En Grèce, les conservateurs perdent leur pari

Un navire en perdition, un pays qui entre dans une phase de turbulences : pour certains, le parallèle était tentant, lundi, entre les images du sauvetage du ferry italien le long des côtes grecques (lire aussi page 9) et l'annonce d'élections législatives anticipées sous haute tension, découlant de l'échec du troisième tour du scrutin présidentiel au Parlement grec. Car plus que jamais, Syriza, le parti de la gauche radicale, crédité de 29% des voix dans les sondages, est aux portes du pouvoir. Une première dans une Europe soumise aux politiques d'austérité.

Or, bien que n'étant pas un parti «anti-européen», comme on le présente parfois, ni même adepte d'une sortie de l'euro comme on le caricature souvent, Syriza s'est engagé à remettre en cause le régime de rigueur drastique que subit la Grèce, plus qu'aucun autre pays de l'Union européenne, depuis quatre ans.

Électrochocs. Le Premier ministre conservateur, Antónis Samarás, a donc perdu son pari : en avançant la date de l'élection présidentielle, à l'origine prévue début mars, le chef du gouvernement grec, élu en 2012, espérait susciter un de ces électrochocs dont la scène politique locale est coutumière, acculant ainsi les députés à voter pour le candidat de la coalition au pouvoir, sous la menace d'une grave crise avec les créanciers de la Grèce quand se négocie l'octroi d'un dernier prêt, indispensable pour les finances du pays.

Seul en lice, l'ancien commissaire européen Stavros Dimas, candidat de la coalition au pouvoir, qui associe les conservateurs de Nouvelle Démocratie et les socialistes du Pasok, n'a pourtant pas réussi lundi à recueillir les 180 voix nécessaires pour accéder à la fonction suprême, certes honorifique mais déterminante....

Explorez...
Pays: 
Organization: 
Personnes: 

Ajouter un commentaire