Caramanlis-Blair : d'accord sur la perspective européenne de la Turquie

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La marche européenne de la Turquie, les dossiers concernant l'Europe du Sud-Est et les relations bilatérales ont dominé les entretiens des premiers ministres grec et britannique, Costas Caramanlis et Tony Blair, mardi à Londres. Au chapitre de la Turquie, M. Caramanlis a réitéré le soutien de la Grèce à l'orientation européenne d'Ankara, à la condition expresse, toutefois, que le pays voisin fasse siens les valeurs et principes européens, qu'il honore ses obligations en staisfaisant intégralement l'ensemble des critères et préalables posés par l'UE.


Interrogé sur la réaction que devra avoir l'UE face à la Turquie au vu des déclarations le jour même du ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul, qui soutenait qu'Ankara n'accepte pas la date-buttoir du 6 décembre pour l'extension du Protocole d'Union douanière à Chypre, impliquant l'ouverture des ports et aéroports turcs aux navires et avions chypriotes, M. Blair s'est contenté d'estimer qu'il "ne serait pas logique de ma part de dire ce qui se passera au Conseil européen", pour ajouter toutefois que des concertations auront lieu les semaines à venir pour "aller de l'avant" et que "la Grande-Bretagne et la Grèce partagent la vision stratégique de l'adhésion européenne de la Turquie", un facteur, a-t-il insisté, qui est "important à la fois pour l'UE et la stabilité de l'ensemble de la région".

Si M. Blair a voulu être très clair sur le fait que les conditions et préalables de l'UE devront être appliqués, il n'a pas moins considéré que le refus de la Turquie de s'y conformer n'est qu'un problème en suspens plus que d'un état de faits constaté appelant des mesures de rétorsion comme semblent le vouloir les autres chefs d'Etat européens. Il a ainsi plaidé pour la recherche d'une solution et la création d'un climat permettant à la Turquie de trouver son compte. "Nous devons créer une atmosphère différente et un climat différent dans ces négociations et régler les questions controversées, de sorte à ce que la Turquie progresse et que les conditions de l'UE soient appliquées", a-t-il dit.

De même, M. Caramanlis a bien noté que la partie grecque soutient l'orientation européenne de la Turquie et a rappelé que la Turquie a à son tour des obligations à remplir, mais il s'est refusé à donner un pronostic sur la position du Conseil européen de décembre prochain. "La réaction exacte de l'UE", a-t-il noté, "est une question de coopération et d'appréciation mutuelle avec tous les partenaires européens".

MM. Caramanlis et Blair ont constaté par ailleurs avec satisfaction un approfondissement de la coopération économique bilatérale, avec en priorité de la marine et du tourisme.

Concernant la situation dans l'Europe du Sud-Est, M. Caramanlis a réitéré le soutien de la Grèce à l'optique européenne des pays de la région, toujours à condition de remplir les conditions et préalables de l'UE, explicitant que "pour la Grèce, la stabilité, la sécurité, la prospérité et les relations de bon voisinage dans cette région, qui est notre voisinage immédiat, constituent un objectif stratégique".

L'entretien Caramanlis-Blair qui a eu lieu en présence côté grec du ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, et du ministre d'Etat et porte-parole du gouvernement, Theodoros Roussopoulos, a donné également lieu à un tour d'horizon des dossiers relatifs à la construction européenne.

i-GR/ANA-MPA

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