Justice pour Tsípras

La défaite dimanche d'un Aléxis Tsípras passé de l'hubris au pathos a produit, chez les commentateurs, un logos quelque peu convenu, pour ne pas dire une doxa paresseuse. Le Premier ministre ayant «trahi», il a été sanctionné par ses électeurs : tel est le syllogisme souvent convoqué. Il y a pourtant une analyse moins orthodoxe, qui fait moins de place à la psyché et plus à l'alètheia (la réalité).

C'est un fait que Tsípras s'est fait élire en refusant l'austérité imposée par l'Union européenne et qu'il s'est résolu, après une volte-face spectaculaire, le lendemain d'un référendum hostile à l'Union, à l'appliquer néanmoins. «Trahison», donc. Mais c'est aussi supposer qu'il y avait une autre politique évidente, plus progressiste, qu'il aurait écartée par duplicité coupable. Or cette politique consistait à sortir de l'Union, ce qu'il a refusé, en accord sur ce point avec la majorité des Grecs. Une fois laissée seule face à ses créanciers (qui n'auraient pas disparu par magie), la Grèce aurait-elle évité l'austérité ? Rien n'est moins sûr. Privé de l'appui de l'Europe, Tsípras aurait dû négocier en direct avec le FMI et les marchés, sans l'aide...

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