Le chef de l'Etat, M. Papoulias, convoque les chefs de parti sur le dossier anti-corruption

papandreou papoulias

Le premier ministre, Georges Papandréou, a eu un long entretien jeudi avec le président de la République, Carolos Papoulias, pour lui proposer de présider une réunion des chefs de parti en vue d'un large rassemblement contre la corruption, informant en outre le chef de l'Etat de la situation difficile actuelle pour l'économie grecque en général.

"J'ai demandé au président de la République", a déclaré M. Papandréou à l'issue de son entretien, "ce qui a été accepté, qu'il préside une rencontre avec tous les chefs de partis politiques, justement pour nous mobiliser dans la lutte contre la corruption, pour la transparence et le fonctionnement correct de l'Etat, avec un système fiscal juste, qui respectera chaque citoyen grec", expliquant que "nous pourrions (ainsi) adresser un message fort à la communauté internationale, que nous sommes résolus en tant que pays à aller de l'avant, à gérer avec minutie notre économie, à donner une perspective de développement différente, qui apportera l'espoir et des plans d'avenir pour tous les Grecs".

Au plan économique plus précisément, M. Papandréou a dit avoir informé M. Papoulias sur la situation économique difficile actuellement, mais aussi "des décisions et initiatives que compte prendre le gouvernement, avec en premier lieu la grande concertation de fond avec nos partenaires sociaux sur les réformes sociales, en vue d'un large consensus permettant de progresser dans les domaines problématiques depuis des années, en particulier le fonctionnement de l'Etat".

Selon le premier ministre, l'un des problèmes principaux pour l'économie est l'absence de transparence, une corruption généralisée, les pratiques et conceptions clientélistes dominant depuis des années, avec comme conséquence un gaspillage de fonds importants, une anomie qui, à son tour, a provoqué une évasion fiscale.

Peu après, l'entretien avec le premier ministre, le président de la République, Carolos Papoulias, a annoncer la convocation des chefs des partis politiques représentés au Parlement sur le thème "Transparence et lutte contre la corruption" pour mardi 15 décembre à 13h30.

Avant même que l'invitation officielle soit connue, le président du principal parti de l'opposition Nea Dimokratia (ND), Antonis Samaras, a déclaré depuis Bonn (Allemagne), où se déroule le congrès du Parti Populaire européen, accepter la proposition du chef de l'Etat.

Toutefois, en commentaire de l'allocution du premier ministre, Georges Papandréou, mercredi en Conseil des ministres sur l'économie, M. Samaras a critiqué ce qu'avait dit le chef du gouvernement à propos de la souveraineté nationale. "M. Papandréou", a-t-il souligné, "devrait savoir que de telles déclarations affaiblissent et blessent les positions de notre pays sur tous les fronts nationaux".

M. Samaras a tenu en outre à répondre aux critiques adressées par le premier ministre aux politiques du précédent gouvernement de la ND, disant que "les évaluations désagréables sur l'économie nationale ne sont pas dues tant à la gravité de la situation budgétaire qu'à l'impuissance du gouvernement à prendre des décisions sur les mesures nécessaires", ajoutant toutefois que le principal parti de l'opposition "soutiendra tout effort fait dans la bonne direction pour sortir le pays de la crise".

Les autres chefs des partis, la SG du CC du KKE, Aleka Papariga, le président du LAOS, Georges Karadzaferis, et le président du groupe parlementaire de la SYRIZA, Alexis Tsipras, ont fait connaître qu'il se rendraient à la réunion convoquée par le chef de l'Etat, mais ont tous exprimé des fortes réserves sur l'utilité de la rencontre.

"Le gouvernement choisit délibérément un thème, comme la corruption, bien existant certes, pour distraire les gens", a dit Mme Papariga, tandis que pour M. Tsipras a qualifié l'initiative du gouvernement de "truc communicationnel" et ironisé que "le dialogue n'et pas le médicament contre toutes maladies, notamment quand les mesures sont déjà décidées".

Enfin, pour M. Karatzaferis, le thème de la corruption est d'une "sortie intelligente de l'impasse" pour le gouvernement, qui lui "permet d'éviter une discussion sur la situation de l'économie ou sur les thèmes nationaux".

i-GR/ANA-MPA

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