L'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes semble avoir trouvé un terrain d'action privilégié, en pleine collaboration avec le gouvernement grec.
Vu les mécanismes internes de Frontex pour faire respecter les droits de l’homme, la démission de Fabrice Leggeri risque de ne pas régler les problèmes. L’agence européenne est là pour garder les frontières mais ne participe en rien à préserver des vies humaines. A minima, elle est complice de violation des droits de l’homme », explique Marion Bouchetel, qui travaille pour l’ONG Legal Center Lesbos, sur l’île de Mytilène. Son constat peut paraître sévère. Il est en réalité basé sur une longue expérience d’aide qu’elle et les membres de l’ONG prodiguent aux migrants débarquant sur les côtes de cette île plantée dans la mer Egée. Sur l’île, chaque jour les officiers de l’agence européenne sont présents, leurs bateaux sont amarrés au port.
Le budget de Frontex a augmenté ces dernières années, comme les forces mobilisées en Grèce. Certes, le directeur exécutif de l’agence se trouvait dans le collimateur de plusieurs enquêtes, dont une de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), pour avoir procédé à des « pushbacks » illégaux, et surtout, accusé de les avoir dissimulés. Mais à la porte d’entrée de l’UE qu’est la Grèce…