Manifestations de soutien aux Palestiniens en Grèce

Plusieurs manifestations étaient organisées à Athènes, d'où n'ont pas manqué les débordements malgré un encadrement serré de la police.
Plusieurs manifestations contre la guerre dans la bande de Gaza ont eu lieu ce week-end à Athènes et Thessalonique, alors que le ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, après divers entretiens téléphoniques avec ses homologues européens et du Proche Orient, a appelé à l'arrêt immédiat des opérations terrestres à Gaza et à une initiative immédiate du Conseil de sécurité de l'ONU, afin de parvenir à un cessez-le-feu.
Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères dimanche, Mme Bakoyannis a averti que les opérations terrestres ne font qu'aggraver la crise humanitaire tragique, l'instabilité dangereuse dans l'ensemble de la région, avec en particulier le renforcement de positions extrémistes inacceptables et l'atteinte sérieuse au processus de paix qui constitue la seule et unique voie pour une solution.
Mme Bakoyannis souligne que la communauté internationale ne peut rester l'observateur inactif, voire le commentateur, des événements, mais que le Conseil de sécurité de l'ONU a un rôle-clé à jouer. On ne peut plus perdre de temps, a-t-elle averti. Il faut mettre fin à l'effusion de sang. La violence n'est pas une solution.
Il faut mettre fin immédiatement aux opérations terrestres et parvenir à un cessez-le-feu, a-t-elle conclu, il faut appliquer la politique en trois points (cessez-le-feu, aide humanitaire, processus de paix), qui a été dès le départ la position grecque, et dont nous sommes convenus, ministres des Affaires étrangères de l'UE, le 30 décembre à Paris.
Le ministre des Affaires étrangères a eu dimanche des contacts téléphoniques successifs, plus précisément avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et ses homologues d'Egypte, d'Espagne et de France, Abdoul Gheit, Miguel Moratinos et Bernard Kouchner, sur les derniers développements à Gaza et les perspectives d'un cessez-le-feu immédiat, de l'acheminement de l'aide humanitaire et de la poursuite de la procédure de négociations sur le Proche-Orient.
Le chef de la diplomatie grecque devait s'entretenir également dans l'après-midi avec son homologue britannique, David Miliband.
Côté opposition, le président du PASOK (parti socialiste) et de l'Internationale socialiste (IS), Georgios Papandreou, a tranché que la solution à Gaza ne peut exister par des moyens militaires, la seule voie étant le dialogue et la concertation.
Dans une déclaration dimanche, M. Papandréou a réitéré ses propos condamnant les incursions terrestres et l'incursion des forces armées israéliennes dans la bande de Gaza.
"Cette escalade militaire", a-t-il dit, "aggrave dramatiquement la situation de la population civile de Gaza déjà tant éprouvée, et ne peut susciter qu'horreur et peur".
Dans l'aile communiste de la gauche grecque, le KKE et Synaspismos (gauche radicale) ont critiqué la position des Etats-Unis, de l'UE et du gouvernement grec sur le Proche-Orient
Le KKE a appelé le peuple grec à "condamner vigoureusement la position du gouvernement grec qui, de pair avec l'UE, innocente l'Etat d'Israël pour le massacre du peuple palestinien en feignant la neutralité".
"Personne ne doit se faire abuser par les appels philanthropiques et les déclarations de concorde du gouvernement", a indiqué vendredi un communiqué du KKE, ajoutant que la direction du PASOK a une position analogue.
C'est en des termes similaires que s'est aussi exprimé lee président de Synaspismos, Alexis Tsipras.
"Aucun gouvernement israélien n'aurait pu faire un tel crime sans la couverture des Etats-Unis et des cercles dominants de l'UE", a observé M. Tsipras, demandant d'autre part que le gouvernement grec prenne plus d'initiatives que simplement l'envoi d'une aide humanitaire.
On apprenait, par ailleurs, qu' un groupe de médecins grecs et turcs souhaitant se rendre dans la bande de Gaza pour apporter leur aide humanitaire, est resté bloqué au poste-frontière de Rafa, fermé pour des raisons de sécurité, comme l'ont notifié les autorités égyptiennes.
Les cinq chirurgiens grecs membres de l'organisation "Médecins de la Paix", équipés de leur matériel médical, ont demandé à la mi-journée de se voir autoriser l'accès à Gaza dans le but de rejoindre l'Hôpital Sifa.
Suite au refus des autorités égyptiennes, les médecins ont commencé un sitting de protestation jusqu'à ce que l'accès à Gaza leur soit autorisé.
Manifestations à Athènes et Thessalonique
Des manifestations anti-guerre ont eu lieu sur deux jours ce week-end à Athènes et Thessalonique pour dénoncer les opérations terrestres d'Israël dans la bande de Gaza et pour exprimer la solidarité au peuple palestinien.
Dimanche, la manifestation organisée à Athènes à l'initiative du Parti communiste de Grèce (KKE) et des Jeunesses communistes (KNE) a débuté par un rassemblement devant le Musée de la Guerre, suivi d'une marche passant devant l'ambassade des Etats-Unis en Grèce - où des manifestants grecs et étrangers ont frappé avec leurs chaussures des effigies de Bush et Obama et ont brûlé un drapeau américain -, pour aboutir devant l'ambassade d'Israël - où les manifestants ont scandé des slogans et brûlé deux drapeaux israéliens.
Au début de la manifestation, le chargé d'affaires de l'Autorité palestinienne en Grèce, Abou Ghazaleh, et le membre du CC du KKE, Dimitris Koutsoubas, avaient exigé la création d'un Etat palestinien indépendant sur les territoires de 1967 ayant pour capitale Jérusalem-Est.
Une manifestation analogue a eu lieu le même jour à Thessalonique à l'initiative notamment du Front ouvrier militant (PAME), affilié au KKE, et des Jeunesses communistes (KNE).
Lors d'une deuxième manifestation organisée à l'initiative du Forum social grec et d'organisations pro-palestiniennes et anti-guerre, des incidents ont eu lieu après la fin de la protestation, au retour des manifestants vers le centre à partir de l'ambassade d'Israël lorsqu'un groupe d'individus s'est détaché du défilé, avec des destructions notamment d'agences bancaires.
Plus tôt, les manifestants avaient scandé "Liberté à la Palestine" et "Victoire à l'Intifada" et brûlé un drapeau américain et un israélien devant l'ambassade des Etats-Unis, puis brûlé des drapeaux israéliens et des symboles israéliens devant l'ambassade d'Israël.
La veille, deux manifestations avaient été organisées respectivement à Athènes et Thessalonique, essentiellement à l'appel de la Coalition de la Gauche radicale (SYRIZA). Des incidents ont eu lieu devant l'ambassade d'Israël entre manifestants et forces spéciales anti-émeutes.
i-GR/ANA-MPA



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PALESTINE
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