Matt Damon incarne Ulysse dans L'Odyssée. Melinda Sue Gordon/Universal Pictures International France
CRITIQUE - L’épopée d’Homère revu par Christopher Nolan avec Matt Damon remplit sa mission : nous rafraîchir la mémoire et offrir trois heures de cinéma qu’on ne voit pas passer.
Il avait suffi à Antoine Blondin d'une phrase pour résumer L'Odyssée : « Ulysse, ta femme t'attend. » Christopher Nolan est plus disert. Il lui faut en gros trois heures pour effectuer la même tâche. On ne les sent pas tellement passer, car on en a pour son argent. Le film est imposant comme un temple grec, aussi solide qu'un bahut breton. Il durera. Les générations futures en commenteront l'audace et les qualités.
Le réalisateur, dont l'ambition n'est pas mince a travaillé à l'ancienne : pellicule 70 mm, navires en bois, tournage sur les lieux. Nul n'a oublié que le temps était son sujet préféré. Il le tord, le malaxe, lui fait rendre gorge. Homère n'agissait pas autrement, qui a inventé les flash-back. Matt Damon endosse la tunique du héros. Ses biceps et ses abdominaux remontent visiblement à la plus haute Antiquité. Sillonner les mers pendant vingt ans lui a buriné les traits. Une barbe biblique lui donne un faux air de Père Fouras ; une capuche obscurcit son visage, ce qui…