Simitis au G-8: Les USA et l'UE prennent des engagements pour aider les pays en voie de développement

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Le président du Conseil de l'UE et Premier ministre grec, Costas Simitis à tenu un point de presse, dimanche après la session du G-8 consacrée à l'aide aux pays en voie de développement. C'était le premier dossier mis en discussion à la session du G-8 où participent depuis dimanche à Evian les chefs d'Etat et de gouvernement des sept pays les plus riches du monde plus la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne. Les participants se sont engagés à débloquer plus d'un milliard de dollars chacun pour combattre le SIDA en Afrique.

D'après le Premier ministre grec cette aide, à la fois financière et médicale est doublée, ceci afin que les pays en voie de développement puissent être aidés à supprimer les grandes épidémies qui les frappent. Il a été reconnu lors des débats que les aides restent aujourd'hui à un niveau faible. M. Simitis a rappelé que l'Europe avait promis de dégager des financements de l'ordre de 0,7% du PIB, alors que finalement l'aide s'est chiffrée à 0,3%, les Etats-Unis consacrant encore moins de fonds avec seulement 0,12% de leur PIB.

En ce qui concerne le SIDA en Afrique, le président américain, George Bush, a promis que son pays mettrait 1 milliard de dollars, alors que l'UE débloquera, elle, une enveloppe supérieure à 1 milliard de dollars. Tant M. Simitis que le président de la Commission européenne, Romano Prodi, ont insisté que la question du développement qui ne concerne pas seulement les pays en voie de développement, mais aussi tous les pays dans le monde ; "pour réussir à relever ce défi, il n'est pas possible qu'il y ait uniquement trois ''locomotives', les Etats-Unis, le Japon et l'Europe", mais comme ils le déclarèrent de manière imagée ''il faut que d'autres entrent dans le jeu''. M. Prodi a ainsi nommé deux autres joueurs, la Chine et la Russie, ces pays ayant, comme il l'a observe, des rythmes de croissance élevés.

Simitis et Prodi répondant aux questions de la presse sur les relations Etats-Unis - Europe ont dit que la session du G-8 n'est pas une session euro-américaine et qu'elle n'est pas organisée pour régler les différends existant entre l'Europe et les Etats-Unis. ''Si nous étions venus pour discuter de nos différends, ce serait un échec'', a dit M. Simitis qui a estimé pour sa part que de ses entretiens samedi à Saint-Pétersbourg avec George Bush, le président chinois, Hu Jintao, d'Egypte, Hosni Moubarak, du Bresil, Luis da Siva, et d'autres personnalités politiques, il n'avait pas constaté un ''climat d'hostilité mais de coopération''.

M. Simitis a estimé que le fosse creusé dans les relations entre l'UE et les Etats-Unis, à l'occasion de l'intervention en Irak, est dû à l'existence de différentes opinions au sujet de l'OTAN, des relations transatlantiques et du rôle de l'UE au niveau mondial. Il a encore ajouté que ces questions ne peuvent être surmontées en un jour, et surtout au cours d'une réunion comme celle du G8, laquelle est une institution de coopération intergouvernementale entre les pays développes non soumise à des règles juridiques.

Invité à commenter la situation économique mondiale, M. Simitis a dit que bien que la crise en Irak ait pu être surmontée, de même que la chute du prix du pétrole, la relance de l'économie mondiale reste une priorité majeure, et il s'est dit optimiste quant à une légère relance économique d'ici la fin de l'année 2003.

Au chapitre du développement durable, M. Simitis a estimé que tous les pays doivent contribuer à réduire les différences entre les pays développés et les pays en voie de développement. Ces différences restent importantes, a dit M. Simitis, tant en ce qui concerne les revenus, que dans les domaines der la santé et de l'éducation. Il a encore précisé que le président brésilien avait affirme qu'il est nécessaire de taxer les armements afin de financer le développement dans les pays en voie de développement et cette position a été aussi soutenue par le président de la Commission, Romano Prodi.

Insistant par ailleurs sur la nécessité d'accorder une importance toute particulière à l'éducation, M. Simitis a observé que l'aide pour la création d'infrastructures et d'autoroutes ne suffit pas, car il faut apprendre aussi à exploiter les opportunités qui sont offertes. Une thèse partagée par plusieurs dirigeants des pays développés qui ont souligné que si pays en voie de développement ne savent pas quoi faire de l'aide qui leur est octroyée, les efforts déployés ne porteront jamais leurs fruits.

Enfin, en ce qui concerne la question du dollar et de la politique que suivront les Etats-Unis sur cette question, M. Simitis a précisé que cette question ne serait pas discutée, ajoutant que tout le monde ne doit pas avoir la même politique monétaire et que si un euro fort face au dollar peut être un obstacle pour les exportations européennes, l'Europe a toutefois une grande concentration en dépôts en raison justement de l'existence d'un euro fort.

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