Intronisation de Mgr Ieronymos, nouvel archevêque d'Athènes et chef de l'Eglise de Grèce

C'est par une référence à "la renaissance dans l'espoir et dans l'héritage impérissable" (Pierre A' 2,13-15) que le nouvel archevêque d'Athènes et de toute la Grèce a ouvert son premier discours prononcé lors de son intronisation samedi 16 février à la tête de l'Eglise orthodoxe de Grèce devant des milliers de fidèles ainsi que du chef du gouvernement, Costas Caramanlis, du président du Parlement, Dimitris Sioufas, et les chefs des partis politiques.

"Me voici parmi vous, à l'époque des grandes déclarations, de l'inflation des paroles creuses et de la langue de bois, n'ayant pas l'intention de procéder à des proclamations hautaines", a dit Mgr Ieronymos pour expliquer qu'il ne procédera pas à des déclarations programmatiques.

Et, pour expliquer que l'Eglise n'est pas de ce monde, même si elle fraie son chemin dans son Histoire. Curieuses, toutefois, images qui traversent l'esprit du nouvel archevêque pour illustrer son propos : "[L'Eglise] n'est pas appelée à être l'engrais des plantes décoratives mais elle devient continuellement un mécanisme spirituel explosif qui fait sauter le monde et le fait [transforme en, ndlt] Eglise".

Le clergé, a expliqué ensuite l'archevêque, n'est pas là pour opposer des considérations partisanes, ou une idéologie contre une autre, puisque en ce cas ce ne serait plus une Eglise [communauté, ndlt] mais un parti religieux qui aurait oublié que "ce pour quoi nous avons devoir de témoigner n'est pas une idéologie mais une Personne", celle du Christ.

 Mgr Ieronymos et les leaders politiques
Le nouveau primat de Grèce passe devant les représentants politiques. De dr. à g., le premier ministre, C. Caramanlis, le président du Parlement, D. Sioufas et le président du PASOK (parti socialiste), G. Papandreou.

Ce n'est pas pour autant que l'Eglise doit se taire et rester indifférente face à tout ce qui "tourmente les hommes, que ce soient les petits problèmes du quotidien, ou les grands problèmes de la société dans laquelle ils vivent", a poursuivi Mgr Ieronymos. "Le clergé est porteur de la grâce prophétique", a-t-il dit, "mais le sens de la prophétie n'est pas de prédire l'avenir mais de dévoiler dans le Saint Esprit ce qui au présent blesse la vérité et sape l'avenir, la qualité de la vie des gens et leur salut".

"C'est pourquoi", a conclu le nouveau primat de Grèce, "l'Eglise a le devoir d'affirmer sa parole non pas pour mettre en doute les institutions {…] mais pour exprimer son anxiété quand elle a le sentiment que l'affaiblissement des principes et des valeurs hypothèque l'avenir du peuple et dévalorise l'essentiel de sa vie".

Et, Mgr Ieronymos d'appeler au rassemblement et la coopération avec la Cité pour la réalisation des objectifs communs et dans l'intérêt des Grecs, dans le respect des rôles distincts de chacun.

Enfin, l'archevêque s'est référé à ce qui lui était personnellement le plus cher, à savoir, l'œuvre philanthropique et, s'inscrivant dans la continuité de son prédécesseur, Mgr Christodoulos, l'action envers la jeunesse pour laquelle il souhaite une Eglise accueillante sans conditions, sans préjugés et sans prescriptions. Mais, "il ne suffit pas de vous appeler à revenir à l'Eglise […], nous aussi nous avons une obligation ; moi, et tous les prêtres, devons être les premiers à sortir dans la rue et venir à votre encontre", a-t-il conclu avant de passer au chapitre des relations institutionnelles entre les Eglises orthodoxes et chrétiennes, appelant notamment à un renforcement des relations avec le Patriarcat œcuménique de Constantinople.

i-GR

Total de votes : 0

Ajouter un commentaire