Echec de la campagne britannique contre Chypre au Conseil de Sécurité. Dérapage d'un haut dirigeant de l'ONU

Le Conseil de Sécurité n'est pas parvenu dans sa réunion d'hier à s'accorder sur le texte de déclaration du Secrétaire général portant sur le bilan du référendum de la semaine dernière à Chypre. A cette occasion, le rapporteur du rapport Secrétaire général adjoint aux Affaires politiques de l'ONU, Kieran Prendergast, s'est laissé aller à plusieurs dérapages à l'encontre du Président de Chypre M. Papadopoulos et, faisant état des "sacrifices" de la communauté chyproturcque, il a tenté de dresser les deux communautés l'une contre l'autre. Blessée dans son amour propre par le rejet du Plan Annan, la direction de l'ONU perd son sang froid et laisse tomber la langue de bois et avec elle son masque.


La campagne lancée par la Grande Bretagne - qui rapellons-le maintient des bases militaires sur l'île juissant d'un statut privilégié- visant à aboutir à la reconnaissance de l'Etat turc de Chypre de Nord bat son plain. Prenant prétexte du vote négatif au plan Annan des Chypriotes-grecs lors du référendum organisé samedi dernier sur l'île par l'ONU et profitant de la volonté de la communauté internationale de venir en aide à la communauté chyproturcque en attendant un nouveau processus de réunification de Chypre, la Grande Bretagne tente par tous les moyens d'établir des relations directes avec le pseudo-Etat autoproclamé par les militaires turcs dans la partie qu'ils occupent au Nord de Chypre.

Cette politique de la Grande Bretagne était en œuvre hier devant le Conseil des Représentants permanents de l'Union Européenne (Coreper) devant examiner le statut de la "ligne verte" séparant le Nord occupé du reste de la République chypriote en vue de la circulation des produits du nord de Chypre après l'adhésion de Chypre le 1er mai prochain à l'Union Européenne. Au même moment la Grande Bretagne présentait un texte de déclaration allant dans le même sens devant le Conseil de Sécurité de l'ONU lors d'une séance consacrée au bilan du référendum sur l'île samedi dernier.

Présentant le bilan du référendum devant le Conseil de Sécurité, le Secrétaire général adjoint aux Affaires politiques de l'ONU, Kieran Prendergast, représentant le Secrétaire général Kofi Annan a procédé à une attaque sans précédent contre le Président de la République de Chypre le tenant comme responsable du vote négatif au référendum (à 76%) de la communauté chypriote-grecque. « Ce rejet range M. Papadopoulos dans le camp de Rauf Denktash qui a également donné des raisons qui sont allées chercher très loin pour rejeter le plan », a dit M. Prendergast distribuant les bons et les mauvais points aux chefs des partis politiques chypriotes grecs et turcs en fonction de la position adoptée sur le référendum !

Poursuivant dans l'esprit de Kofi Annan qui a dit hier que "les Chypriotes-grecs maintenant qu'ils se sont réveillés (sic) pourront réexaminer le plan", M. Prendergast a laissé planer les menaces auxquelles s'exposait la communauté chypriote grecque émettant l'espoir qu'elle parvienne à un point de vue différent « une fois effectuée une évaluation en profondeur et à froid de sa décision et de ses conséquences potentielles. »

M. Prendergast n'a pas tari d'éloges envers le soi-disant Premier ministre de la communauté chypriote turque, Mehmet Ali Talat, "qui a voté en faveur du plan en dépit des sacrifices qu'il comportait (sic) pour elle", a-t-il dit applaudissant la ferme direction de M. Mehmet Ali Talat et l'appui apporté par le Gouvernement turc.

Enfin, M. Prendergast a déploré que la partie chypriote turque ne puisse profiter des bénéfices de l'accession à l'Union européenne, le 1er mai 2004 et il a émis le vœux que "des façons d'améliorer le sort dans lequel ils se trouvent « bien malgré eux » seront trouvées rapidement."

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