Medvedev à Papandréou : demandez de l'aide au FMI !

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Ce que personne ne veut entendre, tant la Grèce, pays de la zone Euro, risquerait d'apparaître comme un pays du tiers monde, c'est le président russe, Dimitri Medvedev qui l'a dit au premier ministre grec Georges Papandréou : la Grèce devrait demander de l'aide au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale.

C'est en tout cas ce que rapporte l'agence Reuters, mardi 16 février. Citant un début d'entretien du président russe avec le président de la Banque Mondiale Robert Zoellick, M. Medvedev apparaît disant "Je viens juste de rencontrer le premier ministre grec. Je lui ai conseillé de se tourner vers le FMI et la Banque Mondiale pour régler les problèmes de son pays". "On ne sait jamais qui va nous demande de l'aide / You never know who is going to ask for help", a répondu M. Zoellick.

L'entourage de M. Papandréou n'a pas commenté l'information alors qu'à Athènes, la question n'est plus tabou dans certains milieux bancaires et parmi les cadres du gouvernement.

Le gouvernement Papandréou a du mal à se remettre de la douche froide des deux jours - lundi et mardi - à Bruxelles lors des réunions de l'Eurogroupe et de l'Ecofin.

Engagé dans un bras de fer avec les durs de la zone Euro et notamment l'Allemagne, M. Papandréou a tenté de diluer la responsabilité de la Grèce dans l'état de ses finances publiques en accusant l'Union européenne d'avoir été laxiste à l'égard de la Grèce les années précédentes. M. Papandréou a également relativisé la gravité de la situation arguant que la Grèce n'était pas le seul pays de la zone Euro en difficulté, allusion faisant à l'Espagne, au Portugal et l'Irlande.

La réponse de Bruxelles a été à la hauteur de ce qui a été perçu comme provocation. Si l'Union européenne s'engage à soutenir la Grèce, elle ne le fera qu'in extremis et après que le gouvernement Papandréou ait fourni la preuve de sa capacité à obtenir des résultats avec les mesures déjà annoncées. Dans ces conditions, la nature que pourra prendre le soutien européen reste imprécise et elle sera de toute façon accompagnée de nouvelles exigences, comme par exemple la suppression du 14e mois de salaire de la fonction publique ou une augmentation de la TVA.

M. Papandréou demande que l'on lui accorde du temps pour mettre en place les reformes, or l'exécutif européen prend acte que le temps des marchés financiers se mesure en secondes et non en années comme le conçoit le premier ministre grec. Toujours question de temps, M. Papandréou doit trouver, de toute urgence, 53 milliards d'Euro pour faire face aux échéances de la dette et financer son budget, mais les taux d'intérêts actuels, liés au risque que présente le profil de la dette grecque, sont prohibitifs.

Bruxelles estime que seuls les résultats rapides de la politique économique grecque sont en mesure de rassure les marchés et de faire baisser les taux d'intérêts à court terme. C'est dire que la déclaration du ministre des Finances, Georges Papconstantinou, mardi à Bruxelles, que conquérir à nouveau la crédibilité du pays est une entreprise aussi difficile que "de changer de route à un grand navire comme le Titanic" a laissé pantois ses homologues européens et dubitatifs quant à la capacité du gouvernement grec à agir rapidement.

Le retour de M. Papaconstantinou et de M. Papandréou à Athènes est très attendu et ne sera pas de toute quiétude. Après le succès de la grève des fonctionnaires la semaine dernière, c'est une grève générale, appelée par les deux centrales syndicales, ADEDY (fonctionnaires) et GSEE (ouvriers/employés du privé), qui a été annoncée pour le 24 février, alors que le chef du principal parti de l'opposition Nea Dimokratia, Antonis Samaras, laisse planer un doute sur la poursuite de son soutien aux mesures économiques du gouvernement. M. Samaras et M. Papandréou doivent faire le point sur la situation ce mercredi après-midi à la demande expresse du premier.

i-GR

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