Les Grecs suspendus à la démission de Georges Papandréou

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D'intenses tractations pour la formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale entre les deux grandes formations politiques grecques restent dans l'impasse ce dimanche après-midi, alors que les pressions internationales pour que la Grèce dispose d'un nouveau gouvernement lundi matin deviennent asphyxiantes. [mise à jour en continu]

Vendredi soir, le premier ministre Georges Papandréou a réussi à obtenir la confiance de 153 députés du parti socialiste pour… quitter le pouvoir et former un nouveau gouvernement de coopération. Depuis des nombreux scénarii ont circulé dans le microcosme politique à Athènes avec pour constante la volonté de M. Papandréou de dicter les termes de la politique qui devrait être suivie par son successeur.

C'est ainsi qu'une des hypothèses de travail qui a dominé samedi a été la formation d'un gouvernement sous la conduite de l'actuel ministre des Finances et principal rival de M. Papandréou au sin de son parti, Evangelos Venizélos. Toutefois, les petites formations de droite et de gauche non communiste, qui pourraient participer dans un tel gouvernement afin d'avoir un semblant de large consensus, ont refusé de participer à un gouvernement d'union nationale sans la participation de Nea Dimokratia, le principal parti de l'opposition. L'échec de ce scénario faisait apparaître l'hypothétique nouveau gouvernement comme un gouvernement de consensus interne au parti socialiste entre les deux rivaux Papandréou et Venizélos, loin des attentes des partenaires européens et internationaux de la Grèce et surtout loin des attentes de la population qui reste suspendue aux avancées des pourparlers entre les deux grandes formations Pasok (parti socialiste) et Nea Dimokratia (centre-droite) pour un consensus conforme à l'intérêt national.

Or, le président de Nea Dimokratia, qui depuis le début de la crise n'a cessé de dénoncer les dégâts sur l'économie nationale provoqués par les accords sur la dette conclus par le gouvernement de M. Papandréou, s'est montré inflexible, demandant la démission du premier ministre et la tenue immédiate d'élections législatives anticipées. Au fur et à mesure que les heures passaient et que les pressions internationales s'intensifiaient, M. Samaras a donné son consentement au deuxième plan d'aide de l'Union européenne ainsi que aux objectifs économiques que la Grèce devra atteindre, notamment relatifs au déficit public et les reformes structurelles qu'elle doit mener. Mais M. Samaras insistait que les mesures à prendre pour réaliser ces objectifs devrait être fixée par le gouvernement qui sortirait des urnes et non par un gouvernement de transition. Or, la politique à mener pour attendre les objectifs fixés par les les bailleurs internationaux sont diamétralement opposées entres les deux grandes formations politiques : pour le Pasok des novuelels taxes et impôts doivent être instaurés ; pour Nea Dimokratia au contraire un allégement des charges est indispensable pour permettre la relance d'une économie en pleine detresse.

De son côté, M. Papandréou bien qu'annonçant qu'il ne tenait pas à conduire le nouveau gouvernement lui-même, tenait à être l'artisan de sa formation, tandis que son rival M. Venizélos a dressé une liste des tâches pour le nouveau gouvernement, fixant ainsi de feuille de route. Dans ces conditions, il est devenu extrêmement difficile de trouver une personnalité, autre que M. Papandréou lui-même ou M. Venizélos, qui accepterait de conduire un gouvernent avec aucune marge de manœuvre, autre que celle de faire le sale boulot et à prendre les mesures les plus impopulaires qu'un gouvernement n'est jamais eu à prendre.

Le conseil des ministres qui s'est tenu dimanche après-midi s'est terminé vers 18h locales sans que M. Papandréou annonce sa démission, bien au contraire, confirmant sa volonté d'imposer une feuille de route très précise au nouveau gouvernement.

Les voies de communication entre les deux grands partis semblaient rompues dimanche en fin d'après-midi et les regards se tournaient désormais vers le président de la République M. Papoulias qui pourrait convoquer M. Papandréou et Samaras pour une ultime tentative de parvenir à un accord.

Après la fin du Conseil des ministres, au siège de Nea Dimokratia, on rappelait que M. Samaras reste disponible pour une discussion avec le Président de la République mais qu'en aucun cas son interlocuteur n'était M. Papandréou.

i-GR

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