La Grèce à bout de nerfs sans premier ministre

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Une semaine moins un jour après la déconfiture du gouvernement grec, le premier ministre Georges Papandréou a remis aujourd'hui officiellement sa démission au Président de la République Carolos Papoulias, mais il n'y a toujours pas de successeur ; les leaders des deux grandes formations politiques grecques, le socialiste Pasok et le centriste Nea Dimokratia, qui doivent composer un gouvernement de transition n'ont toujours pas abouti leurs négociations.

Le Président de la République avait prévu de convoquer le Conseil des chefs des partis politiques mercredi soir où il devait annoncer le résultat des tractations entre M. Papandréou, premier ministre sortant et président du Pasok, et M. Samaras, président de Nea Dimokratia, mais, une nouvelle fois, la réunion a été reportée à jeudi matin.

M. Papoulias a rencontré néanmoins M. Papandréou lequel lui a remis officiellement sa démission. "C'est un soulagement", a dit M. Papoulias, "puisque cela fait plusieurs jours que nous attendons la formation d'un gouvernement. C'est un gouvernement qui aura une grosse charge. Nous devons tous l'aider à réussir son œuvre", ce qui laisse présager que le gouvernement de transition qui doit signer la convention de la Grèce pour le nouveau prêt européen et conduire ensuite le pays aux élections anticipées est prêt mais que le nom de son futur chef n'est toujours pas fixé.

Alors que tout laissait entendre qu'il y avait accord sur la personne de Loukas Papadimos, ancien gouverneur de la Banque de Grèce et ancien vice-président de la Banque centrale européenne, d'autres noms sont venus brouiller les pistes.

La rumeur à Athènes voudrait que l'actuel ministre des Finances M. Venizélos, ait opposé son veto. M. Venizélos devrait rester à son poste dans le nouveau gouvernement afin de terminer les négociations en cours avec l'Union européenne et les bailleurs internationaux de la Grèce, et on comprend qu'il se trouverait limité dans son autonomie avec un banquier à la tête du gouvernement.

D'autres voyaient l'échec de l'hypothèse Papadimos dans les conditions que celui-ci aurait posé, notamment durée rallongée de son mandat et autonomie des décisions sans passer par le parlement.

Parmi les hypothèses qui ont "couru" ces dernières 24 heures, celle concernant l'actuel médiateur européen, Nikoforos Diamantouros, ainsi que celle du représentent de la Grèce au Fonds monétaire international (FMI), Panagiotis Roumeliotis, qui se trouvait à Athènes ces jours-ci en mission du FMI.

Mais le revirement le plus spectaculaire, c'est l'apparition de la candidature de l'actuel président du parlement grec, Philippos Petsalnikos. Si ce dernier présente l'avantage d'être une solution "institutionnelle", selon les mots de M. Papandréou dans son allocution annonçant sa démission, le fait qu'il est tenu comme le principal inspirateur de l'idée d'un référendum sur l'aide européenne, qui, nous rappelons, a déclenché la chute du gouvernement Papandréou, a mis aux émois, les rangs aussi bien de Nea Dimokratia à droite que ceux du Pasok à gauche.

La balle semble désormais dans le camp du Pasok, M. Samaras qui était reçu par M. Papoulias à la suite de M. Papandréou, a déclaré non sans une certaine lassitude, "je n'ai aucun problème ni avec Papadimas, ni avec Petsalnikos, j'irai demain [à la réunion du Conseil des chefs des partis, ndlr] et je reste ouvert à tout ce qu'ils [le Pasok] me proposeront", rappelant que l'initiative pour la désignation du premier ministre revient à la majorité parlementaire, soit au Pasok.

i-GR

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