Skip to main content

La Grèce sous la menace de la ''Grande Albanie''. Les communautés grecques d'Albanie appelées à voter à nouveau.

Profile picture for user iNFO-GRECE
By iNFO-GRECE ,

Le ministère grec des Affaires étrangères suit de très près la situation en ce qui concerne les élections dans les prochains jours à Himare en Albanie où les électeurs de la minorité grecque de la région sont appelés à voter à nouveau après les incidents qui avaient marqué les dernières élections, a indiqué lundi dans son point de presse le porte-parole du ministère, Panagiotis Beglitis. Des élections qui interviennent dans un climat tendu après l'article du magazine allemand Spiegel faisant état de préparatifs militaires des extrémistes albanais dans le Nord de la Grèce à l'approche des Jeux Olympiques.


En octobre dernier, lors des élections municipales en Albanie, des incidents avaient eu lieu à Himare (Sud de l'Albanie), et un électeur de la minorité grecque avait été blesse.

M. Beglitis a déclaré que le message adressé par la Grèce au gouvernement albanais est qu'il faut que tout soit fait pour éviter tout acte susceptible de dévaloriser la procédure de vote et l'expression de la volonté libre des habitants de Himare, indiquant en parallèle que la partie grecque se trouve en contact avec les observateurs de l'OSCE et de la Commission européenne pour que le scrutin dans les 4 bureaux de vote de Himare ait lieu dans des conditions normales.

Un article de Spiegel relance l'intérêt pour les spéculations des nationalistes albanais

Ces élections interviennent dans un climat tendu localement, mais aussi régionalement depuis la publication d'un article du magazine allemand Spiegel, selon lequel les extrémistes albanais préparent un soulèvement armé des émigrés albanais du Nord de la Grèce à l'approche des Jeux Olympiques d'Athènes. L'article, titré "Le rêve de la grande Albanie", avait été largement repris par les journaux d'Albanie et surtout de Skopje du week-end dernier.

D'après l'article, l'organisation autoproclamée Armée Nationale de l'Albanie (AKSH en albanais) serait en train de recruter ses bataillons offrant jusqu'à 15.000 euros aux volontaires albanais, financés par la diaspora albanaise en Europe et aux Etats-Unis. L'hebdomadaire allemand fait état des révélations d'un étudiant Ahmet, qui avait combattu avec l'Armée de Libération de Kosovo contre les Serbes et contre des troupes de gouvernement de l'ARYM, qui a indiqué qu'un "réseau armé de résistance" est en préparation en Grèce avant le début des Jeux Olympiques de 2004.

L' AKSH s'était illustrée lors des affrontements sur le terrain de l'Ancienne république yougoslave de Macédoine (ARIM). En août dernier, après un attentat contre une base militaire au village Dobrosin en Serbie-Montenegro, un de ses responsables locaux estimait dans une déclaration que "bien que l'ANA ne soit pas active dans les régions en crise en Macédoine (ARIM), il y aura guerre, et cela dépend de la décision des quartiers généraux", rapportait alors le journal Makedonia Reality (Skopje).

Le Front albanais de l'Union nationale (en albanais FBKSH), branche politique de l'AKSH, utilisant la présence en Grèce de plus d'un million d'albanais arrivés comme émigrants économiques depuis l'ouverture des frontières dont près de la moitié installés dans les régions abandonnées du Nord de la Grèce, prétexte régulièrement la défense des Tsamidès dont ils demandent le retour sur "leurs terres", en équivalence de la présence des Grecs en Epire du Nord (Sud de l'Albanie).

L'AKSH et le FBKSH considèrent comme "mission historique la libération et la réunion de tous les Albanais des Balkans dans leurs terres historiques". D'après le Spiegel, le plan serait coordonné par Alban Vjosa (pseudonyme de Idajet Beqiri, actuellement recherché par la police de son pays et réfugié en Belgique, secrétaire politique du FBKSH et considéré proche du Premier ministre albanais Fatos Nano). Pour Bequiri, les frontières de la Grande Albanie en Grèce s'arrêtent à Preveza. [lire interview de Beqiri dans le site de l'AKSH/FBKSH] Un important accord pour la fourniture de 2000 kalachnikov, des rouquettes, d'obus et autre matériel de guérilla, aurait été conclu en juin dernier à Opatija en Croatie.

La Grèce réduit sa présence militaire dans les frontières nord

Une nouvelle page est tournée dans les relations de la Grèce, de l'Albanie et de la FYROM avec le développement de la coopération tripartite, a déclaré lundi le ministre de la Défense, Yannos Papantoniou, à l'issue de sa rencontre à Kastoria (Nord-Ouest) avec ses homologues de FYROM et d'Albanie, Vlado Buckovski et Pandeli Majko.
Les trois ministres sont convenus de promouvoir la coopération dans le domaine de la défense, avec pour première étape l'organisation de manœuvres militaires communes et de manifestations communes dans les secteurs de la culture, des sports et de l'entraînement des officiers.

A l'occasion de cette rencontre, M. Papantoniou a procédé à l'analyse du nouveau dogme de défense de la Grèce, soulignant notamment la modification du rôle des forces armées stationnées aux frontières avec la FYROM et l'Albanie. "Ces forces sont transformées de forces d'attaque en forces qui contribueront à réprimer l'immigration clandestine et le crime organisé", a dit M. Papantoniou, ajoutant que "le danger en provenance du Nord n'existe plus désormais et nous développons ainsi avec les pays situés à nos frontières, notamment l'Albanie, la FYROM et la Bulgarie, des relations de coopération militaire et d'amitié".

De son côté, le ministre albanais de la Défense, Pandeli Majko, a souligné que son gouvernement apprécie tout particulièrement la décision d'Athènes de réduire ses forces armées aux frontières des deux pays, tandis que M. Buckovski estimait que l'initiative de la Grèce "constitue la preuve d'une amitié naissante".

Be the first to rate this article