Simitis: Il n'y aura pas d'élections législatives anticipées

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"J'ai été élu deux fois président du parti, j'ai gagné deux élections et je conduirai le Pasok aux élections de 2004", a déclaré insistant le Premier ministre Costas Simitis dans une interview d'une heure et demi qui a couvert l'ensemble des canaux de télévision en Grèce hier soir, lundi 8 avril.

L'interview devait porter sur le bilan de l'action gouvernementale, mais finalement est restée au niveau des règlements des comptes avec l'opposition et de clarification des intentions du parti socialiste de procéder aux élections anticipées à la suite des élections municipales.

M. Simitis a indiqué qu'il n'a aucune intention d'abréger son mandat mais il est disposé à se soumettre à la décision de son parti au cas où celui-ci préférerait une autre personnalité pour conduire la campagne électorale. "J'ai lu plusieurs fois qu'on ne tiendrait pas quatre mois […] que Simitis est devant un Golgotha, mais je suis toujours là, et toujours là avec le Pasok", a-t-il notamment répondu questionné sur les discordes existant au sein du parti. M. Simitis a rappelé qu'il était toujours ouvert à une entente avec les autres forces de la gauche et qu'il espérait toujours que cette entente aurait lieu dès premier tour des municipales.

Concernant le bilan du gouvernement, le point principal soulevé par le Premier ministre a été l'entrée de la Grèce dans l'Union monétaire tandis que la priorité pour les deux ans à venir sera la convergence économique et sociale avec l'Europe et l'amélioration du quotidien.

Enfin, interrogé sur le climat social, il a indiqué que le gouvernement n'a aucune marge pour aider les agriculteurs qui mobilisés tout l'hiver bloquent depuis quelques jours les principaux axes routiers dans le Centre-nord du pays. "Si le gouvernement accorde une aide sur le budget de l'Etat, ce sera le chaos. L'Union Européenne interviendra et stoppera les subventions sur tous les produits grecs. C'est quelque chose qui est interdit par l'Union Européenne". En ce qui concerne le problème des retraites et la reforme de la Sécurité Sociale, où là aussi après une grève générale en mai 2001, les négociations ont, à nouveau, échoué, le Premier ministre a rappelé que le gouvernement garantit le financement du système jusqu'en 2030.

Globalement, le Premier ministre, tout en situant l'amélioration de la vie quotidienne des citoyens en priorité de l'action du gouvernement, il est resté sur un niveau très général montrant des signes d'agacement lorsque les journalistes l'ont interpellé sur le décalage entre les résultats statistiques et la réalité quotidienne des grecs faite de queues interminables aux guichets de la Sécurité Sociale et de délais inadmissibles pour un examen dans les hôpitaux publics. Excédé, M. Simitis leur a rétorqué "je ne suis pas un Premier ministre pour recevoir Maria ou Giannis et leur taper à l'épaule leur demandant comment ça va Giannis, comment ça va Maria […] Moi, j'ai du travail à faire, mais, de là où je suis, je ne peux pas régler leurs problèmes quotidiens […] Mon travail de Premier ministre consiste à faire à ce qu'ils n'aient pas de problèmes et pas de les régler individuellement".

Il est vrai que la forme de l'émission - la couverture des cinq canaux nationaux simultanément avait été largement commentée dans la matinée par les éditorialistes -exclus- de la presse écrite, certains allant jusqu'à pousser la comparaison avec… la Roumanie sous Ceausescu. Une façon de rendre le peu de sympathie que le Premier ministre nourrit pour la presse. "Je lis dans beaucoup de journaux et j'entends plusieurs commentateurs que notre économie est en pente baissière, qu'elle traîne, qu'elle n'a pas de perspectives. C'est cela la critique, le commentaire de la Presse, tout va mal et vous nous le cachez", s'est-il plaint.

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