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Temps maussade pour l'économie grecque

[infogrece] • Publié le 19 août 2010 à 14:36:14 UTC note 2,85/5
tourisme plage

Les recettes du tourisme, la locomotive de l'économie, ont fondu de 12% au 1er semestre 2010.

Guichets des banques désespérément fermés aux petites entreprises ; commerces, désertés par les consommateurs, en manque de liquidités ; chute des recettes du tourisme ; et, nouvelle flambée du chômage, forment le tableau noir à quelques jours de la rentrée sociale et politique en Grèce.

Le gouvernement s'obstine à croire en la justesse de sa politique et à faire diversion avec des annonces de sanctions sévères pour les patrons en retard de paiement des cotisations sociales ou en montant en épingle quelques médecins et avocats en mal avec le fisc.

Mercredi encore le ministre de l'Emploi et la nouvelle direction de l'IKA (caisse de sécurité sociale), en panne de recettes pour augmenter leurs… recettes, annonçaient que les patrons mauvais payeurs subiront des sanctions sévères, allant même jusqu'à la fermeture des entreprises voire le gel de leurs dépôts bancaires, s'ils ne règlent pas leur situation d'ici le 15 octobre.

L'IKA, qui estime les retards des versements des cotisations aux caisses à 12 milliards d'euros, espère faire rentrer d'ici le 15 octobre quelques 400 millions d'euros. Notons que si 240.000 sociétés doivent 4,5 milliards d'euros, l'Etat, pour sa part, en doit 8,5 milliards d'euros.

Le secrétaire d'Etat à la Culture et au Tourisme, Georges Nikitiadis, qui participait mardi à une réunion élargie de tous les professionnels concernés par le tourisme en Chalcidique, Nord de la Grèce, a chiffré à 1,2% de moins de touristes en Grèce pour les 7 premiers mois de l'année et à une chute de 7% des recettes, mais selon les chiffres communiqués par la Banque de Grèce, la baisse des recettes au 1er semestre 2010 s'élève à 11,9% et à 16% pour le seul mois de juin (1,178 milliards d'euro contre 1,298 milliards d'euro au même mois l'années dernière), tandis que sur les deux dernières années la baisse s'affiche avec un total de 24%.

Une dégringolade qui s'annonçait dès le mois d'avril avec les visites des musées en baisse de 19,4% par rapport au même mois de 2009, alors que parallèlement les recettes fondaient de 31,9%. Le nouveau musée de l'Acropole est un des rares à échapper à cette désaffection des touristes en présentant une augmentation de 9,4% de ses visiteurs et de 23,5 de ses recettes en avril 2010 en comparaison à avril 2009. Toutefois, l'ensemble musées et sites archéologiques présente un solde négatif sur la période janvier-avril avec un recul de -8,8% des recettes qui s'établissent à 4,9 millions d'euros.

De son côté, le ministre des Finances Georges Papaconstantinou, se réjouissait des résultats des contrôles des déclarations fiscales de personnes physiques rémunérées par des sociétés privées.

Selon le rapport qui lui a été remis, un grand nombre de contribuables de cette catégorie n'a pas déclaré ses revenus au cours de l'année fiscale 2009 voire les a diminué, à l'image de ce contribuable ayant touché en 2009 de sa société 107.079,82 euros mai n'aurait déclaré aux impôts qu'un revenu de 10.779,82 euros.

Mais à côté de ces cas singuliers qui permettent de divertir l'opinion publique, il y a une autre réalité proche de celle dépeinte par la Chambre du Commerce et de l'Industrie d'Athènes qui après enquête auprès de 523 entreprises membres, publie que 9 entreprises sur 10 (!) déclarent avoir des problèmes de liquidités, 51% des entreprises interrogées s'estimant être au "rouge". 89% déclarent avoir des difficultés pour obtenir des prêts par les banques, seuls 2% ne rencontrent aucune difficulté de financement.

Selon la même étude, 93% des entreprises interrogées affiche une baisse du chiffre d'affaires, dont 51% une baisse "très importante". Une série de problèmes auxquels s'ajoutent les difficultés d'encaissement des dettes de leurs clients.

Les résultats de l'enquête de la CCI d'Athènes vont dans le même sens que les chiffres officiels publiées ces derniers jours par le Service Statistique national, la Banque de Grèce ou l'Office de l'Emploi (OAED).

Ainsi 166,3 millions d'euros n'ont pu être encaissés en juillet parce qu'ils provenaient de 18.599 chèques sans provision. La valeur des chèques sans provision, pour le 1er semestre de l'année, approchant le milliard d'euros (963,7 millions).

Sur le marché de l'emploi, le nombre des inscrits à l'Office national de l'Emploi (OAED) a augmenté de 0,52% en juillet par rapport au même mois l'an dernier, à 569.742 personnes, soit près de 10.000 nouveaux inscrits, et une augmentation de 4,09% des chômeurs indemnisés. Les embauches se sont rétractées 20,91% au mois de juillet, même si licenciements et fins de contrats non renouvelés se sont également réduits de 26,06% par rapport au mois précédent, laissant un solde légèrement positif d'emplois disponibles, en une période où la locomotive économique de la Grèce, le tourisme, tourne en plein régime.

Mais cette année, c'est un régime plutôt au ralenti avec des recettes du tourisme pour le premier semestre de l'année en recul de 11,9%. Ce qui n'aide pas au redressement du déficit de la balance des échanges courants s'est creusé de 0,2% sur la même période par rapport à l'an dernier, se chiffrant fin juin à 14,05 milliards d'euros.

Pour l'opposition, la faute revient à la politique suivie par le gouvernement socialiste de Georges Papandréou.

La Nouvelle Démocratie a appelé le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour une relance du marché, son porte-parole, Panos Panagiotopoulos expliquant mardi que "la chute des devises du tourisme, des investissements étrangers et du chiffre d'affaire des indépendants est le signe que la récession s'approfondit et sera de longue durée".

Se référant aux retards dans les rentrées des recettes dans les caisses de l'Etat, et des efforts actuels du gouvernement de récupérer des impôts non payés, M. Panagiotopoulos estime que cette "chasse" aux mauvais payeurs est vouée à l'échec.

La ND accuse par ailleurs le gouvernement d'être responsable de la hausse des prix du pain, de la farine, suite à l'annonce de la suspension des exportations de blé de Russie, M. Panagiotopoulos déclarant : "La Grèce ne peut avoir la farine la plus chère d'Europe et le gouvernement du PASOK faire comme s'il ne comprenait rien. Il s'agit tout de suite de protéger les consommateurs, qui voient leurs revenus fondrent jour après jour et les prix monter en escalade".

i-GR/ANA-MPA

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