ville et ses alentours.
Bien que cet attentat fait partie de l'ordinaire de la police grecque aux prises avec les nombreux groupuscules anarchisants ou d'extrême gauche d'Athènes, cet l'incident intervient à une date symbolique et alors que le ministre de l’ordre public se trouve à Washington pour parler du dispositif de sécurité qui sera mis en place pendant les Jeux. Même si les actions de ces groupuscules n'inquiètent pas plus les Grecs que les villas Corses qui sautent régulièrement n'inquiètent les français, le fait de leurs sympathies aux deux organisations terroristes meurtrières que furent la 17 Novembre et l'ELA - aujourd'hui officiellement démantelées - ne passe pas inaperçu. A 100 jours exactement de la date d’ouverture des Jeux Olympiques d’Athènes ces trois bombes inquiètent fortement l’opinion publique nationale et surtout celle internationale qui ne dispose pas forcement les moyens pour faire la part entre les agitateurs locaux et le terrorisme international. Et la fête du J-100 a bel et bien été gâchée, comme quoi terrorisme international ou agitateurs locaux n'hésitent devant rien pour faire parler d'eux. Un tribut de plus à verser à la surmédiatisation des Jeux d'Athènes dans un climat international déjà marqué par l'insécurité et qui fait que les radars médiatiques scrutent en permanence le moindre incident.
i-GR/Alexia Kefalas/Athanassios Evanghelou