Thessalonique au cœur de la campagne électorale

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La Foire de Thessalonique qui a ouverte ses portes samedi était plus que les autres années au cœur de toutes les attentions des leaders politiques

A l'heure où la Foire Internationale de Thessalonique (FIT) ouvre ses portes, événement majeur de la vie économique du Nord de la Grèce et marquant traditionnellement la rentrée économique et sociale du pays, et à une semaine des élections, les leaders politiques menant campagne regardent leur montre : "c'est l'heure de la responsabilité", pour Caramanlis, tandis que pour son principal concurrent, Georges Papandréou, "c'est l’heure de la vérité ". L'auditoire, composé principalement de chefs d'entreprises et de responsables économiques a applaudi. A part ces injonctions, les indications sur les programmes de gouvernement sont restés sommaires : "nous continuons", pour le premier ; "nous changerons", pour le second.

Le premier ministre, Costas Caramanlis, a inauguré samedi matin la 72ème Foire Internationale de Thessalonique et, profitant de l'occasion, il a soutenu qu'"une nouvelle conception de la responsabilité sociale, un nouveau patriotisme, se sont développés après les incendies dévastateurs dans le Péloponnèse et en Eubée. C'est sur cette base que nous progresserons pour un nouveau modèle d'organisation de l'Etat et de ses relations avec le citoyen", a-t-il dit.

M. Caramanlis n'a toutefois pas détaillé cette nouvelle "conception de la responsabilité sociale" se contentant d'annoncer que la relation Etat-citoyen, sera désormais "une relation de confiance basée sur le respect et la dignité".

Au cours du discours officiel, le premier ministre a situé le grand enjeu des élections du 16 septembre dans la "marche de ces trois années et demi de gouvernement qui […] ne [doit pas] rester inachevée".

M. Caramanlis a tranché que la Grèce ne doit pas revenir en arrière, dans les gaspillages, les déficits et la stagnation, mettant ainsi au défi tous ceux qui disent "non" à toute réforme, alors que le pays a besoin de grands changements que la grande majorité sociale des Grecs "voit, constate et exige" cet élan en avant, un gouvernement qui puisse prendre rapidement des décisions, procéder avec détermination à des ruptures et innovations, tout à l'opposé de l'instabilité et de la paralysie.

Pour atteindre avec sûreté ce grand objectif au services de tous les citoyens, d'un Etat efficace et moderne, M. Caramanlis a appelé à l'unité et à la mobilisation, au rejet de la polarisation et des extrêmes qui conduisent à des impasses, et exhorté les électeurs à unir leurs forces dans la réalisation d'objectifs communs et, avec maturité, de juger, comparer, évaluer et décider.

M. Caramanlis est revenu sur la nouvelle relation citoyen-Etat, une relation, a-t-il dit, de confiance et de crédibilité, citant tout l'effort qui a été déployé pour établir la nouvelle structure administrative en Grèce, mais aussi pour renforcer la décentralisation et l'objectif de créer des autorités locales moins nombreuses, plus fortes et plus crédibles.

A ce point, M. Caramanlis a assuré que l'objectif prioritaire du nouveau budget sera un Etat plus social pour tous ceux qui en ont vraiment besoin, renvoyant à la création du Fonds de cohésion, de l'instauration de la retraite nationale de base à partir de 2009, prenant l'engagement ferme que tous les projets de loi dans ce domaine qui ont été déposés au Parlement seront votés, ne manquant pas d'évoquer aussi dans ce contexte les dispositions et mesures pour les familles à trois enfants qui bénéficieront des avantages des familles nombreuses, la nouvelle grille de salaire des forces armées, l'augmentation des retraites des agriculteurs et de l'allocation de solidarité sociale aux petites retraites.

Abordant le grand chapitre et souvent controversé de la sécurité sociale, M. Caramanlis a assuré que son gouvernement s'attaquera comme il s'y était engagé au règlement de la situation de la sécurité sociale, en garantissant des financements supplémentaires via la limitation des gaspillages, l'unification de caisses et de branches d'activités, la mise en valeur efficace du patrimoine des caisses, la répression de l'évasion fiscale, l'assainissement des branches Santé, l'octroi d'incitations pour le maintien en activité de tous ceux qui le souhaitent volontairement au-delà de la limite d'âge de départ à la retraite.

Parmi les autres priorités toutes aussi importantes de son prochain gouvernement, M. Caramanlis a cité l'"objectif stratégique de la réforme globale du système d'éducation dans les trois degrés de l'enseignement", la protection de l'environnement à commencer par la reconstruction des régions sinistrées par les très grands incendies, la poursuite de l'assainissement budgétaire qui assure le progrès et est la garantie d'un Etat social juste, crédible et efficace, seul garant pour le citoyen d'un avenir meilleur et sûr.

Enfin, M. Caramanlis a fait une mention spéciale au développement régional et aux travaux d'infrastructures, notamment dans les transports et l'énergie, qui font de la Grèce une pièce importante de l'échiquier européen et mondial.

Dimanche, au cours de sa conférence de presse traditionnelle qui suit le lendemain de l'inauguration de la Foire internationale de Thessalonique M. Caramanlis, s'est dit certain que les électeurs renouvelleront leur confiance à la Nouvelle Démocratie pour que ce parti poursuivent les réformes et changements.

Interrogé sur le chapitre de la politique étrangère, M. Caramanlis a indiqué que la partie grecque a fait des pas en avant, montrant ses bonnes dispositions dans le problème du nom de la FYROM, et attend de l'autre partie qu'elle fasse de même, commentant la question sur un veto de la Grèce à l'entrée de Skopje dans l'OTAN et l'UE.

"Si la FYROM ne le fait pas, nous ne pouvons soutenir de fait son optique euro-atlantique", a déclaré le premier ministre, dans sa conférence de presse, ajoutant que "la Grèce ne se passera pas des moyens dont elle dispose, et ceci est le message clair, si vous voulez, que j'adresse à toutes les parties. A partir de là, pour une telle question, nous ne dévoilerons pas d'avance toutes les actions qui doivent et peuvent être entreprises. Je ne doute pas du patriotisme de chacun, mais je ne permets pas que chacun puisse se dire plus sensible que moi sur cette question".

A propos de l'élection de Abdullah Gül à la présidence de la Turquie et de son impact sur les relations bilatérales, M. Caramanlis a relevé que cette question était d'ordre intérieur et qu'il ne la commenterait pas, alors qu'à propos du Kosovo, il a rappelé que toute solution sur le statut final de ce pays devra prendre en compte l'optique européenne de l'ensemble de la région, réfutant enfin que la coopération énergétique avec la Russie puisse avoir une influence déstabilisatrice dans les relations greco-américaines.

Enfin, quittant Thessalonique, M. Caramanlis s'est rendu dimanche soir à Larissa où il a souligné que "c'est l'heure de la responsabilité, le pays a besoin d'un gouvernement stable, c'est l'heure des choix positifs et non du refus, parce que le refus conduit à la stagnation", a-t-il affirmé.

Papandreou: L’heure des promesses

"L’heure de la vérité et du nouveau changement sont arrivés. A partir du 17 septembre, le nouveau gouvernement du PASOK commence à travailler", a affirmé le président du PASOK, Georges Papandréou, plus convaincu que jamais de sa réélection, s’adressant dimanche soir aux classes productives du pays au Centre des congrès I. Vellidis dans le cadre de la 72e Foire internationale de Thessalonique (FIT).

Accusant le gouvernement de la ND de "laisser derrière lui une économie déstructurée, un développement reposant sur les pieds en argile du surendettement des sociétés et des ménages et la cherté de la vie mener une course effréné, M. Papandreou a parlé de l’urgence absolue d’une restructuration nationale du pays, "une véritable renaissance nationale et un plan de reconstruction du Péloponnése", ne manquant pas de se référer ainsi à ce point aux besoins spéciaux des régions sinistrées par les incendies.

"C’est l’heure d’un nouveau patriotisme qui porte é nouveau aux devants de la scène et au quotidien les valeurs collectives de l’humanisme, de la solidarité", a-t-il dit.

M. Papandreou a insisté que la Grèce a besoin d’un "gouvernement de travail et de contribution" qui procédera aux grands changements et aux réformes radicales. "Nous voulons garantir pour l’avenir de notre pays une place compétitive en permanence à notre économie, la sécurité de l’emploi, des revenus décents, des investissements étrangers substantiels et non d’occasion, mais aussi la qualité de la vie pour tous", a-t-il ajouté.

M. Papandreou a fait part de la volonté de son [hypothétique, ndlr] gouvernement d’aider les agriculteurs à s’adapter aux nouvelles priorités de la PAC avec en particulier l’essor de l’agriculture écologique, le renforcement du secteur de l’éducation en portant les dépenses à 5% du PIB en ajoutant 1 milliard d’euros dès le budget 2008, ainsi que l’amélioration de l’environnement de l’entreprenariat et le soutien aux sociétés exportatrices grecques grâce à la diplomatie grecque et à la coopération étroite entre secteurs public et privé à l’étranger.

M. Papandreou s’est engagé en outre d’instaurer un système fiscal "simple, efficace, transparent, stable, objectif et prévisible", lequel permettra entre autres de s’attaquer au fléau de l’évasion fiscale, l’objectif central étant de "renverser les injustices sociales par une redistribution des richesses produites en faveur du plus grand nombre".

Enfin, M. Papandreou a évoqué le volet purement social que souhaite promouvoir son futur gouvernement, le renforcement de l’emploi à temps plein, le renflouement du Système national de Santé (ESY) à concurrence de 1% supplémentaire du PIB, ainsi que le doublement des bénéficiaires de l’allocation de solidarité sociale (EKAS).

Enfin, M. Papandréou s’est engagé à avoir un gouvernement avec moins de ministères et des compétences bien claires, annonçant la création d’un ministère autonome de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire et la fusion des ministères de l’Ordre public et de l’Intérieur.

Dans sa conférence de presse dimanche en marge de la FIT, le président du PASOK, a une nouvelle fois déclaré être confiant que son parti sortirait vainqueur des urnes dimanche prochain avec une majorité lui permettant de former un gouvernement.

Nous plaçons la barre très haut, a-t-il dit avec optimisme, s'engageant à répartir plus justement les richesses nationales et annonçant qu'au premier jour pratiquement de son mandat, il demanderait au président de la République de convoquer les chefs de partis pour un accord sur un plan national de restructuration du pays, alors qu'en même temps il proposerait aux partis de "l'autre gauche" de rassembler un front de progrès pour "la renaissance du pays", faisant observer qu'il existe des points communs de programme PASOK et Coalition.

Mme Papariga à la recherche des raison de voter KKE

Le SG du CC du KKE, Aleka Papariga, s'est adressé dimanche soir à un meeting électoral à Thessalonique, expliquant pourquoi voter KKE le 16 septembre et réduire les voix des deux grands partis, ND et PASOK, dont la politique sociale, économique, les libertés syndicales et démocratiques, la politique étrangère, a-t-elle souligné, sont similaires.

Mme Papariga a appelé les électeurs à ne pas céder aux dilemmes et chantages des deux partis, l'un parlant du risque d'un gouvernement non majoritaire, l'autre d'une tragédie droitière, mais d'apporter plus de voix au KKE en diminuant celles des deux grands partis.

Notre différence, a-t-elle expliqué, ce n'est pas une question de dimension, elle est fondamentale, puisque la voie vers le développement que préconisent les deux partis est celle des intérêts des groupes d'entreprises, du capital européen en général. Nous estimons que ces deux partis ne changeront pas, la ND comme parti traditionnel de la classe bourgeoise, le PASOK, après avoir obtenu le "gouvernail" du pouvoir, ayant finalement tourné le dos aux changements qu'il avait lui-même proclamés.

Alavanos : l'opportunité de l'environnement

Le président de Synaspismos/SYRIZA, Alecos Alavanos, a demandé aux citoyens de voter en faveur de l'environnement, un dossier que son parti a placé en priorité en évoquant la question des changements climatiques à l'heure où la ND et le PASOK s'occupaient d'obligations structurées, de "comparses", de corruption et de recensement budgétaire.

Dans la conférence de presse donnée samedi à la 72e Foire internationale de Thessalonique (FIT), M. Alavanos a présenté un programme en dix points pour le développement durable du pays, soit le désengagement de la dépendance des carburants miniers; les économies d'énergie; l'harmonisation de la Grèce en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre; le développement des sources renouvelables d'énergie; la protection des bois et forêts; une nouvelle législation de l'urbanisme; la gestion coordonnée des eaux; le soutien des méthodes de culture consommant moins d'énergie; des mesures contre l'usage abusif des voitures particulières; la gestion coordonnée des déchets et ordures ménagères, ainsi que la fermeture de toutes les décharges sauvages.

LAOS : l'exigence de majorité absolue de Caramanlis est liée à l'affaire des pots de vin dans l'affaire des obligations structurées

Le président du Rassemblement populaire orthodoxe (LAOS), Georges Karadzaferis, a estimé que la ND sera à nouveau au gouvernement, dans un discours prononcé samedi à Hérakleion (Crète), à l'occasion de la présentation de sa liste électorale pour la circonscription.

M. Karadzaferis a accusé le premier ministre de couvrir ses ministres dans le scandale des obligations, soutenant que le dilemme politique posé par M. Caramanlis "soit la majorité absolue, soit de nouvelles élections" a un rapport avec l'affaire des obligations structurées achetées par des caisses de sécurité sociale.

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