Déficit public de la Grèce : l'Union européenne demande plus d'efforts

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La Commission européenne a reconnu mardi les efforts faits par la Grèce pour assainir son budget, soulignant néanmoins que ces efforts doivent s'accentuer, sujet sur lequel elle présentera de nouvelles recommandations le mois prochain. La Commission demande à la Grèce de prendre des réelles mesures et de ne pas attendre la résolution automatique du problème par la seule croissance, dont elle juge par ailleurs les prévisions grecques trop optimistes.


Plus particulièrement, durant la conférence de presse donnée à Bruxelles, conjointement par la présidence luxembourgeoise de l'UE et par la Commission, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, se référant à la procédure prévue en cas de déficits excessifs dont la Grèce fait l'objet, a souligné reconnaître les efforts grecs visant la baisse du déficit public, relevant toutefois que ceux-ci, bien qu'importants, ne sont pas suffisants.

C'est sur cette base, a continué le commissaire espagnol que le Conseil Ecofin a adopté mardi à l'unanimité la poursuite de la procédure en déficit excessif contre la Grèce, prenant en compte la recommandation de Bruxelles le 22 décembre dernier de passer à une étape ultérieure de la procédure du pacte de stabilité. Ainsi de nouvelles recommandations seront faites à la Grèce dans le mois qui suit, comme le prévoit d'ailleurs l'art. 104 par. 9 du Traité de Maastricht.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Georges Alogoskoufis, a déclaré mardi soir de Bruxelles, être satisfait que le Conseil ECOFIN tout comme la Commission aient reconnu les efforts déjà déployés de la Grèce pour réduire son déficit budgétaire.

M. Alogoskoufis a souligné que la Commission européenne aurait souhaite que les mesures en ce sens soient prises plus rapidement, et d'ajouter qu'il a été globalement accepté que la dégradation des finances publiques de la Grèce était le résultat de facteurs dont le gouvernement actuel n'était pas responsable, citant en particulier le coût élevé de l'organisation des JO, la révision des comptes publics, et la sous-estimation de dépenses électorales.

En ce qui concerne l'avenir, M. Alogoskoufis a déclaré que la Commission prendra dans un mois des recommandations qui concernent essentiellement l'obligation d'application fidèle du budget 2005, tout en dévoilent toutefois que Bruxelles est en désaccord avec le gouvernement sur les estimations du taux de croissance de l'économie grecque en 2005.

En effet, alors que le ministère considère que le déficit budgétaire sera résorbé et atteindra le seuil imposé par l'UE des 2005, la Commission estime que ces prévisions sont particulièrement optimistes et que d'autres mesures d'ajustements budgétaires devront être prises en 2006.

M. Alogoskoufis s'est dit satisfait que la Commission propose dans ses nouvelles recommandations un délai de deux ans à la Grèce pour qu'elle parvienne à l'équilibre budgétaire.

En ce qui concerne d'autre part la question de la révision du Pacte de stabilité, le ministre a souligné que celle-ci sera limitée et ne devrait pas toucher aux objectifs nominaux, le maintien du déficit budgétaire en dessous des 3% et une dette publique inférieure à 60% du PIB, la portée principale du Pacte étant transférée vers la prévention des dépassements budgétaires.

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