Du 6 au 10 mai, la ville d’Héraklion accueille les Jeux inter‑agences des Nations Unies, un événement sportif annuel interne réunissant des équipes issues des différentes agences de l’Organisation.
Organisés dans une discrétion quasi totale, ces jeux sont strictement réservés aux membres du personnel des agences onusiennes.
Cet événement sportif, présenté comme un moment de cohésion interne, soulève de graves interrogations éthiques et financières.
À l’image de véritables mini‑Jeux olympiques, il mobilise des ressources logistiques et budgétaires partiellement financées par les contributions obligatoires des États membres, donc par les impôts des citoyens du monde entier. Aussi l'armée du pays hôte est sollicitée pour assurer le bon déroulement des épreuves et des festivités.
Pendant ce temps les fonctionnaires internationaux bénéficient d’une exonération fiscale , accentuant le sentiment d’un déséquilibre profond dans la répartition des efforts.
Cette nouvelle édition intervient alors que l’ONU traverse une crise financière sans précédent.
Faute de liquidités, des programmes humanitaires essentiels sont ralentis, suspendus ou annulés, touchant des millions de personnes vulnérables.
Dans ce contexte, la tenue d’un événement sportif interne financé en partie par des fonds publics apparaît comme une décision déconnectée des priorités urgentes.
Par ailleurs, l’Organisation fait face à une crise de crédibilité.
Son incapacité actuelle à peser sur plusieurs conflits majeurs — en Ukraine, Iran, à Gaza/ Cisjordanie, au Liban, dans la Corne de l’Afrique alimente un débat mondial sur son impuissance structurelle et, pour certains, sur son utilité même.
Pour les voix critiques, la tenue des Jeux inter‑agences, dans un tel contexte, est une honte :
un événement festif interne, financé par l’argent public, alors que l’Organisation peine à remplir ses missions fondamentales et à répondre aux crises humanitaires les plus urgentes.