Un auteur philhellène s'immisce dans le mystère des Goncourt !

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Les lecteurs d'iNFO-GRECE reconnaîtront aisément l'île-volcan de l'est égéen, où se déroule le nouveau roman d'Olivier Delorme, d'autant qu'un entretien avec l'auteur publié en 2002 à l'occasion de la sortie de son premier roman Le Plongeon, donne les clés de décryptage ; mais c'est surtout dans les arcanes des prix littéraires, Goncourt en tête - évoqué dès le titre Comment je n'ai pas eu le Goncourt -, qu'Olivier Delorme nous invite aujourd'hui à éprouver le frisson à travers les pages de son nouveau polar.

Passionné par la Grèce ancienne et amoureux de la Grèce d'aujourd'hui, du mode de vie insulaire, il s'est enfin décidé à écrire son premier roman historique, consacré à Thémistocle, quand la grande nouvelle lui est arrivée: il doit partir pour faire la tournée des salons du livre qui précèdent les prix. Non, il ne s'agit pas d'Olivier Delorme, même si ça y ressemble, mais du héros du Comment je n'ai pas eu le Goncourt

Deux surprises attendent notre héros : à Athènes, en lisant le journal, il apprend que l'un de ses concurrents vient de mourir, et pas naturellement ; à Paris, un lecteur persuadé que le roman goncourable raconte sa vie lui confie qu'il a les moyens de lui faire avoir le prix tant convoité. Deux meurtres... et demi plus tard, l'auteur est de retour dans son île.

Entre-temps Olivier Delorme nous embarque dans un suspense qui révèle avec un humour décapant les dessous du petit monde littéraire, de ses travers et de ses connivences. Quant à la fin, elle rappelle irrésistiblement celle que Mélina Mercouri donne, dans Jamais le dimanche, à toutes les tragédies grecques...

Olivier Delorme a vécu entre 1997 et 1999 à Nisyros, où il continue aujourd'hui à passer quatre mois de l'année, et où il a écrit, l'hiver dernier, ce Comment je n'ai pas eu le Goncourt. Le premier chapitre voit le narrateur quitter son île : il vient d'être sélectionné dans la liste des goncourables, et il n'en revient pas.

Mais Olivier, lui, en est revenu et nous l'avons rencontré pour ses premiers commentaires réservés à iNFO-GRECE. Sauf que, pour maintenir le suspense et être conforme aux stratégies marketing de tout candidat sérieux aux Goncourt, il nous renvoie à un extrait du roman…

"Je ne sais pas vraiment si je crois en l'éternel retour de tonton Nietzsche, écrit-il, mais je sais que, aussi Français de souche profonde que je sois, chaque fois que je pose le pied sur le tarmac de l'aéroport d'Athènes, j'éprouve ce sentiment ineffable de l'exilé rentrant dans sa patrie. Chaque fois que le bateau arrive en vue de K., notre petite île-volcan, j'ai le cœur qui bat comme si nous allions jeter l'ancre à Ithaque après une odyssée de vingt-cinq ans. Chaque fois que je pousse la porte de notre maison de la Chora, l'ancienne capitale de K., aux neuf dixièmes désertée depuis le tremblement de terre de 1923, j'ai l'impression de rentrer dans ma coquille. Et chaque fois que je la quitte, même si c'est pour peu de temps, j'en ressens un véritable arrachement."

Autobiographie, fiction, réflexions philosophiques et commentaires post-publication, désirs et rancunes, se mélangent astucieusement dans un polar où l'on retrouve les thèmes favoris de cet ancien prof d'histoire-géo et archéologue de formation : son amour de la Grèce et une connaissance exceptionnelle de son histoire ancienne et contemporaine, l'humanisme et la défense des minorités sociales et des différences, dans une écriture maniant habilement humour et intrigue et alternant en maître action et digression, pour le plus grand plaisir du lecteur.

i-GR/AE

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