Les crimes de la '17 novembre' prescrits !

Les américains ne lâchent pas le morceau de voir un jour l'organisation terrorise du "17 Novembre" démantelée. Et ils l'ont, une fois de plus, rappelé au Premier ministre grec lors de sa visite aux Etats-Unis cette semaine. Ils risquent de ne pas avoir grand chose à ronger, le dossier commence peu à peu à se vider selon l'hebdomadaire centriste "Tahydromos" dans sa parution de ce samedi.


Les pressions commencent à être de plus en plus précises avec allusions ouvertes aux protections dont le sommet de la "17N" jouirait auprès des différents gouvernements socialistes au pouvoir depuis 1974 - début des activités de l'organisation -, à la présence de cadres du parti au sein de la "17N" ; de listes de noms qui circulent sous le manteau et des fuites orchestrées par les anciens de la CIA et maintenant les enquêteurs actuels de la Scotland Yard.

Or la période la plus sensible pour le Pasok (parti socialiste grec), celle des débuts de la "17 novembre" et de son basculement dans le terrorisme urbain après la chute des la junte des colonels, commence à être prescrite par le temps. Selon l'hebdomadaire athénien "Tahydromos", quatre des affaires ont déjà été classées dans les archives après écoulement de la période de prescription de 20 ans. Parmi les affaires celle qui a le plus irrité les Etats-Unis, l'assassinat du chef de la CIA dans la région, l'officier Richard Welch, en décembre 1975 à son retour du réveillon de Noël.

Richard Welch, membre du Directoire des Opérations, la branche secrète de la CIA, est considéré comme un héros par la CIA et son nom figure dans son Book of Honor, recensant ses agents morts dans le service. Son nom avait été évoqué en décembre dernier pour justifier la publication par la CIA du nom de son agent Johnny Micheal Spann, tombé lui sur le théâtre des opérations en Afghanistan.

Les quatre autres affaires que la publication grecque croit savoir enterrées sont celle de l'assassinat du policier grec Evangelos Mallios en décembre 1976, puis de l'assassinat de directeur adjoint des MAT, la police spéciale grecque, Pandelis Petros, à Pangrati, banlieue d'Athènes, en janvier 1980 et de son chauffeur Sotiris Stamoulis quelques jours plus tard.

Coupable de 23 meurtres, la "17N" n'a jamais été inquiétée et reste toujours en activité comme l'a rappelé le dernier assassinat revendiqué début juin 2000, celui de l'attaché militaire britannique à Athènes, Stephen Saunders.

Dans le cas où la prescription serait valable comme le soutient Tahydromos, cela signifierait que les auteurs des attentats même s'ils venaient d'être arrêtés, ils ne pourraient pas être jugés pour ces charges.

Répondant à la presse, à l'issue de son entretien avec le Président Bush hier, le Premier ministre grec, Costas Simitis, a annoncé que "nous travaillons systématiquement et durement sur ce problème qui touche notre pays depuis 1974, et quand quelqu'un travaille ainsi il a généralement des résultats". Il a démenti que les Etats-Unis lui auraient remis une liste de suspects et, irrité de ces questions, il a conclu "nous ne sommes pas venus pour plaider devant une instruction", avant d'ajouter que même la coopération avec les services américains n'ont pas donné de résultats sur ce front.

De leur côté, les services américains visés n'ont pas manqué de rappeler que peu des officiers grecs entraînés par les services américains dans le cadre de cette coopération ont été employés par la Grèce dans les enquêtes concernant la "17N".

Le jour de la visite de M. Simitis à la Maison Blanche, un mystérieux "greco-américain" avait cru bon acheter un encart publicitaire dans Washington Post pour afficher son credo que "quand un Etat permet aux terroristes d'agir librement à l'intérieur de ses frontières, cet Etat soutient le terrorisme. Cet Etat est la Grèce", jetant ainsi de l'huile sur le feu qui régit les relations de la Grèce avec les Etats-Unis, au moins sur cette question nourrie de soupçons mutuels de campagnes antinationales orchestrées de part et d'autre.

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