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La FYROM sombre dans la manie épistolaire

[infogrece] • Publié le 29 juillet 2008 à 14:20:00 UTC note 5/5
gruevski fyrom

L'irrédentisme de Skopje est de plus en plus ouvertement affiché (Archives - M. Gruevski en février dernier)

Le gouvernement de la FYROM revient à la charge cette semaine sur la question de la "minorité macédonique" en Macédoine (grecque) avec une lettre du ministre des Affaires étrangères Antonio Milososki adressée au commissaire chargé du multilinguisme, Leonard Orban, par laquelle il lui demande de soutenir "les revendications des représentants de la +minorité macédonienne+ en Grèce".

M. Milososki affirme entre autres que "la Macédoine, au coeur des Balkans, a un grand nombre de groupes ethniques qui s'organisent librement dans le secteur politique, utilisent leur langue dans les communications officielles, et développent leurs propres valeurs culturelles. Dans le cadre de cette politique, la Macédoine offre sa propre contribution à la garantie des valeurs européennes" et M. Milonski de demander l'intervention du commissaire européen "pour la protection et la promotion de la langue macédonienne en tant que langue minoritaire (en Grèce)".

Une lettre similaire aurait été envoyée en parallèle au Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, selon les informations de la presse athénienne.

Les précédents courriers du premier ministre de l'ancienne république yougoslave de Macédoine (reconnue par les instances internationales sous son acronyme anglais FYROM), Nikola Gruevski, adressés à la mi-juillet au premier ministre grec Costas Caramanlis et au président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso n'avaient pas rencontré un grand succès, le premier envoyant une fin de non recevoir et niant l'existence d'une telle minorité, le second se déclarant incompétent sur la question et profitant de sa réponse pour rappeler au dirigeants de la FYROM les règles de bon voisinage comme condition nécessaire pour l'adhésion d'un pays candidat à l'UE.

La FYROM s'oppose déjà à la Grèce sur la question de l'appellation internationale définitive de la jeune république qui, composée de 35% d'Albanais et le reste de Serbes, Bulgares et de Slaves non identifiés, voudrait s'appeler République de Macédoine, ce qui est impensable pour la Grèce d'autant que l'appellation s'accompagne non seulement de références persistantes à la culture et l'héritage d'Alexandre le Grand mais aussi d'un irrédentisme portant sur toutes les Macédoines géographiques (Vardar, Bulgare et Grecque) qu'à Skopje on rêve un jour voir réunies de sous sa bannière.

A Athènes, le porte-parole par intérim du gouvernement grec, Evanghelos Antonaros, a déclaré lundi que le gouvernement n'avait rien d'autre à ajouter après la réponse récemment du premier ministre à la lettre de son homologue, Nikola Gruevski.

"La Grèce", a-t-il dit, "via le premier ministre, a pris position de la manière la plus claire. Je n'ai rien à ajouter à des efforts sans avenir que fait l'autre partie pour faire dérailler la procédure (pour la recherche du nom de la FYROM)".

Rappelant la procédure engagée sous les auspices de l'ONU pour la recherche d'un règlement du nom de la FYROM, qui soit mutuellement accepté par Athènes et Skopje, M. Antonaros a insisté que la "Grèce y participe de manière positive, constructive et avec efficacité, et qu'il ne reste qu'à l'autre partie qu'elle puisse et veuille faire la même chose".

Dans un communiqué de presse diffusé dimanche le PASOK (socialiste, opposition), reprenant des déclarations du député, Andreas Loverdos, sur cette nouvelle lettre de la FYROM, il est souligné que pour la première fois, l'envoi de lettres des autorités de Skopje à des organismes internationaux - chose fréquente - "est associé à des actions - à l'intérieur et à l'extérieur de ce pays - qui révèlent l'existence d'un nouveau nationalisme balkanique en plein essor".

La construction européenne se base sur la lutte contre les multiples formes de nationalisme, a rappelé M. Loverdos, estimant que la lettre-réponse du président de la Commission, José Manuel Barroso, au premier ministre de la FYROM, Nikola Gruevski "aurait dû dénoncer ce nationalisme […] C'est l'occasion toutefois que ces précisions soient faites de la part de la Commission européenne, quelle que soit la modalité choisie, après la lettre inadmissible du ministre des Affaires étrangères de la FYROM", conclue le communiqué du PASOK.

i-GR/ANA-MPA

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