La Turquie met Chypre sur le tapis irakien

Tandis que le leader chyproturc Raouf Denktash a déclaré qu'il n'entendait pas signer l'accord avec la République de Chypre préparé par le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, ni céder les territoires occupés (notamment les villes de Morfou et de Karpassia), le ministère turc des Affaires étrangères, initialement hostile à une intervention américaine en Irak, est disposé à ouvrir son territoire aux manœuvres de l'armée américaine en échange d'un soutient des Etats-Unis aux thèses turques sur le dossier chypriote.


"Alors que la Turquie réagit aux événements internationaux, conformément à ses intérêts nationaux, elle insiste d'autre part sur le fait qu'elle ne devrait pas être confrontée à des développements inattendus sur la question chypriote", a indiqué le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Yusuf Buluc, lors d'un point de presse, rapporte l'AFP.

"Dans ce cadre, il est important (...) de pouvoir s'assurer de l'appui des Etats-Unis. Ainsi, un lien existe" entre Chypre et l'Irak a poursuivi M. Buluc.

Selon l'AFP, citant un haut responsable du ministère turc des Affaires étrangères qui a souhaité garder l'anonymat, la Turquie attend de Washington une intervention en sa faveur dans les décisions qui seront prises sur Chypre au Conseil de sécurité de l'Onu.

Aujourd'hui, le gouvernement turc doit faire voter au parlement l'autorisation de faire venir en Turquie quelque 3.500 spécialistes américains du génie pour moderniser des bases aériennes et des ports.

Dans les pourparlers directs qui avaient lieu mercredi à Chypre entre le Président Glafkos Clerides et Raouf Denktash, en présence du représentant spécial du secrétaire des NationsUnies Alvaro de Soto, le leader chyproturc se serait montré "plus négatif que jamais", selon les termes d'Alekos Markides, membre du groupe des négociateurs et candidat à la Présidence de Chypre aux prochaines élections.

L'adoption du plan Annan bien qu'accepté sur le principe par la partie grecque semble de plus en plus incertaine. La partie chypriote-grecque attend toujours quelques amendements, notamment en ce qui concerne le retour sous administration grecque de quelques villes et le droit de retour des réfugiés de 1974 à leurs foyers, des amendements qui paraissent impossibles à satisfaire alors que les chypriotes-turcs réclament toujours une République distincte.

Pour sauver son plan, Kofi Annan serait tenté de le faire passer par dessus les forces politiques en organisant un référendum direct au cas où les deux parties ne parvenaient pas à un accord d'ici la fin du mois. Des informations "particulièrement inquiétantes", selon M. Markides qui estime que "[les Nations Unies] feraient en ce cas-là une grave erreur politique".

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