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De 15 à 25: l'élargissement de l'Union Européenne sans la Turquie complique la tâche de la diplomatie grecque

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Από iNFO-GRECE ,

Le rapport présenté hier à la Commission Européenne sur l'élargissement de l'Union à 25 pays, très reservé sur les progrès accompli par la Turquie sur le chemin de la démocratisation, a été très mal reçu à Ankara où les promesses grecques avaient permis d'espérer que la Turquie pourrait être incluse dans la deuxième vague d'adhésions. Le Ministère des Affaires Etrangères grec a jugé utile de réconforter son voisin en insistant sur les points positifs du rapport et réaffirmant le soutien du gouvernement grec à l'adhésion de la Turquie.


La contre-attaque du Ministre turc des Affaires étrangères Sina Gurel a été aussitôt dirigée vers le point sensible des relations greco-turques, Chypre. "L'Union Européenne risque de fermer la porte à toute possibilité d'atteindre une solution [du problème turco-chypriote] et de sceller définitivement le démembrement de Chypre si elle admet l'île sans qu'auparavant une solution sur le futur régime interne de chypre n'est trouvée", a-t-il dit expliquant que, pour la Turquie, "l'Union Européenne prend une position unilatérale qui décourage les chypriotes-grecs à chercher une solution autour d'une table de négociations".

Ce chantage a été peu apprécié de Jacques Poos, rapporteur du Parlement Européen pour l'adhésion de Chypre. Il a rappelé que l'intégrité territoriale de chypre devait être respectée et que "[la Turquie] ne peut pas rejoindre l'Union Européenne avec un territoire illégalement annexé", a-t-il prévenu laissant entendre que si la Turquie annexe les territoires occupés depuis 1974, elle peut oublier ses rêves européens, rapporte l'agence Chypriote de Presse de Bruxelles.

Le rapport remis mercredi à la Commission, invitant précisément la Turquie à être plus constructive dans les négociations, encourage les deux parties à rechercher rapidement un terrain d'entente, mais réaffirme aussi que Chypre suivrai le calendrier prévu pour l'adhésion "quoi qu'il arrive". Le rapport rappelait à l'intention de turco-chypriotes qu'une importante enveloppe financière sera allouée au développement de la partie Nord de l'île en cas d'accord. Chypre ressort de toute façon comme le meilleur élève de la classe des dix candidats qui doivent signer l'accord d'adhésion au printemps 2003, accord qui les rendra membres à part entière de l'Union dès 2004.

Malgré ce langage clair envers la Turquie de la part de l'Union Européenne, la Grèce a crû bon de consoler une Turquie qui s'est sentie flouée par les promesses du Premier ministre Grec Costas Simitis et de son Ministre des Affaires étrangères Giorgos Papandreou qui depuis la rentrée de septembre mènent campagne auprès de leurs partenaires européens en faveur d'une date pour démarrer les négociations d'adhésion avec la Turquie. La Commission a choisi de se passer de leurs arguments et de faire preuve de fermeté envers la Turquie qui si, au cours de l'été, s'est précipitée pour donner quelques gages de démocratisation à l'Europe, elle n'a pas convaincu de sa réelle volonté de faire entrer les reformes annoncées dans la pratique.

"La Grèce soutient la marche européenne de la Turquie et elle va la soutenir à Compenhague", a dit Giorgos Papandreou dans sa conversation téléphonique avec son homologue turc mercredi soir a qui il a rappelé les aspects positifs concernant la Turquie dans le rapport. Interrogé par les journalistes grecs, M. Papandreou a estimé qu'il est toujours possible de proposer une date de début des négociations pour l'adhésion de la Turquie, hypothèse qui si elle n'était pas formellement exclue du rapport, n'ést pas pour autant envisagée par la Commission qui recommande pour le sommet du Conseil Européen de Copenhague de conclure les négociations d'adhésion au printemps 2003 avec Chypre, la République Tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République Slovaque et de Slovénie.

"S'agissant de la Bulgarie et de la Roumanie, la Commission soutiendra fortement ces deux pays à remplir leur objectif d'adhérer en 2007", stipule le rapport, précisant que "la Commission proposera, avant le Conseil européen de Copenhague, une feuille de route détaillée pour aider la Bulgarie et la Roumanie à mener à bien leurs préparatifs".

Quant à la Turquie, le rapport reconnaît que "La Turquie a accompli des progrès considérables dans le sens du respect des critères politiques de Copenhague. Elle a supprimé la peine de mort, sauf en situation de guerre, et adopté des mesures importantes pour autoriser des langues autres que le turc dans le secteur de la radio et télédiffusion et dans l'enseignement. L'état d'urgence a été levé dans deux des quatre provinces où il était appliqué", mais souligne que "Il n'en reste pas moins que la Turquie ne respecte pas pleinement les critères politiques. Comme l'indique le rapport régulier, les réformes engagées comportent un certain nombre de restrictions non négligeables au plein exercice des droits et libertés fondamentaux. Bon nombre d'entre elles supposent par ailleurs l'adoption de règlements et autres mesures administratives. Enfin, la Turquie doit aborder un certain nombre de questions importantes qui se posent dans le cadre des critères politiques. Le rapport encourage le pays à poursuivre son processus de réforme en vue de renforcer la démocratie et la protection des droits de l'homme, en droit et en pratique". En conclusion, le rapport se contente d'une recommandation appuyée à poursuivre les efforts et ne propose aucune date précise pour commencer les négociations d'adhésion.

La recommandation de la Commission est "extraordinaire, juste et raisonnable. L'Allemagne la soutiendra", a dit le chancelier allemand M. Schroeder au sortir d'un dîner à Bruxelles avec le président de la Commission, Romano Prodi. Ce dernier déclarait un peu plutôt devant le Parlement européen que "il y a 13 ans encore, Berlin était divisé par le mur de la honte. Le mur est tombé, l'Allemagne a été réunifiée. Nous avons reconquis la liberté, nous avons retrouvé une unité historique entre tous les peuples d'Europe".

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